Cinéma | Accueil Val de Marne (94) Arcueil | 01/11/2016
Réagir Par

Ecrans documentaires: le saut dans le réel n’empêche pas l’imaginaire

Télécharger dans votre calendrier
  • Ecrans documentaires: le saut dans le réel n’empêche pas l’imaginaire
  • Du 2 au 9 novembre
  • Espace Jean Vilar 1 rue Paul Signac
    Arcueil
  • Gratuit 0 EUR
Ecrans documentaires: le saut dans le réel n’empêche pas l’imaginaire © Vincent Pouplard
Publicité

Malgré un coup dur, une baisse de 60% de sa subvention régionale, le festival des Ecrans documentaires, organisé par l’association Son et image, commence ce mercredi 2 novembre pour une semaine d’exploration, des parcours de musiciens mythiques au sport de compétition en passant par les métiers de la viande, les serres espagnoles, le concours d’entrée à la Femis, la forêt, la banlieue…

Au programme : avant-premières, conférences avec les réalisateurs, jeunes talents, courts et long métrages, programmation jeunesse… Rendez-vous à l’espace Jean Vilar d’Arcueil. Cafétéria sur place.

Places gratuites à gagner

Dix invitations pour deux personnes sont à gagner pour le film de votre choix. Premier arrivé, premier servi, écrire à redaction@citoyens.com.
Sinon, les tarifs vont de 4,75 à 5,20 par séance, de 8 à 10 € pour un pass weekend et de 15 à 20 euros pour un pass festival. 1
Les séances à la Médiathèque de Gentilly sont en accès libre dans la limite des places disponibles.

Quatre films en avant-première

Ce n’est pas vraiment par un documentaire mais par une allégorie sur le thème de la fuite que démarre le festival des Ecrans documentaires ce mercredi soir. En avant-première, sera projeté le dernier film d’Alessandro Comodin, I tempi felici verranno presto (Bientôt les jours heureux). Avec La Sociale, Gilles Perret revient sur les soixante-dix ans de la Sécurité sociale. Claire Simon filme un concours d’entrée à la Femis, prestigieuse école de cinéma, ce moment crucial où le jury doit évaluer le désir des candidats. Gimme Danger, dernier film de
Jim Jarmusch, raconte lui l’histoire des Stooges, fondé à la fin des années 1960 par Iggy Pop et pionnier du rock alternatif, punk. Le festival s’achèvera par Swagger, mi-documentaire mi-fiction très pêchu, réalisé par Olivier Babinet à Sevran et Aulnay. Onze ados y donnent leur vision de la cité et de la vie, qu’ils croquent à pleines dents.

 

 

Premiers films : la Grande Borne sous le soleil, l’enfer des serres espagnoles…

Onze premiers ou seconds films sont proposés cette année. Bram Van Cauwenberghe et Marie Brumagne ont tourné dans les bidonvilles qui se sont créés autour des gigantesques serres plastifiées d’Alméria, au sud de l’Espagne (Diurno Doliente). Toujours en Espagne, Oscar Vincentelli plonge dans l’une des dernières mines de charbon (O Tremor). A côté, au Portugal, ce-sont les gitans qui qui se laissent capturer par la caméra de Leonor Teles (Balada de um Batráquio). Comes Chahbazian regarde Sevak, 23 ans, se préparer corps et âme à un concours international de violoncelle (Rhythm and  Intervals)? Avec Les Héritiers, Maxence Voiseux montre les métiers de trois frères dans l’Artois : Hubert, le marchand de bestiaux, Dominique, le boucher et Thierry l’éleveur. Trois métiers dans la viande et trois façons d’appréhender la vie et la génération suivante. Comment transmettre ce savoir faire, cet ancrage à la terre et la vie qui va avec ? Que feront les enfants de cet héritage ? Plus près de chez nous, Laurie Lassalle a filmé la Grande Borne de Grigny autrement, vue de l’intérieur. Réalisé avec les habitants à l’été 2015, Je suis Gong raconte un site de rencontre imaginaire par webcam, avec des bornes de connexion un peu partout et  des jeunes se rencontrent et se confrontent. Le film est imprégné du poème “Je suis Gong” d’Henri Michaux. Dans Pas comme des loups (photo de une), Vincent Pouplard montre Roman et Sifredy en mouvement. Ces frères jumeaux avancent dans l’âge adulte, s’évertuant à comprendre le monde autour d’eux. Adolescents, ils ont connu séparément la captivité, la fuite et les parcours d’insertion. Ils ont connu ensemble l’insouciance, la violence, les jugements. « La tentation est grande, une fois les films choisis, de tisser des liens, trouver un sens à la radiographie d’ensemble. Sur la carte, ces nouvelles viennent cette année d’Afrique et d’Europe (est et ouest confondus). Point de signe à déceler dans ce constat géographique, les ponts semblent ailleurs. Paradoxalement, c’est peut-être le confinement des personnes donné à voir, à entendre et à ressentir (au travers de propositions formelles hétéroclites) qui, dans des périmètres et à des degrés d’urgence très variés, relie ces films entre eux« , explique Manuel Briot, co-programmateur thématique du festival. Voir le détail de la sélection des premiers films.

Astral weeks : hommage à Fela, Jaques Thollot, Alan Vega, Robyn Schulkowsky…

Plusieurs documents reviennent sur les parcours de musiciens qui ont laissé leur empreinte. En dehors de Gimme Danger de Jim Jarmush qui raconte l’histoire des Stooges et d’Iggy Pop, Blick propose une courte interview d’Alan Véga (1938-2016), parmi les inventeurs du protopunk. Stéphane Sinde dresse le portrait de Jacques Thollot (1946-2014), batteur compositeur de jazz et Manon de Boer celui de la percusionniste américaine Robyn Schulkowsky. Stéphane Tchalgadjieff et Jean-Jacques Flori encore, reviennent sur la  magie de l’Afrobeat du nigérien Fela Anikulapo Kuti, le « black president ». Détail de la programmation

Masterclasses avec Beatrice Kordon et Boris Nicot

Pour la deuxième année consécutive, le festival des Écrans Documentaires invite des réalisateurs à revisiter leur travail ou à présenter un projet en cours de construction. Une proposition qui se déploie en deux rencontres et trois temps, pour se clôturer par une programmation de films courts proposée en partenariat avec le Mac/Val. Au programme, Béatrice Kordon, dont le travail se situe à la croisée des pratiques documentaires, des arts plastiques et du cinéma expérimental, et Boris Nicot, qui après deux documentaires consacrés au producteur et réalisateur Stéphane Tchalgadjieff ainsi qu’au cinéaste chilien Patricio Guzmàn, prépare le tournage d’un film consacré à un grand producteur. Comment se construit le portrait de quelqu’un qu’on admire autant pour ses prises de risque que pour sa charpente intellectuelle tout en évitant le piège hagiographique ? C’est l’une des questions qu’il abordera avec beaucoup d’autres.

Echo à la restrospective Jean-Luc Verna du Mac/Val

Alors que se tient actuellement au Mac/Val une rétrospective Jean-Luc Verna, dessinateur, auteur, danseur qui met le corps au centre de son travail, une série de films courts fait écho à son univers. A voir notamment, le bouleversant Identities de l’Américain Nino Rodriguez. Réalisé en 1991, ce court-métrage de 7 minutes reprend une interview d’un homme atteint du Sida, Thomas Padgett, en ne laissant que les moments de silence, de larmes, de rires, d’hésitation, d’émotion pure. « Documentaire, cinéma expérimental, art vidéo, film d’artiste, clip, expérimentation photographique : la séance expose des visages et des corps saisis dans une certaine « nudité » de leur être. Étrangement, c’est pourtant cette pauvreté-là qui résiste tant bien que mal à la menace d’une totalisation, au gré des recompositions et des modifications créées ici par la découpe du cadre, les jeux de lumière, le maquillage ou encore le travestissement, ce qui contribue à brouiller un peu plus les frontières entre le dedans et le dehors. Soit, comme le souligne Jean-Luc Verna, « le corps dans tout ce qu’il a de trivial et de magique. » De politique, aussi. En parallèle à cette invitation au voyage en terre plus ou moins connue, cette sélection de films est alimentée, dans le hall de l’Espace Jean Vilar, par un « juke-box » visuel et sonore concocté par Jean-Luc Verna sous la forme de liens à piocher sur le web. Par l’intermédiaire de moniteurs et de casques, chaque spectateur aura donc l’occasion d’explorer une autre intimité de l’artiste, de découvrir une autre facette de ses intérêts et (belles) obsessions, de Nico à Diamanda Galas en passant par Delphine Seyrig, Marguerite Duras, Charles Pierce ou encore Vaslav Nijinski« , explique Eric Vidal, co-programmateur thématique du festival. Voir l’intégralité de la programmation.

Hommage à Bruno Nuytten et Joao Bénard da Costa

Comme chaque année depuis 2013, Les Ecrans documentaires lèvent le rideau sur le monde du cinéma, avec cette année un hommage par Caroline Champetier à Bruno Nuytten, cadreur et chef opérateur, directeur de la photographie de dizaines de films, mais aussi réalisateur, notamment de Camille Claudel. Manuel Mozos salue pour sa part la vie de Joao Bénard da Costa, disparu en 2009, directeur de la Cinémathèque portugaise pendant 18 ans mais aussi acteur. Dans son film De l’air, composé à partir d’archives de l’Ina, Henry Colomer dénonce pour sa part les opérations de communication de différents lobbies à propos de la pollution de l’air, tandis que Claire Simon filme le concours d’entrée à la Femis. Détail de la programmation

Programmation jeunesse : le sport en marge

Le programmation jeune public est cette année à dominante sportive Au programme : l’histoire de Laetitia par Julie Talon, championne du monde de boxe thaï sur le retour, Giant, de Salla Tykkä, qui superpose les images d’entraînement de jeunes gymnastes roumaines dans deux bâtiments mythiques de l’ère soviétique et leurs témoignages en voix off, ou encore Une minute Lumière : Football, d’Alexandre Promio, un extrait d’une minute en plan fixe, d’un match de football filmé à Londres. Plongeons, d’Axel Danielson et Maximilien Van Aertryck, rend compte de la terreur qui peut étreindre un humain en haut d’un plongeoir de 10 mètres… Vive le tour, réalisé en 1962 par Louis Malle, porte un regard tendre sur le Tour de France et Combat de boxe, tourné en 1927 par Charles Dekeukeleire, donne à sentir la violence du combat. Un peu d’aventure aussi avec L’Homme d’Aran de Robert J. Flaherty (tourné en 1934). Sur une île irlandaise, des pêcheurs capturent un énorme squale mais doivent affronter la tempête. « Au gré des courants cinématographiques et de leurs mutations, (Vertov chez Dekeukeleire, le cinéma direct chez Louis Malle) les films proposent un parcours chronologique à travers les disciplines reines du sport-spectacle, déjà mondialisé (Combat de boxe – 1927, Vive le tour – 1962) ou celles, moins exposées, astreintes aux doctrines étatiques (Giant – 2014). De la valeur narrative, inée ou acquise, du plan fixe et de son hors-champs (Minute football – 1897, Plongeons – 2016) au récit sonore agissant comme révélateur (Vive le tour !, Giant), les formes dialoguent de façon parfois inattendue et s’affranchissent des époques et du Temps« , défend  Manuel Briot. Détail de la programmation.

Hors les murs : de la vraie vie des caches à un étonnant hôpital psychiatrique au coeur de Venise…

Dans le cadre de la programmation hors les murs, la médiathèque de Gentilly accueille trois films.  San Clemente, de Raymond Depardon & Sophie Ristelhueber, raconte un hôpital psychiatrique situé dans une île au large de la place Saint-Marc. Les malades y mènent une vie libre. Ils participent même au carnaval de Venise. En marge de l’exposition, Papiers s’il vous plaît, qui explore les liens entre photo et justice à la Maison Doisneau, Raphaël Pillosio revient sur la loi qui a imposé, à partir de 1912,  le port d’un Carnet anthropométrique d’identité à destination des populations nomades. Il  a été remplacé en 1969 par le livret de circulation dont l’Assemblée nationale a voté la suppression lors d’une première lecture d’un projet de loi en juin 2015. A travers la restitution aux familles concernées , de photographies contenues dans les Carnets Anthropométriques, le film dresse un portrait de l’intérieur de l’hétérogénéité des «Gens du Voyage ». En contre-point, des historiens réfléchissent aux conséquences de cette loi.   Une visite guidée de l’exposition sera proposée le jour de la projection à 19h00, le 29 novembre. La projection se tiendra à 20 heures. Dans Bovines, la vraie vie des vaches, Emmanuel Gras s’interroge sur les états d’âme de ces ruminants. La médiathèque de Choisy-le-Roi projette de son côté La nuit remue, de Bijan Anquetil, histoire d’amitié, entre Soban et Hamid, que le voyage depuis l’Afghanistan jusqu’à Paris a réunis. Voir toute la programmation hors les murs

Ci-dessous la bande annonce du festival

Abonnez-vous pour pouvoir télécharger l'article au format PDF
Merci de votre lecture !

Nous mettons la plupart de nos articles en ligne gratuitement afin quʼils puissent être lus par tous mais lʼinformation a un coût.

C’est pourquoi, au-delà d’un certain nombre d’articles consultés gratuitement sur une période, nous vous proposons de vous abonner.

Si cet article vous a intéressé, et si vous souhaitez quʼil y a en ait beaucoup dʼautres, vous pouvez aussi contribuer à notre développement et à notre indépendance, soit en vous abonnant, soit en faisant un don, même modeste et ponctuel.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire aussi