En images | Accueil Val de Marne (94) Périgny-sur-Yerres | 22/01/2016
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A Périgny, la Closerie Falbala et autres trésors de Dubuffet

A Périgny, la Closerie Falbala et autres trésors de Dubuffet © Fondation Dubuffet

Se rendre à la fondation Dubuffet, à Périgny-sur-Yerres, c’est prendre un billet pour un monde colossal, orné de figures noires, blanches et rouges. Dubuffet l’avait voulue discrète, elle est spectaculaire… et elle vient de rouvrir ses portes !

« La fondation Dubuffet, ça se mérite ! » Voici les mots d’accueil du guide, depuis bientôt 20 ans, Jean-Marc. Lui et sa fille Sandrine se chargent d’animer les visites, d’entretenir les lieux et de déplacer les créations. Spécialistes de l’artiste, ils dédient leur vie à cette fondation et l’assurent : l’âme de Dubuffet y veille aussi…

Un site secret

Nichée à Périgny, aux confins du Val-de-Marne, la Fondation Dubuffet se cache dans le contrebas d’une allée. Seules les sculptures monumentales indiquent la présence du musée de l’initiateur de l’art brut, Jean Dubuffet. Même le chauffeur du bus qui arpente la région ne connaît pas l’existence de ce lieu. En ce jour d’hiver, embrumé, silencieux, l’atmosphère y est quasi mystique. « Jusqu’à sa mort, en 1985, personne ne venait ici. Il voulait que cette installation soit confidentielle », explique Jean-Marc.

Pourtant la sculpture principale, La Closerie Falbala, n’a rien de discret. Une forteresse noire et blanche en résine et béton s’étend sur 1600 mètres carré et s’élève jusqu’à dix mètres. Jean Dubuffet l’érige entre 1971 et 1973. Il veut en faire son refuge. « Un lieu qui invite à la réflexion et au silence ». La fondation Dubuffet respecte à la lettre les volontés de l’artiste. « Venir, cela doit se mériter et  se prépare. Il y a un système de rendez-vous car peu de gens peuvent venir en même temps« , détaille Jean-Marc à l’entrée de La closerie Falbala. 7000 happy few par an pénètrent donc dans ce sanctuaire très secret. La plupart sont des groupes scolaires.

Au centre de la forteresse, une sorte de grotte fermée, un bunker. C’est là que se situe le « cabinet logologique » où Jean Dubuffet profitait de la solitude. « J’ai construit la Villa Falbala tout exprès pour y abriter le Cabinet logologique, que je désirais conserver à mon propre usage. (…) L’expérience consiste à s’abstraire totalement du monde quotidien pour ne plus nourrir le regard que de ses propres élaborations mentales« , confiait l’artiste.

Pas de fenêtre, 12 tonnes de résines au dessus de nos têtes

Les deux guides font monter le suspens avant d’ouvrir la porte du cabinet. « On va faire comme avec les enfants, fermez vos yeux ». Bruit de porte qui s’ouvre. « Maintenant, ouvrez-les ». Ecarquillement des yeux et décollement de la mâchoire: le spectacle est étourdissant. Tous les murs sont recouverts par des dessins. Des rayures hasardeuses qui se croisent, des arabesques qui rappellent l’écriture automatique. Le tout, aux couleurs du stylo Bic : rouge, noir et bleu. « Il faisait ces dessins lorsqu’il était au téléphone. »

Pas de fenêtre, 12 tonnes de résines au dessus de nos têtes : on imagine que cette atmosphère confinée invitait l’artiste aux réflexions les plus personnelles.

Anticonformiste, anti-musée, une rigueur artistique poussée jusqu’à la maniaquerie, on ne compte plus les ruptures entre le plasticien, au caractère compliqué, et ses collaborateurs. « Il ne vivait que pour son art », confie le guide des lieux.

L’artiste a soigneusement répertorié toutes ses œuvres (on en dénombre 12 000) dans des cahiers. Une organisation très méthodique qui gouverne toujours la gestion de son œuvre. Jean Dubuffet a laissé avant sa mort des directives très précises, comme ne pas développer de produits dérivés!

A voir aussi : les anciens ateliers

Mais la visite ne s’arrête pas là. A côté de la Closerie, les anciens ateliers abritent d’autres fortunes.

Jean Dubuffet décide d’installer ses entrepôts à Périgny, sur d’anciens vergers. Et depuis des dizaines d’années, des personnages étranges vivent en ces lieux: ce sont les sculptures d’un spectacle que Jean Dubuffet a créé, « Coucou Bazar ». La représentation durait 55 minutes et mettait en scène des automates et des comédiens déguisés en tenues aux traits rouges et noirs, la signature Dubuffet. Pour chaque sculpture, un nom : Marie Tremblotte, Nini la Minaude, le Gendarme, le Cambriolus ou le Bébé dandine. En appuyant sur un bouton, toutes ces figures s’activent : « ça monte, ça descend, ça fait du bruit », résume Jean-Marc.

Plus loin, dans les salles, des tableaux simplement accrochés et des maquettes de projets monumentaux disposées.

Comment visiter la Fondation Dubuffet ?

Pour visiter la fondation Dubuffet, il faut prendre rendez-vous avant, par petit groupe. Appeler au 01 45 98 88 16.

Sentier des Vaux, à Périgny http://www.dubuffetfondation.com/

 

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