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Société | Créteil | 25/04/2016
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A Créteil, la Nuit debout se cherche dans les quartiers

A Créteil, la Nuit debout se cherche dans les quartiers
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Ce vendredi 22 avril, c’est sur la place de la Habette, devant le petit centre commercial du même nom, que la Nuit debout de Créteil a posé son micro, pour sa deuxième édition.  

Après une première AG sur le parvis de l’université de Créteil le vendredi 15 avril, il a en effet été décidé d’ancrer cette déclinaison « banlieue debout » du mouvement né place de la République,  en proposant un rendez chaque vendredi à 19 heures, dans un quartier différent. Changement de décor, changement de public. Si le Collectif des travailleurs sans papiers de Vitry était toujours bien présent avec ses tambours, moins d’élus et moins d’étudiants étaient au rendez-vous. Les habitants, eux, ont observé depuis leurs fenêtres, certains s’approchant timidement tandis que quelques jeunes sont restés jusqu’au bout, partagés entre l’envie de railler cette scène dont ils ne comprenaient pas tous les codes, n’étant pas au courant du mouvement Nuit debout, tentation de partager pleinement ce moment. Le principe de ce happening, lui, est bien rodé. Un micro et un ampli installés, chaque personne qui le souhaite s’exprime quelques minutes pour défendre ses propositions, ses revendications.

« Il faut que l’on constitue des groupes de travail sur différentes thématiques, et que l’on commence dès cette semaine la mobilisation sur le terrain« , lance David Cousy, à l’initiative. Après quelques dizaines de minutes de prises de paroles sur divers sujets comme l’éducation ou les contrats de professionnalisation, le jeune homme, habitant de Créteil, veut rappeler l’enjeu de cette seconde AG: la structuration du mouvement. « Nous souhaitons aller sur le terrain dès cette semaine, pour faire du porte-à-porte, distribuer des tracts, coller des affiches« , abonde Jean-Louis, un militant du Mouvement pour la sixième République. « Les gens ont des choses à dire, mais il faut aller les chercher, les inviter à nous rejoindre, sinon, on restera à débattre entre initiés« , poursuit-il, avant de distribuer une feuille destinée à recueillir les adresses e-mails des personnes intéressées.

« C‘est la première fois que je viens, par curiosité, parce que je suis Cristolienne et que je n’avais pas eu le temps de passer à la République« , témoigne Gladys, infirmière, venue avec deux amies. « La formule marche de plus en plus partout en France, ça prendra ici aussi! » espère la jeune femme, la trentaine, qui estime cependant « qu’il faudra bien désigner un ou plusieurs représentants – pour ne pas dire des leaders – si on veut donner une consistance politique à ces rassemblements. » Un avis que ne partage pas l’un des militants qui a pris la parole. « Les Nuit Debout, c’est une opportunité pour le citoyen de se réapproprier l’espace et la parole public : il y a une caste au pouvoir, dont on ne veut plus. On doit pouvoir créer un monde dans lequel le citoyen retrouve toute sa place! » lance-t-il, provoquant les applaudissements.

Après un moment d’observation, l’un des jeunes qui étaient restés un peu à l’écart du cercle, accepte le micro et se met à rapper. « Il a choisi de s’exprimer en chanson mais si l’on écoutait les paroles, il disait beaucoup de choses« , insiste Salika Amara, militante associative locale également à l’initiative du rassemblement. « Au début, les jeunes qui étaient à côté ont cru qu’on était un groupe politique, il a fallu qu’on leur explique ce qu’est le mouvement Nuit debout. Les quelques passantes que j’ai croisées et à qui j’ai distribué des tracts ne connaissaient pas non plus le principe. Mais l’une d’elles est revenue après avoir déposé ses courses. Quelques personnes du quartier ont pris la parole, même si ce n’est pas facile lorsque l’on a pas l’habitude de s’exprimer en public.« 

« Qu’est-ce que le vivre-ensemble ? Qu’un quartier de riches soit collé à un quartier de pauvres ? »

« C’est normal que les banlieues finissent par se mettre debout. Cela fait au moins trente ans que tout le monde promet et que rien ne change, analyse David Cousy. Evidemment, on aborde des sujets particuliers à Créteil, concernant le quotidien dans la ville par exemple, mais il faut que l’on trouve le moyen de les inscrire dans les revendications et les problématiques nationales et même internationales. On nous parle toujours du vivre-ensemble, surtout ici. Mais qu’est-ce que le vivre-ensemble ? Qu’un quartier de riches soit collé à un quartier de pauvres ? On a tous plein d’idées pour arranger les choses, et on vit tous à côté, mais on ne se connaît pas, on ne se parle pas. Plutôt que d’évoquer le vivre-ensemble, j’aimerais qu’on passe à l’agir-ensemble, qu’on se retrousse les manches, qu’on fasse en sorte de changer les choses concrètement. »

Le rassemblement est aussi l’occasion d’annoncer des mobilisations locales, parfois imaginées spontanément. « On pourrait manifester juste à l’entrée du magasin Carrefour de Créteil-Soleil« , propose un syndicaliste, pour soutenir une salariée en contrat d’insertion professionnelle. « On nous dit qu’on va réduire les inégalités en passant l’école au numérique, mais la première chose pour atteindre cet objectif, ça serait que chaque classe ait un enseignant non ? »  émet pour sa part une institutrice de Vitry-sur-Seine, qui appelle les sympathisants à se joindre à une manifestation prévue par une intersyndicale (SNUDI-FO, SNUIPP, CGT Education, Sud, FCPE), le mercredi 11 mai à 17h devant l’Inspection académique. « Et, surtout, n’hésitez pas à rejoindre le prochain grand rassemblement national, le jeudi 28 avril à 14h à Denfert-Rochereau ! » ajoute un participant.

Prochain rendez-vous devant la médiathèque Mandela

Vendredi 29 avril à 19 heures, c’est place de l’Abbaye, devant la médiathèque Nelson Mandela, que se tiendra la nouvelle Banlieue debout de Créteil. « Organiser une Nuit debout dans les quartiers est moins facile. Il faut préparer avant, aller expliquer aux gens ce que c’est. Mais c’est important que tout le monde puisse s’exprimer, pas seulement les élus et militants habitués à manier le micro », enjoint Salika Amara.

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