Solidarité | Accueil Val de Marne (94) Ivry-sur-Seine | 06/09/2016
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Ivry-sur-Seine accueillera un camp de réfugiés de 350 places fin 2016

Ivry-sur-Seine accueillera un camp de réfugiés de 350 places fin 2016 © Julien Beller

Afin d’accueillir les réfugiés qui arrivent de Syrie, Érythrée, Irak, Afghanistan… avant qu’ils ne s’établissent dans différents petits squats et campements ou partent rejoindre Calais

pour tenter la traversée de la Manche, la ville de Paris a décidé d’ouvrir ses propres sites d’accueil, orientation et hébergement transitoire, en partenariat avec l’Etat. Le premier sera situé à Paris même, dans le 18e arrondissement, le second sur un terrain appartenant à la ville de Paris mais basé à Ivry-sur-Seine. L’ensemble sera administré par Emmaüs Solidarité. Inspiré des exemples de Grande Synthe, Munich et Sarrebruck, ce camp de réfugié est le premier en Europe à voir le jour en zone urbaine dense, revendique la mairie de Paris.

50 personnes seront issues de squats d’Ivry

Dès la mi-octobre, 400 places (600 à terme) ouvriront ainsi dans le 18ème arrondissement, dans un ancien entrepôt SNCF du 70 boulevard Ney. Le second site sera installé à Ivry-sur-Seine d’ici à la fin de l’année, dans l’ancienne usine des eaux de Paris située entre l’avenue Jean Jaurès et les quais de Seine. L’entrée serait située au croisement de l’avenue Jean Jaurès et de la rue de la Baignade, en bordure de Vitry-sur-Seine. Le site d’Ivry-sur-Seine accueillera 350 personnes dont 200 femmes isolées, 100 personnes en situation familiale et 50 personnes déjà implantées à Ivry dans différents squats, afin de contribuer à la résorption des campements de la ville. « Nous ne voulons pas opposer les misères, que les réfugiés soient politiques ou économiques, de Syrie, Roumanie ou France », motive-t-on ainsi au cabinet du maire d’Ivry.

Le site parisien accueillera tout le monde et aiguillera les femmes seules ou avec enfants à Ivry

Alors que le site de Paris proposera un accueil pour tous, avant proposition de mises à l’abri sur place ou ailleurs, jouant le rôle d’aiguillage, le site d’Ivry-sur-Seine n’accueillera que des personnes préalablement passées par l’accueil du site parisien, et qui seront transférées grâce à des navettes.

Le site parisien disposera en effet de trois pôles, chacun situés dans une bulle gonflable :  un pôle accueil qui proposera un entretien social, de l’aide juridique, et orientera vers une mise à l’abri,  un pôle soins où seront réalisés des bilans infirmiers par les équipes du Samu social de Paris et des consultations psychologiques et psychiatriques par Médecins du Monde, et un  pôle mise à l’abri dédié aux hommes seuls, où ceux-ci pourront dormir quelques jours, en attendant d’être orientés vers un hébergement adapté géré par l’État.

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Le site d’Ivry-sur-Seine aura deux pôles, un pôle soins un pôle mise à l’abri. Les familles, femmes isolées et femmes isolées avec enfants y bénéficieront d’un accompagnement sanitaire et social avec notamment des consultations gynécologiques…

Les deux sites seront administrés par Emmaüs Solidarité.

Financement à 80% par l’Etat et 20% par la ville de Paris

Le financement, lui, sera du ressort de la ville de Paris et de l’Etat. Pour l’instant, le budget du site d’Ivry n’est pas encore estimé mais son financement sera intégralement assuré par la ville de Paris et l’Etat.  Concernant le site du 18e arrondissement, il représente un investissement de 6,5 millions d’euros, assumé à 80% par la ville de Paris et à 20% par l’État. Une fois le camp de réfugiés ouvert, l’État prendra à sa charge l’intégralité des dépenses d’hébergement et partagera à parité avec la ville celles liées au fonctionnement de l’accueil de jour, indique la ville de Paris.

Des camps temporaires, en attente de reconversion urbaine

Les deux sites s’inscrivent chacun des projets de reconversion de la ville, celui de Paris devant accueillir un campus universitaire tandis que celui d’Ivry figure parmi les candidats de l’appel à projets Réinventer la Seine, sur la thématique de l’agriculture urbaine. Dans ce contexte, les aménagements qui y seront installés, sous des bulles gonflables, ont été conçues de manière entièrement modulables et faciles à déménager, afin de pouvoir libérer les lieux d’ici deux à quatre ans, promet la ville de Paris.

L’opposition en colère

A Ivry, la nouvelle n’a pas séduit à l’unanimité. « Les Ivryens ont le droit à une information exhaustive sur ce futur campement prévu avenue Jean Jaurès. Les Ivryens sont en effet très inquiets des conséquences de cette installation. La ville d’Ivry-sur-Seine vient tout juste de sortir de 4 ans où elle a subi le plus grand campement de familles Roms du Val-de-Marne qui accueillait plus de 600 personnes et qui errent aujourd’hui toute la journée dans les rues d’Ivry-sur-Seine. (…) Ivry-sur-Seine ne doit pas devenir un nouveau Calais », s’alarme Sébastien Bouillaud, président LR du groupe des élus de la droite et du centre qui dénonce un accord en « catimini« , s’inquiétant également du coût pour la ville. « Ce camp de réfugiés aura nécessairement un coût important pour les Ivryens ; comme le campement des Roms avait déjà coûté plusieurs centaines de milliers d’euros aux Ivryens. Les enfants seront scolarisés dans nos écoles communales. » Et l’élu de demander au maire de revenir sur une « décision hâtive. »

Les élus des villes riveraines demandent des explications

A Vitry-sur-Seine, qui touche quasiment l’entrée du futur site, et à Alfortville, les maires ont également réagi à cette annonce en demandant plus d’explications et de concertation.
Lire à ce sujet :

Levée de boucliers contre le projet de camp de réfugiés à Ivry-sur-Seine

 

 

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