Politique locale | Saint-Mandé | 04/12/2016
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A Saint-Mandé, Luc Alonso quitte le Modem

C’est une petite vexation, qui sans doute aurait été vite oubliée en d’autres circonstances, qui a motivé Luc Alonso, président du groupe d’opposition centriste  à Saint-Mandé et adhérent au Modem depuis sa création, à quitter son parti, tout en se déclarant plus que jamais centriste.

Quelques jours avant le second tour des primaires, un appel d’élus pro-Juppé avait succédé à un appel pro-Fillon, cosigné par une soixantaine d’élus du Val-de-Marne. Luc Alonso, qui soutenait ardemment la candidature du maire de Bordeaux, ne figurait pas sur la liste. Il n’était pas le seul à avoir été oublié, dans cet entre deux tours où les initiatives de campagne s’effectuaient dans l’urgence, mais il reconnaît l’avoir mal pris, déjà en plein questionnement. « Cela a été l’élément déclencheur. Je me suis senti oublié alors q’un parti doit veiller sur les siens », exprime-t-il.

Situation de porte-à-faux au niveau local

Une goutte d’eau dans une coupe déjà pleine en raison de sa situation en porte-à-faux entre son engagement local et le positionnement départemental de son parti. Alors que LR, UDI et Modem ont joué l’union sacrée lors des dernières échéances électorales, tant aux municipales et départementales en Val-de-Marne, qu’aux régionales en Ile-de-France, leur permettant de remporter de nouvelles villes et cantons, et de récupérer la région, cette stratégie gagnante a entraîné quelques contradictions locales.   « A Saint-Mandé, je suis dans l’opposition contre une majorité LR-UDI. C’est compliqué car je ne me retrouve pas dans la ligne départementale. Je préfère ne plus être encarté. Je reste néanmoins centriste et continuerai à m’investir au sein de mon groupe d’opposition au Conseil municipal », indique l’élu.

Doute au niveau national

Au niveau national,  le militant, qui avait rejoint l’UDF de François Bayrou à la suite du 21 avril 2002 (date du premier tour des élections présidentielles lors desquelles Jean-Marie Le Pen s’est qualifié au second tour contre Jacques Chirac tandis que Lionel Jospin était éliminé) avant de le suivre dans l’aventure du Modem, est également en plein doute. « Cela fait un moment que je m’interroge sur l’avenir du Modem, de l’UDI et du centre. La primaire nous a bloqués et le résultat est pour nous catastrophique. François Fillon apparaît moins agressif que Nicolas Sarkozy mais son programme est plus radical. Personnellement, je vais attendre de voir s’il assouplit son projet, et écouter ce que raconte Emmanuel Macron, même si je ne considère pas aujourd’hui En marche comme une alternative crédible. J’aurais souhaité un rapprochement entre l’UDI et le Modem pour créer une UDF relookée, regrette Luc Alonso, tout en assurant apprécier toujours autant les personnalités qui composent le Modem, des militants et responsables locaux au président du mouvement. Mais aujourd’hui, je ne me sens plus bien avec cette étiquette et je ne veux plus être dans un parti. J’ai besoin de faire une pause. J’ai de la sympathie pour les mouvements citoyens, et regarde avec intérêt ce que fait Alexandre Jardin (à l’initiative du mouvement Les Zèbres) mais je n’y crois pas en tant que force politique, sauf au niveau local« , ajoute l’ex-Modem.

 

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Un commentaire pour A Saint-Mandé, Luc Alonso quitte le Modem
  • Il est évident que nous qui avons soutenu Alain Juppé sommes déçus du résultat de la primaire de la Droite et du Centre. Il faut reconnaître une qualité à François Fillon: celui d’avoir reconnu que la France est un pays en faillite (potentielle), quant au reste…
    Pour sortir notre pays de la spirale du déclassement, le Centre doit présenter des solutions qui ne soient pas à 5 ans mais à une génération. Je regrette bien sûr, le départ du Modem de Luc Alonso mais je comprends qu’il considère que comme dit le poète « le dernier encore éveillé se doive de sortir les autres du sommeil.  »
    En effet, il va nous falloir libérer la nouveauté, laisser l’invention fleurir, promouvoir le mouvement et l’expression de la jeunesse, découvrir de nouveaux territoires. C’est cela que Luc Alonso a voulu dire en démissionnant. Et la réponse est au Centre….

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