Grève | Accueil Val de Marne (94) Saint-Maur-des-Fossés | 15/06/2016
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A Saint-Maur-des-Fossés, 200 animateurs périscolaires ont manifesté leur malaise

A Saint-Maur-des-Fossés, 200 animateurs périscolaires ont manifesté leur malaise
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Titularisation tardive, contrats à mi-temps, budgets serrés, manque d’effectifs par rapport au nombre d’enfants, inquiétudes par rapport aux nouveaux rythmes scolaires à la rentrée (mercredi au lieu de samedi travaillé)… Près de 200 animateurs périscolaires ont manifesté devant la mairie de Saint-Maur-des-Fossés ce mardi 14 juin, pour dénoncer la précarité de leur profession.

Selon le syndicat FO,  88% des animateurs de la commune étaient en grève hier. « On n’a jamais vu cela à Saint-Maur« , insiste un salarié. « C’est un ras-le-bol général des animateurs » dénonce Benoît Morin, secrétaire FO à Saint-Maur. Nous regrettons un manque de concertation avec les directeurs d’école alors que nous sommes les mieux placés pour discuter de la nouvelle organisation de travail dès la rentrée. Aujourd’hui, on se retrouve à nous imposer ce système. Alors qu’il y a de plus en plus d’enfants, nous attendons de la municipalité qu’elle investisse les animateurs dans le nouveau projet. Nous voudrions être reçus, écoutés pour qu’on avance», demande le responsable syndical.

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Pour un directeur de centre de loisirs, c’est la mise en place des nouveaux rythmes scolaires qui a précipité la précarisation du métier. «A la base, avec les nouveaux rythmes scolaires, on pensait que notre métier allait y gagner mais finalement, c’est l’inverse. Les rythmes scolaires auraient pu amener une professionnalisation. Mais dans le même temps, on retire les moyens des collectivités territoriales», pointe le manifestant. « Les animateurs, on en fait des surveillants ! reprend le directeur de centre. Mais un animateur, ce n’est pas un surveillant ! Et puis, les gens qu’on a formés pendant des années, on doit leur dire aujourd’hui d’abandonner leur temps plein pour du mi-temps. »

 

 

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«Comment demander aux jeunes de faire un effort ? On a encore et encore des précaires, quel mépris ! Il faut avoir confiance en la jeunesse. Une société qui a peur des jeunes, c’est une société qui va mal», dénonce Jacques, éducateur sportif. «Dès qu’on veut chercher un appartement, la banque nous refuse à cause de notre CDD, même on si on a la garantie d’être reconduit l’année suivante», confie Pierre, 27 ans et diplômé en chimie, mais qui aimerait continuer dans l’animation. Encore étudiant, Florian est animateur périscolaire en CDD à 85% dans le quartier de La Pie. Le jeune homme ne cache pas son inquiétude quant à la qualité des activités dispensées aux enfants. «On est là pour des questions budgétaires. Pour pouvoir faire des activités manuelles, le matériel coûte cher. On réclame un budget d’activité périscolaire à 0,50 centimes par enfants par jour, contre les 0,72 centimes par enfants par mois que nous avons« .

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Pierre et Florian à la manifestation

La grève n’étant pas reconductible, les centres de loisirs assureront normalement l’accueil des enfants ce mercredi. Un nouveau mouvement pourrait toutefois se tenir le 23 juin.

Position de la mairie de Saint-Maur

Ce mardi 14 juin, une délégation a été reçue en mairie, laquelle rappelle avoir également organisé des réunions avec les animateurs les 9 et 13 juin. De son côté, la commune rappelle les avancées déjà actées avec les animateurs. Et de citer : « un taux d’encadrement des enfants maintenu le mercredi sur les accueils de loisirs à 1/8 enfants en maternelle et 1/12 en élémentaire, alors que la loi permettait d’aller jusqu’à 1/14 en maternelle et 1/18 en élémentaire ; à l’horizon 2016-2020 un effort financier significatif, réparti sur plusieurs exercices budgétaires, pour renforcer la dotation en matériel et intégrer à la fois la fréquentation croissante des accueils périscolaires par les enfants, et l’objectif qualitatif poursuivi pour ces accueils ;  des locaux de réunion pour les animateurs, dans la limite des contraintes immobilières de chaque école ; un suivi de carrière étroit, assuré par la direction des ressources humaines. » La commune rappelle également que depuis 2014, 143 agents sont passés du statut de contractuel à celui d’emploi permanent.  « En janvier 2015, la ville a revalorisé le régime indemnitaire de l’ensemble des agents périscolaire titulaires et non titulaires, soit 240 agents, pour un montant de 420 000€ annuels.  En juin 2015, la prime de service public a été attribuée à l’ensemble des agents du service périscolaire, titulaires et non titulaires, pour un montant de 143 000€ annuels. Depuis janvier 2015, les agents contractuels et titulaires ayant un temps de travail supérieur à 50%, soit 155 agents, bénéficient de titres restaurant. Près de 400 agents du service périscolaire ont suivi une formation en 2015-2016. Par ailleurs, cinq réunions thématiques de deux heures ont été planifiées dans les prochains jours, pour aborder les questions relatives au temps de travail administratif, à l’actualisation des fiches de postes, à la professionnalisation, à la progression professionnelle des agents… La ville appelle les personnels à la responsabilité : dans un climat social et sécuritaire tendu, il y a lieu de veiller à ne pas mettre en difficulté les familles, le service public de l’Education nationale et le service public municipal sur le base de revendications qui doivent trouver naturellement leur place dans le cadre du dialogue social », conclut la mairie dans un communiqué.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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