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Emploi | Grand Paris | 08/12/2016
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Comment le chantier de la ligne 15 Sud doit donner du boulot aux habitants

Comment le chantier de la ligne 15 Sud doit donner du boulot aux habitants © Genaro Bardy

15 000 emplois par an, voilà la promesse rappelée à chaque occasion par l’Etat à propos du colossal chantier du Grand Paris Express. Pour s’assurer d’en voir la couleur, un comité stratégique entreprises-emplois spécifique à la ligne 15 Sud, était installé par le préfet d’Ile-de-France ce mercredi 7 décembre en préfecture de Créteil.

Première ligne en chantier, de ce futur métro périphérique, la ligne 15 sud représente à elle seule 7 milliards d’investissement, c’est dire l’enjeu en termes de développement économique, s’il est correctement canalisé, c’est-à-dire notamment que les entreprises locales puissent accéder aux marchés et que les habitants soient formés et informés des métiers de ce chantier. Pour ce faire, le comité comprend trois groupes de travail destinés à faire le lien avec les entreprises, la formation, et les personnes en grande difficulté pour trouver un emploi. «Le Grand Paris Express, ce sont des moyens de transport qui vont permettre de raccourcir les distances et de gagner du temps, mais c’est aussi un important vivier d’emplois qui va dynamiser l’économie régionale», motive Jean-François Carenco, préfet de la région d’Île-de-France.

20% des marchés pour les PME locales

Le groupe entreprises sera animé par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et la Chambre des métiers d’artisanat (CMA), en lien avec la Direccte (Direction du travail et de la concurrence), afin d’accompagner les entreprises à se structurer pour répondre aux appels à projets, avec notamment des prestations juridiques et de coaching. A noter qu’une convention existe déjà entre la SGP et la CCI pour accompagner les commerces qui souffrent pendant le chantier. Concernant l’accès aux marchés, la Société du Grand Paris (SGP), maître d’ouvrage du Grand Paris Express, s’est engagée à favoriser  l’accès des petites et moyennes entreprises en imposant que 20 % au minimum des travaux soient réalisés par celles-ci. Une charte de partenariat pour la mise en oeuvre du Grand Paris de l’emploi et des entreprises a du reste également été signée à l’occasion de l’installation du comité. Dans le Val-de-Marne, des entrepreneurs ont déjà commencé à s’associer pour remporter des marchés aux côtés de grands groupes. Voir article sur l’initiative du XV du Val-de-Marne.

Attention aux travailleurs détachés

Sur ce point, le président du Conseil départemental, Christian Favier, membre du comité, a néanmoins rappelé son inquiétude quant aux attributions des marchés aux groupements les moins-disants. « On sera très vigilant sur ce point : nos petits artisans, au savoir-faire reconnu, ne peuvent pas concurrencer avec de grands groupes de construction, capables de faire baisser les coûts en faisant appel aux travailleurs détachés par exemple. Jai eu l’occasion d’exprimer mes craintes quant à l’attribution des premiers marchés publics, qui ne donnent aucune garantie sur les retombées positives que pourraient amener ces travaux pour l’emploi local et les entreprises du territoire« , a insisté l’élu, appelant à la mise en place « d’un observatoire pluraliste de suivi des clauses d’insertion et des clauses sociales et environnementales« .

Adapter la formation aux compétences requises

Le groupe emploi-formation sera animé par le Conseil régional, Pôle-emploi et la Fédération régionale des travaux publics (FRTP), pour faciliter la formation des demandeurs d’emploi aux métiers du Grand Paris Express. Parmi les actions envisagées : page spéciale sur le site de Pôle Emploi, évaluation récurrente des besoins en emploi, en compétences, en formation des entreprises… La SGP va également lancer l’Académie du Grand Paris, qui dispensera des formations spécifiques aux métiers les plus recherchés sur les chantiers, principalement à destination des personnes en situation d’insertion. Les premières formations devraient débuter en septembre 2017.

5% des heures en insertion

Le groupe insertion enfin, sera animé par le Conseil départemental et la Direccte, destiné spécifiquement aux personnes qui ont les plus grosses difficultés pour trouver un emploi. Pour s’assurer que ces dernières auront une place dans le dispositif, la SGP s’est engagée sur un montant d’heures d’insertion d’un minimum de  5 % de l’ensemble des heures des marchés de travaux. Des parcours d’insertion vers le marché du travail seront organisés par les acteurs de proximité de l’emploi et de l’insertion (Pôle emploi, missions locales, PLIE, réseau de l’insertion par l’activité économique,…). « Dans le Val-de-Marne, pas moins de 5 000 demandeurs d’emploi ont déjà travaillé dans les travaux publics. Même si tous ne retrouveront pas un emploi sur ce grand chantier de la ligne 15, les opportunités créées et les formations complémentaires mises en oeuvre ainsi que l’accompagnement par le service public de l’emploi, leur donneront un solide espoir de trouver ou retrouver un poste« , insiste la préfecture.

La Société du Grand Paris est en charge de coordonner ces trois groupes, et notamment de leur transmettre les informations au fur et à mesure de leur publication. Un rapport annuel sera présenté au comité emploi-entreprise de la ligne 15 Sud et diffusé à l’ensemble des signataires, une fois par an.

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