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Histoire | | 13/06/2016
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Bidonville de Champigny: les anciens se souviennent

Bidonville de Champigny: les anciens se souviennent

L’hommage rendu par la communauté portugaise à l’ancien maire de Champigny-sur-Marne,  Louis Talamoni, pour son action en faveur du bidonville du plateau qui comptait jusqu’à 12 000 personnes dans les années cinquante- soixante, aujourd’hui transformé en parc départemental, a réveillé les souvenirs des anciens.

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Arthur a vécu dans les bidonvilles du plateau de Champigny avant que son patron ne lui propose un relogement à Rosny-sous-Bois. Le Portugais est ensuite rentré au pays pendant deux ans pour tenter de revenir avec son épouse à qui il pouvait désormais proposer un pavillon qu’il avait acheté à Nogent-sur-Marne. Mais à la frontière espagnole, la police secrète ne leur a pas facilité la tâche. Comme son épouse n’avait pas de passeport, il a dû cacher son existence pour pouvoir passer, raconte-t-il. Aujourd’hui, Arthur vit au Perreux-sur-Marne et se souvient de son quotidien au plateau. «C’était en 1965, j’ai vécu six mois dans une petite baraque avec des taules. On était quatre, sans sanitaire et sans l’eau courante. C’était la misère. Il n’y avait pas seulement des Portugais dans les baraques mais aussi des Espagnols, des Italiens, des Yougoslaves. Je me souviens qu’il y avait des bagarres tous les jours. Quand on ne travaillait pas le samedi et dimanche, on jouait aux cartes et à la pétanque. On faisait chauffer au mazout les repas. Un monsieur vendait des poulets vivants à côté du chemin de fer.» Ce marchand, Francis aussi a le souvenir de s’y être rendu quand il n’était encore qu’un petit garçon. “On allait chercher le poulet pour le midi avec ma mère. Il y avait toutes les communautés qui vivaient ensemble. On se sentait en sécurité” témoigne l’Ormessonnais.

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Arthur

Jojo a eu plus de chance quand il est arrivé une première fois en France en 1936 avant de la quitter trois ans plus tard au début de la guerre. Malgré la guerre civile en Espagne, il a traversé le pays à pied durant huit jours pour rejoindre le Portugal. Jojo n’est revenu qu’en 1952 à Saint-Maur où il a rejoint un oncle. Ensemble, ils fabriquaient des véhicules pour enfants. Cela a duré quelques années puis Jojo est entré dans les travaux publics. Au plateau du bidonville de Champigny, Jojo avait de la famille à qui il rendait visite. Ces Portugais, il les a vus descendre du camion. Il n’oubliera jamais cette période. «Les gens appelaient ça un bidonville, mais nous on appelait ça des baraques. Les murs étaient faits en carreaux de plâtre et les toits en taule. J’y ai connu les dernières femmes qui lavaient le linge à la main. L’épicier ramenait des caisses de bière. On allait chercher la morue à vélo que l’on mettait sur le porte-bagage. On est plus prêt de revoir cela aujourd’hui», sourit Jojo. « Les ouvriers allaient travailler à Pompadour quand ce n’était encore qu’un croisement. A la fin du boulot, ils étaient au bistrot avec un demi-litre de vin. Pour travailler au noir le samedi, ils allaient rue Dunkerque. Les patrons avaient besoin de plombiers, de terrassiers.» A ses côtés, Joaquim n’est arrivé qu’en 1973, deux ans avant le décès du maire Louis Talamoni. «On cherchait à savoir où me placer avec le confort. Je peux dire que je suis arrivé dans le luxe!»

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Joaquim et “Jojo”

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