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Initiative | Valenton | 10/05/2016
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A Valenton, la startup Cryo Pur recycle les eaux usées en biocarburant

A Valenton, la startup Cryo Pur recycle les eaux usées en biocarburant
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La cryogénie, manipulation de très basses températures, sert à bien d’autres choses qu’à refroidir les gens pour les réveiller dans des centaines d’années. Parmi ses usages, la séparation du CO2 et du méthane pour produire du biocarburant liquide n’est déjà plus de la science-fiction. Démonstration en a été faite à Valenton ce lundi 9 mai sous l’égide de la startup essonnienne Cryo Pur. 

Créée par Denis Clodic, directeur de recherche du centre énergétique et procédés de Mines ParisTech pendant 18 ans et co-lauréat du prix Nobel de la paix 2007 pour ses contributions au Giec, la startup, qui a mis au point le processus de séparation du CO2 et de méthane et leur liquéfaction par cryogénie, a testé son démonstrateur industriel à partir de l’usine de retraitement des eaux usées de la Siaap, qui traite chaque jour quelques 800 000 m3 d’eaux usées issues du Val-de-Marne et autres sites de la banlieue parisienne. Alors que la France souhaite doper ses installations de production de bio-méthane pour en compter un millier à l’horizon 2020, cette innovation stratégique a été encouragée financièrement par l’Ademe (Agence de l’énergie et de l’environnement) dans le cadre des programmes d’investissements d’avenir. A la clef en effet : une réduction de l’émission de gaz à effet de serre,  de l’énergie renouvelable et de l’économie circulaire non délocalisable pour recycler les déchets locaux.

Outre la Siaap, dont la station de traitement des eaux usées de Valenton a accueilli l’expérimentation,  la startup s’est également entourée de Suez environnement, qui compte déjà 170 installations de méthanisation sur ses usines de traitement d’eau et de déchets dans le monde et souhaite passer sa production de biogaz de 30 à 50% d’ici 5 ans, d’Engie (GNVert) pour la distribution de BioGNL, et d’Iveco, pour son camion poids lourd Flex Fuel Essence/BioGNL.

Baptisé, BioGNVAL, le projet a présenté des résultats prometteurs ce lundi 9 mai. « Ce projet démontre que l’on peut produire grâce à nos eaux usées un carburant propre qui n’émet pas de particules fines et qui réduit de 50% les émissions sonores et de 90% les émissions de CO2 par rapport à un moteur fonctionnant au diesel. Le démonstrateur industriel BioGNVAL permet de traiter près de 120 Nm3/h de biogaz, de produire 1 tonne/jour de BioGNL (2 pleins de poids lourd). Les tests effectués démontrent que les eaux usées de 100 000 habitants permettraient de produire suffisamment de BioGNL pour alimenter 20 bus ou 20 camions. Facilement stockable et transportable, puisque la liquéfaction permet de réduire son volume par 600, le BioGNL offre de nombreux débouchés. Il peut être utilisé pour le transport de personnes et marchandises longue distance (poids lourds, camions et bus) ou être mis à la disposition de stations services ou d’industriels qui peuvent l’utiliser en substitution de combustible fossile. Il constitue aussi une solution complémentaire pour valoriser le biogaz issu des stations d’épuration lorsque ce dernier ne peut être facilement injecté au réseau de distribution de gaz naturel, notamment pour des raisons de distance« , motivent les partenaires du projet dans un communiqué commun.

Pour la startup de Palaiseau, les débouchés de ce procédé vont de la production de biocarburants, avec des partenaires producteurs de biogaz, à l’intégration dans le cycle de traitement des déchets et eaux usées. Alors que le prix du baril de pétrole est au plus bas, il n’est certes pas évident pour une technologie émergente de proposer un produit immédiatement compétitif en termes de prix. Son intégration dans les problématiques globales de recyclage en font en revanche un atout précieux, pour gérer les déchets dans des conditions écologiques. La production de CO2 liquide, également susceptible d’être utilisée industriellement, constitue également un atout pour boucler le modèle économique. D’ores et déjà, plusieurs nouveaux projets sont dans les tuyaux, allant d’un partenariat avec des producteurs de biogaz à partir de de déchets agricoles et organiques urbains, à un autre avec une coopérative agricole. En parallèle, l’expérimentation sur le site de Valenton va être prolongée jusqu’en avril 2017. « Nous avons développé un procédé qui permet de produire en petite quantité, de l’ordre de 70M3 par heure, et allons même travailler sur une miniaturisation pour arriver à 40 M3 par heure », explique Simon Clodic, directeur commercial de l’entreprise. De quoi rendre le processus accessible pour des collectivités locales, dont les élus étaient du reste en nombre lors de la présentation de l’expérimentation.

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