Politique locale | Accueil Val de Marne (94) Villejuif | 25/05/2016
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A Villejuif, Jean-François Harel joue les jokers d’une majorité fragile

A Villejuif, Jean-François Harel joue les jokers d’une majorité fragile
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Après l’implosion de la majorité plurielle de Villejuif suite au départ des écologistes, l’heure est à l’arithmétique et les bannis d’hier s’avèrent aujourd’hui des jokers utiles.

Pour rappel, la majorité municipale, constituée lors de l’élection de 2014 de quatre groupes aux dominantes politiques LR, UDI, Divers gauche et EELV, a perdu son aile verte en février 2016. Un manque à gagner de 7 élus pour la majorité, qui ne compte plus désormais que 24 voix sur 45, conférant au groupe divers gauche et ses cinq élus un rôle d’arbitre qu’il n’a pas manqué de faire valoir immédiatement après le départ des écologistes, suscitant une réaction agacée de l’aile droite de l’Union citoyenne.

Dans ce contexte, le retour dans la majorité de Jean-François Harel, aussi étonnant qu’il puisse paraître, a toute sa logique. L’ancien chef de file de l’UDI, qui avait mené la liste de centre droit au premier tour des municipales de 2014 (récoltant 15,8%) et fait alliance avec les candidats LR, DVG et EELV au deuxième pour battre l’ex-maire PCF Claudine Cordillot, s’était retrouvé sur la touche après l’élection, lui se considérant banni et victime de traîtrise tandis que les autres lui reprochaient de vouloir être calife à la place du calife. Fin 2015, Jean-François Harel a même créé son propre groupe politique d’opposition avec deux de ses colistières, suite au dépôt d’un voeu à propos des futurs conseils de territoire, dans le quel il demandait à ce que soit pris en compte le fléchage des conseillers tel qu’il avait été présenté aux électeurs en mars 2014 pour élire les conseillers communautaires (modalité qui a du reste été finalement imposée par la loi). Un voeu contre lequel avait voté le maire. La création de ce groupe avait conduit à une procédure d’exclusion de l’UDI de Jean-François Harel, actuellement toujours en cours puisque l’élu est entendu ce mercredi 25 par la Commission nationale arbitrale du parti. En termes d’arithmétique de Conseil municipal, Jean-François Harel compte aujourd’hui pour trois avec son groupe. Pour le groupe du maire LR Franck Le Bohellec, ce retour permettrait donc de disposer d’une majorité plus consistante et de moins dépendre de ses autres alliés.

Concrètement, le premier signal du rapprochement a été donné lors du Conseil municipal du vendredi 20 mai, à l’occasion duquel Jean-François Harel a été élu représentant de la ville à la Sadev (aménageur) en place de Natalie Gandais. « Lorsque j’ai appris que l’on allait remplacer Natalie Gandais à la Sadev, j’ai proposé ma candidature car je connais bien le dossier. A ma grande surprise, Franck Le Bohellec m’a répondu favorablement et m’a demandé de réclamer un amendement au règlement intérieur pour que notre groupe rejoigne la majorité« , indique Jean-François Harel. Ainsi fut fait lors du Conseil municipal. En contrepartie de ce signe d’allégeance, le groupe de Franck Le Bohellec a voté pour Jean-François Harel. Au sein de l’Union citoyenne en revanche, les deux autres groupes, divers gauche et UDI, ont moyennement apprécié l’initiative et ont voté pour Joseph Mostacci (UDI). L’opposition s’étant abstenue, Jean-François Harel a été élu.

 

 

Désormais, l’amendement au règlement intérieur pour que le groupe de Jean-François Harel puisse faire partie de la majorité, doit être étudié, mais il y a peu de probabilités qu’il passe, en raison de l’opposition des groupes UDI et DVG. Du côté de Philippe Vidal (DVG) comme d’Edouard Obadia (UDI) en effet, on a du mal à comprendre ce revirement de situation. « Au vu de la dernière tribune de Jean-François Harel, je ne comprends pas ses motivations, si ce n’est pour rajouter du chaos dans le chaos. Et puis, je trouve cela dommage, pour un futur président de la République, d’en être réduit à quémander une place dans la majorité« , raille Philippe Vidal. « Le groupe UDI de l’Union citoyenne – que je dirige- ne comprend pas Jean-François Harel. Si c’est pour critiquer de l’intérieur, ce n’est pas la peine, réagit également Edouard Obadia, pour qui il n’est pas question de changer le règlement intérieur. Il y a désormais trois composantes dans l’Union citoyenne, Nouvelle dynamique pour Villejuif (NDPV, ndlr groupe de Franck le Bohellec), Villejuif notre Ville (DVG), et le groupe UDI. Si Jean-François Harel rejoint la majorité, il ne pourra pas rejoindre le groupe UDI ni le groupe DVG, il devra donc soit intégrer le groupe NDPV, soit siéger seul.  Il ne pourra pas non plus prétendre à une tribune dans le journal de la ville. »

De son côté, Mahrouf Bounegta, président du groupe  NDPV, tente de calmer le jeu. « Jean-François Harel a juste été élu à la Sadev. On ne lui a pas attribué de poste d’adjoint ni de délégation. Natalie Gandais et Alain Lipietz, qui sont dans l’opposition, ont aussi des fonctions de représentation dans des organismes. Je ne comprends pas pourquoi cela suscite la polémique, justifie l’élu. Et puis, depuis le départ d’EELV, notre majorité est affaiblie », confie-t-il. Au sein de l’équipe NDPV, cette position ne fait pas complètement l’unanimité. « C’est une bouffonnerie, lâche un membre non élu de l’équipe. En même temps, la gestion de cette union était complexe dès le départ, c’est difficile de critiquer en étant à l’extérieur. »

Et les motivations de Jean-François Harel, quelles-sont-elles ? « Je n’ai pas envie que la ville revienne au PCF, je préfère aider« , motive l’élu. Cela ne risque-t-il pas d’ajouter du chaos au chaos, comme le suggère Philippe Vidal ? « Non, penser cela résulte d’une vision machiavélique. Cela fait vingt ans que je suis présent dans la ville, j’ai de l’expérience et connais les dossiers. Je n’ai du reste aucun mérite puisque j’ai un mandat d’avance« , légitime l’ancien candidat. Et puis, dans la hiérarchie des détestations, Franck Le Bohellec n’est pas en tête parmi les élus de l’Union citoyenne… Reste à choisir entre deux options : soit siéger sans groupe, soit rejoindre celui du maire. Un choix qui doit être discuté avec ses colistières.

 

 

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