Justice | Créteil | 19/12/2016
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Du soleil plein l’assiette, le restaurant de la seconde chance à Créteil

Du soleil plein l’assiette, le restaurant de la seconde chance à Créteil
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Voilà 35 ans que le restaurant d'application de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) accueille le grand public à Créteil. Pendant que les habitués se régalent, les jeunes pris en charge par ce service qui dépend du ministère de la Justice, reprennent leur avenir en mains.

« Je pourrais vous en parler pendant des heures tant je me sens chez moi ici ! »  sourit Micheline Nicouleaux, une habituée Du soleil plein l’assiette, le restaurant d’application de la PJJ, ouvert en 1981. « On déjeune ici une à deux fois par semaine depuis plus de trois ans maintenant« , complète son mari, Christian, affairé à discuter avec les jeunes serveurs. Clients fidèles, Micheline et Christian connaissent tout le monde, du directeur de la structure au chargé de vaisselle, toque a la porte de la cuisine, fait la bise au chef… « C’est intéressant de voir tous ces jeunes progresser. Mais surtout, on se régale, et c’est l’essentiel . On se demande toujours comment ils peuvent sortir des cuisines des plats si élaborés, avec des produits frais, avec ce tarif là.« 

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Ouvert les mardis, jeudis et vendredis midi, Du soleil plein l’assiette sert entre 25 et 30 couverts par déjeuner, moyennant 11 € le menu entrée-plat-dessert. « Cela nous permet d’amortir les frais de fonctionnement mais ‘objectif du restaurant n’est pas d’être rentable, notre priorité est l’apprentissage », explique Jean-Marc Vanrossem, directeur du STEI (Service territorial éducatif et d’insertion) du Val-de-Marne dont dépend la structure. Ici, la grande majorité des jeunes qui servent et cuisinent sont soumis à un mandat judiciaire, en attente d’un jugement. Leur travail au restaurant ne constitue pas une obligation de réparation mais une proposition pour rebondir en apprenant un métier, en se réinsérant socialement. « Personne ne vient sous la contrainte. Les jeunes sont soumis à des mesures restrictives qui les obligent à définir un projet professionnel mais nous accompagnons uniquement ceux qui démontrent la volonté de passer plusieurs mois avec nous« , précise Jean-Marc Vanrossem.

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Jean-Marc Vanrossem, directeur du STEI Val-de-Marne

Une titre professionnel européen

Parfois accusés de vols avec violence, de braquage ou de trafic de stupéfiants, les jeunes encadrés au restaurant d’application sont ici pour passer à autre chose. « Ils effectuent d’abord un stage d’observation de 15 jours. Ils sont en cuisine et en salle. Si le stage leur a plu, on entre alors dans un parcours plus pointu. Ils doivent choisir une spécialité, service ou salle, et la formation dure environ 9 mois, congés inclus« , explique le directeur du STEI, qui accueille 12 jeunes cette année, pour la 3e promotion, parrainée symboliquement par le couple Nicouleaux, que tout le monde connaît ici.

Divisés en quatre modules qui sont validées indépendamment (entrée, plat, dessert, cuisine collective), la formation donne droit à un titre professionnel européen, qui permet l’employabilité dans la restauration. Pendant leur formation, les jeunes sont rémunérés jusqu’à 330 euros par mois en fonction de leur âge. Ils sont encadrés par un professeur de cuisine, un chef expérimenté, un professeur de culture générale, un éducateur et une coordinatrice. En plus du service au restaurant, qui occupe les jeunes de 9h30 à 15h30, la PJJ anime dans les mêmes locaux  des cours de remise à niveau, des ateliers pour apprendre les comportements citoyens ou professionnels, et les accompagnent dans leurs démarches administratives de logement, santé…

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A la sortie du programme, 80% des étudiants sont diplômés en moyenne. Un tiers d’entre eux s’engagent dans des formations plus complètes comme le CAP Restauration. Un autre tiers se met directement à travailler dans la restauration où il y a toujours des missions, et le dernier tiers cherche une autre voie d’orientation. « On a de grands partenaires, et notamment le ministère de la Justice, de l’Agriculture et des Affaires Etrangères. Un de nos jeunes travaillent maintenant à la cantine centrale des affaires étrangères« , cite Jean-Marc Vanrossem.

Seul restaurant d’application de la PJJ dans le Val-de-Marne, Du soleil plein l’assiette fait partie d’un réseau d’une cinquantaine d’établissements au niveau national, dont 5 en Ile-de-France, parmi lesquels des restaurants gastronomiques, des crêperies bretonnes ou des coopératives viticoles. Tous sont recensés dans le guide gourmand des restaurants d’application de la PJJ, disponible en ligne.

Du soleil plein l’assiette est ouvert le mardi, le jeudi et le vendredi, de 12h à 14h30. Réservations au 01 56 72 11 20.

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