Santé | Accueil Val de Marne (94) Saint-Maurice | 03/05/2016
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Les opposants aux groupements territoriaux ont investi le Conseil de surveillance des Hôpitaux de Saint-Maurice

Les opposants aux groupements territoriaux ont investi le Conseil de surveillance des Hôpitaux de Saint-Maurice
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Une centaine d’agents et soignants des Hôpitaux de Saint-Maurice ont répondu à l’appel à l’appel de l’intersyndicale CGT – Sud Santé Sociaux  contre le projet de groupement hospitalier de territoire (GHT) ce lundi 2 mai. Après avoir voté la reconduction de la grève en AG, ils ont débarqué  au Conseil de surveillance de l’hôpital pour exposer leurs revendications.

« On vous le dit une dernière fois, au cas où vous ne l’auriez pas encore compris : l’ensemble du personnel des hôpitaux de Saint-Maurice, y compris la communauté médicale, est opposé au projet voulu par l’ARS« , lance Pascal Piezanowski, secrétaire du syndicat Sud Santé Sociaux, à l’attention d’Eric Vechard, délégué territorial Val-de-Marne de l’ARS (Agence régionale de santé), faisant irruption au milieu du Conseil de surveillance qui était consacré  à cette question. Pour rappel, les GHT ont pour objectif d’organiser au niveau local l’offre hospitalière en matière d’accueil des urgences,  chirurgie, maternité, cancérologie, santé mentale. Deux GHT ont été prévus dans le Val-de-Marne, voir article détaillé.

« Le but du GHT, c’est de répartir la pénurie organisée, et on refuse que des économies soient faits sur le personnel au détriment des patients« , estime Renaud Pequignot, psychiatre et secrétaire du collège médical de l’hôpital. La communauté médicale de l’établissement (CME), elle, n’est pas foncièrement opposée à un rapprochement avec d’autres établissements de santé voisins, mais n’est pas d’accord sur sa géographie. « On refuse catégoriquement ce périmètre« ,  lance Frédéric Khidichian, le président de la CME. « Il est hors de question qu’on travaille avec des établissements qui n’ont pas la même culture, les mêmes pratiques, la même prise en charge des patients« , reprend Renaud Péquignot qui estime que des partenariats sont possibles avec le centre hospitalier Les Murets, à la Queue-en-Brie, lui aussi spécialisé en psychiatrie, ou encore l’hôpital Sainte-Camille de Bry-sur-Marne.

« En outre, Marisol Touraine avait fait du « projet médical partagé » la pierre angulaire de sa loi. Hors, là, il n’est pas partagé« , conclut Frédéric Khidichian. « Je suis également étonné de ne jamais avoir été convoqué à aucune réunion à ce sujet, ajoute Jean-Marie Platet, qui représente le collège des usagers au conseil de surveillance. Les GHT doivent être faits dans l’intérêt des patients, non ? On doit être consulté ! »  Face aux manifestants qui remplissent en nombre la salle du conseil, Eric Vechard répond : « Je ne suis pas responsable des lois qui sont votées dans ce pays », pose le délégué départemental de l’ARS.  « Si on me demande un rendez-vous, je l’accepte, mais je n’ai jamais eu pour habitude de convoquer les gens dans mon bureau », poursuit-il. » Si les hôpitaux ne sont pas d’accords pour les GHT, évidemment, ça ne marchera pas », ajoute le délégué départemental.

 

 

Pendant l’AG, les agents évaluent le manque à gagner de futurs rapprochements. « Si on se rapproche du Centre hospitalier intercommunal de Créteil (CHIC), comme le prévoit le GHT, on pourrait voir nos crèches, facturées 3 euros par jour actuellement et par enfant, augmentés jusqu’à 17 euros, comme c’est le cas là-bas« , s’inquiète Pascal Piezanowski. « De même, les agents des services hospitaliers (ASH), qui bénéficient d’une prime mensuelle de technicité de 50 euros, pourraient se la voir retirer« , précise David François, le secrétaire de la CGT aux hôpitaux de Saint-Maurice. « Mais c’est surtout le principe de turn-over permanent qui menace l’équilibre de nos services et donc la qualité de nos soins. On n’a pas signé pour faire de l’intérim !« , glisse une infirmière du service psychiatrique de l’hôpital qui craint la mobilité des personnels soignants, au gré des besoins des établissements partenaires. « On tisse des liens de confiance nécessaires à une bonne prise en charge, notamment en psychiatrie. Si on change toutes les semaines de services, on ne connaîtra plus nos patients, nos collègues, nos cadres, nos médecins. Il faudra sans cesse s’adapter, on va perdre du temps, des réflexes, des automatismes. Qui va en payer le prix ? Nos patients. »

Adoptée à l’unanimité, la reconduction de la grève sera soumise au vote « tous les jours tant qu’un autre projet ne sera pas envisagé« , préviennent les manifestants. Ce mardi, une assemblée générale se tient à 14h, dans le self de l’hôpital Esquirol.

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