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Initiative | Champigny-sur-Marne | 09/10/2016
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Champigny en transition: quand les initiatives citoyennes se fédèrent

Agir ici et maintenant pour proposer des solutions solidaires et écologiques aux besoins de notre société plutôt que de refaire le monde assis au café, l’idée n’est pas nouvelle mais fait aujourd’hui son chemin autrement, essaimant des initiatives multiples et ultra-locales, qui finissent par réseauter entre elles. Comment ces actions éparses peuvent-elles s’organiser à plus grande échelle ? Quel lien avec le politique ? Focus sur Champigny en Transition avec l’une des principales initiatrices, Mikhal Bak.

Du Bois l’Abbé au Tremblay en passant par Coeuilly, le centre-ville, les Quatre cités ou encore les Mordacs, ce-sont pas moins d’une soixantaine d’initiatives citoyennes qui ont été présentées aux habitants dans tous les quartiers de Champigny-sur-Marne ce weekend, dans le cadre de la Fête de la transition. Des projets en gestation comme la création d’un poulailler collectif, d’une Give box (voir ci-dessous), d’une bricothèque ou encore le développement de bacs à comestibles, aux initiatives déjà concrétisées comme l’Amap (association mettant en relation directe paysan et consommateurs), la Coopali (épicerie coopérative), les jardins familiaux, les bourses à vélo… L’occasion aussi de découvrir des associations ancrées de longue date comme Emmaüs Liberté (voir reportage).

projet give box

La give box, boite à dons, consiste en une armoire installée dans un lieu public, au sein de laquelle chacun peut venir apporter et prendre ce qu’il veut. L’idée a germé en Berlin en 2011, dans la tête d’Andreas Richter. En France, des Give Box ont vu le jour à Paris et Lyon et des boites à livre ont essaimé plus largement. (voir article sur les boîtes à lire à Nogent). A Champigny-sur-Marne, c’est Cécile Nzouango, présidente de Maboko Oko (Tous unis), association humanitaire dédiée à la Centrafrique, qui a lancé le projet et le présentait ce samedi avec Chloé Blanchard, de Champigny en Transition et Stcyr Mongombe.

A l’initiative de ce weekend, un collectif, Champigny en transition, constitué dans le prolongement d’une Amap lancée en 2008, le Panier des Bordes, et animé par quelques dizaines de personnes dont une douzaine très actives.

C’est le cas de Mikhal Bak, cheville ouvrière de la Fête de la Transition. Militante écologiste, notamment chez Greenpeace Paris, cette agente artistique de profession a été à l’initiative de l’Amap Panier des Bordes dès 2008. «Dans le cadre de mes actions militantes, je dénonçais et proposais des solutions alternatives, mais ne les mettais pas en place. J’avais envie d’agir concrètement», explique-t-elle. L’Amap du Panier des bordes voit le jour en 2008, en partenariat avec un maraîcher de Seine-et-Marne. (Voir les Amap en Val-de-Marne). Rapidement, l’association se développe avec trois sous-groupes et lieux de distribution à Champigny-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés et Noisy-le-Grand, et compte environ 150 adhérents. Elle se diversifie aussi au-delà des légumes, nouant des relations directes avec une ferme locale de produits laitiers mais aussi des producteurs de viande, de fruits, des apiculteurs… En 2012, ses initiateurs décident d’aller plus loin en créant carrément une épicerie coopérative pour les produits secs, un projet qui aboutira en 2013 avec la création à Champigny de Coopali (voir article dédié).

Le local dans son coin et après ?

«En 2015, nous avons eu envie d’aller au-delà de notre bulle. Nous nous sentions comme la petite pièce d’un puzzle et avions envie d’en voir l’assemblage, de nous donner un horizon plus lointain», exprime Mikhal Bak. Le groupe de motivés rejoint alors le réseau des villes en transition en constituant un collectif Champigny en transition.

Rappel de ce qu’est le concept de ville en transition et présence en Val-de-Marne
Le concept de ville en transition a été initié en 2006 par un Anglais, Rob Hopkins, dans sa ville de Totnes. En très bref, cela consiste à préparer en douceur l’après-pétrole en organisant une décroissance heureuse et solidaire qui passe par un certain nombre d’initiatives comme la relocalisation de la production, les circuits d’approvisionnement court, le recyclage, les déplacements à vélo plutôt qu’en auto, le développement de l’énergie renouvelable… Une désintermédiation qui concerne aussi les échanges économiques avec la valorisation du troc. Autant d’initiatives qui doivent se faire en respectant un certain nombre de principes dans l’organisation collective. Voir le site de Transition France. Aujourd’hui, ce mouvement dispose d’une fondation qui impulse ses principes et outils au niveau mondial, et les réseaux se sont multipliés à chaque échelle, pays, région, villes… En France, plus de 120 collectifs existent à ce jour. Dans le Val-de-Marne, il existe cinq associations qui adhèrent à ces principes : Boucles de la Marne en transition (Nogent-sur-Marne, Fontenay-sous-Bois, Le Perreux-sur-Marne, Villiers-sur-Marne), Champigny en transition, Créteil en transition, L’Haÿ-les-Roses en transition et Sucy environnement et transition. Une association a également été créée au niveau départemental à l’été 2015 pour fédérer ces groupes, dirigée de manière collégiale par leurs représentants.

«Pour commencer, nous avons décidé de présenter toutes les initiatives qui existent à Champigny afin de mobiliser et donner des idées. Nous avons organisé des world cafés (ndlr une méthodologie de réunion pour développer la démocratie participative) pour présenter le mouvement, autour de quatre thématiques, l’alimentation et l’agriculture, l’énergie et les transports, les déchets et l’éducation à l’environnement. Cela a incité d’autres personnes à rejoindre le mouvement pour développer des projets», explique Mikhal Bak. Dans la foulée, l’association décide d’organiser un grand événement festif pour présenter les projets de manière plus large, à l’ensemble des habitants. Au gré des préparatifs et des contraintes, ce-sont finalement deux événements qui se préparent, le premier, La fête de la transition de ces 8 et 9 octobre,  présentait toutes les initiatives en situation réelle, dans les différents quartiers de la ville. Le second, qui se tiendra le dimanche 6 novembre, consistera en un village Alternatiba des initiatives citoyennes. « Cet événement ne sera pas limité aux projets locaux mais donnera aussi à voir des réalisations menées ailleurs, afin de susciter des vocations campinoises. » Cette fois, c’est à un autre mouvement national que se rattache l’association. Initié fin 2013 à Bayonne, à l’initiative de l’association altermondialiste basque Bizi! quelques jours après la publication du Volet I du 5ème rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), et encouragé par Christiane Hessel, la veuve de Stéphane Hessel, Alternatiba propage les alternatives en organisant des marches à travers le pays et des villages avec conférences, expositions, stands, ateliers et démonstrations pratiques.

Quel rapport entre le mouvement citoyen et la politique ?

Comment articuler ce projet de transition, éminemment politique dans les valeurs qu’il porte, avec la politique, ses partis et ses institutions ? «Nous nous inscrivons en complémentarité des acteurs politiques. Le principe de nos actions citoyennes est de ne pas attendre que le changement vienne d’en haut, cela ne veut pas dire que nous rejetons les élus. Plusieurs sont du reste venus participer à notre fête de la Transition et la municipalité a soutenu notre initiative. La transition est justement le chaînon manquant entre l’éco-geste individuel et la politique», défend Mikhal Bak. A Ungersheim, en Alsace, la fusion a déjà eu lieu puisque la municipalité se réclame de la transition et en a fait son programme. La ville a fait l’objet du nouveau documentaire de Marie-Monique Robin, Qu’est-ce qu’on attend ? qui sort cet automne, et fera sans doute l’objet de centaines de ciné-débats locaux à l’instar d’En quête de sens, de Nathanaël Coste et Marc de la Ménardière, et Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, qui ont contribuent à mailler ce réseau encore émergent.

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2 commentaires pour Champigny en transition: quand les initiatives citoyennes se fédèrent

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