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Politique locale | Saint-Mandé | 03/11/2016
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A Saint-Mandé, le groupe centriste va attaquer en justice le dispositif citoyens vigilants et solidaires

(Mise à jour du 5/11 avec la position du groupe UDI) Lancé par le maire LR de Saint-Mandé, Patrick Beaudouin,  mi- octobre,  à l’occasion d’une réunion publique, le  dispositif citoyens vigilants et solidaires vise à faire appel à des citoyens bénévoles pour aider les personnes âgées ou fragiles mais aussi contribuer aux missions de sécurité.

Ce dispositif, qui doit être encadré par la police municipale, la police nationale et le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale), n’est pas du goût de tous. L’un des groupes centristes du Conseil municipal, celui mené par Luc Alonso (Modem),  prévoit de déposer un référé contre cette mesure dès la semaine prochaine. Une action qui pourrait éventuellement être menée de concert avec le groupe PS, qui s’est également indigné de cette mesure.

« La police administrative constitue un service public qui, de par sa nature, ne saurait être délégué », insistent les élus centristes Lucile Robinet, Luc Alonso et Gaël Turban. « Or , ce sont bien des missions de police administrative qui leur incomberont », dénoncent les élus dans leur tribune de novembre, citant les missions telles que être attentif à la vie quotidienne de leur quartier « afin de répondre aux préoccupations en matière de sécurité et de solidarité des personnes et des biens ».

« En début d’année, le préfet de l’Hérault a bloqué le dispositif de « la garde biterroise » de Robert Ménard à Béziers qui tentait de déléguer des missions de police aux citoyens, en saisissant le Tribunal Administratif. Il a obtenu gain de cause en référé suspensif en janvier et sur le fond en juillet 2016. Ces jugements largement médiatisés sont récents et ne peuvent avoir été ignorés par le maire de Saint-Mandé. Nous sommes donc très surpris que les services de la Préfecture du Val-de-Marne aient laissé passer un tel dispositif, et pire, qu’ils aient participé à sa présentation. Nous avons donc décidé de saisir le Tribunal Administratif en référé pour que ce dernier puisse exercer son contrôle de légalité. Ce qui n’a pas été admis à Béziers, ne doit pas l’être à Saint-Mandé », motivent les élus d’opposition.

« Pour qu’il y ait un recours juridique, il faut qu’il y ait un acte juridique à attaquer. En l’espèce, la charte des Saint-Mandéens vigilants n’est, pour l’instant, qu’un appel de la majorité municipale aux citoyens désireux de s’impliquer pour la commune. Il ne s’agit que de déclaratif. Cette charte deviendra un acte administratif qu’une fois qu’elle sera votée en Conseil Municipal, en décembre« , réplique-t-on au cabinet du maire.

« Quoi de plus officiel que la réunion publique pour présenter cette charte aux habitants,  et la médiatisation de ce dispositif, avec même un reportage sur France 3? Le maire serait-il en train  de rétro-pédaler car il se rend compte que sa charte est juridiquement mal rédigée? », pointe Luc Alonso, conseiller Modem.

Sur la forme, le maire s’étonne également de la réaction de l’opposition. « Les Saint-Mandéens vigilants et solidaires, ce n’est que la matérialisation du bon sens : jeter un oeil si personne ne visite l’appartement d’un voisin absent, se soucier d’une personne âgée qui ne sort pas de chez elle depuis plusieurs jours, alerter la police si un véhicule suspect est stationné depuis plusieurs jours… En matière de sécurité, après les années difficiles que nous avons tous vécues, j’attendais de l’opposition municipale un peu de responsabilité. En bref, je pensais que, pour une fois, nous allions jouer collectif« , dénonce l’édile, qui fait savoir que la ville « est déterminé à mener ce projet au bout, pour le développement des liens entre la population, la constitution d’un réseau de confiance, l’émergence de la résilience et la volonté collective de rompre l’individualisme pour promouvoir le collectif. »

De son côté, le groupe centriste UDI indique qu’il soutient la démarche de Saint-Mandéens vigilants et solidaires. «La solidarité entre les habitants, l’entraide qu’ils s’apportent, devrait faire consensus au lieu de générer de vaines querelles politiciennes», indique le groupe dans un communiqué.

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