Société | Val de Marne | 13/12/2016
Réagir Par

Le schéma d’accueil des gens du voyage en Val-de-Marne voté mais toujours polémique

Après des mois de débats concernant essentiellement le point de chute de l’aire de grand passage, le schéma départemental d’accueil des gens du voyage, qui comprend aussi de nombreux points sur la politique d’accompagnement de ces populations

et précise les obligations de chaque territoire en matière d’aire d’accueil de longue durée, a été voté après une ultime passe d’armes lors de la séance plénière du Conseil départemental de ce lundi 12 décembre. Le précédent schéma, voté en 2003, avait été annulé en 2007 suite à un recours au tribunal administratif.

Concrètement, le schéma départemental définit le critère de répartition territoriale des places par communes et territoires, le nombre de places à réaliser, le besoin d’une aire de grand passage ou non, permet la création de terrains familiaux et la réalisation d’opérations d’habitat adapté pour répondre à la demande de sédentarisation, définit le volet social, permet l’accès aux soins et assure la scolarisation des enfants issus de la communauté des gens du voyage. Le schéma est élaboré par une commission où siègent à la fois des représentants de l’Etat et du département.

Au total, 354 places doivent être disponibles dans le Val-de-Marne, hors aire de grand passage. A ce jour, seulement 71 places ont été réalisées à Créteil, Vitry-sur-Seine et Villeneuve-Saint-Georges. Les places manquantes sont pour l’instant détaillées par ville mais la compétence de gestion et entretien des aires d’accueil a été transférée à la Métropole du Grand Paris à compter du 1er janvier 2017.

Alors qu’il était prêt à être voté, le projet a fait l’objet de plusieurs polémiques durant toute l’année passée, à propos du lieu d’accueil de l’aire de grand passage (au moins 200 caravanes mais pour une période de quelques semaines), aucune ville ne se précipitant pour l’accueillir, à tel point qu’il fut un temps envisagé de choisir plusieurs sites pour instaurer une rotation entre ceux-ci. L’hypothèse triplant les discordes, elle fut rapidement laissée de côté au profit d’un seul site. Cet été, le choix se porta sur une terrain privé de Santeny, suscitant un tollé des habitants et des élus du Plateau briard. Après des semaines de bras de fer entre élus locaux et Etat, ponctuées d’une pétition et une manifestation, c’est Valenton qui accepta d’accueillir l’aire sur un terrain de l’Etat près de la Fontaine Saint-Martin, en bordure de Limeil-Brévannes. Cette aire pourrait voir le jour dès cet été.

Ce lundi 12 septembre, plusieurs question continuaient toutefois de faire débat. «Lors de la dernière commission consultative, la préfecture évoquait la nécessaire concertation et le besoin de mener des études avec les communes. Or, rien n’a eu lieu, je doute sur le dispositif et sur la façon de faire de l’État sur ce dossierIl est assez clair depuis le début qu’il y a une volonté de passer en force vis-à-vis des élus des collectivités locales», a regretté Olivier Capitanio, président du groupe LR et apparentés, estimant par ailleurs l’aire sous-dimensionnée «Elle permet d’accueillir entre 150 et 200 caravanes, or nous avons vu récemment que près de 400 caravanes se sont installées sur notre territoire. Comment répondre à cette arrivée massive ?» Du côté de Limeil-Brévannes, la maire LR, Françoise Lecoufle, a également demandée à être concertée, en tant que ville voisine de l’aire. «Pourquoi choisir Valenton, une des villes les plus pauvres du Grand Paris et seulement peuplée de 12 000 habitants?» a également reproché Metin Yavuz, conseiller départemental apparenté LR de Valenton-Limeil.

«On a mis trop de temps à répondre à cette nouvelle obligation légale pour une population dont il faut respecter le mode de vie. Nous sommes en retard. Ce n’est pas un accident ce qui nous arrive, c’est un événement heureux», a motivé Pascal Savoldelli, président du groupe FG. «La proposition de Valenton enlève une épine du pied de bien des élus du département et je vous rappelle ce que nous a dit le Préfet. Dès lors que l’aire de grand passage sera réalisée, il sera en droit de faire évacuer les terrains occupés illégalement», a également rappelé Christian Favier, président PCF du département, se voyant répondre par Olivier Capitanio: «On en reparle cet été».

Reste désormais à la Métropole du Grand Paris à mettre en oeuvre le schéma concernant les petites aires, en lien avec les communes ou les territoires. Un autre sujet qui promet pas mal de discussions en perspective.

10 commentaires pour Le schéma d’accueil des gens du voyage en Val-de-Marne voté mais toujours polémique
  • Je ne comprends pas pourquoi l’Etat doit s’adapter au mode de vie marginal de ces personnes, et pourquoi en tant que contribuable nous devons payer pour leur offrir des installations…

    les caravanes c’est pour « camper », et la ville n’est pas adapté pour cela … il y a une alternative : l’hôtel.

    • Vous avez bien raison, pourquoi le contribuable devrait payer du foncier urbain cher en petite couronne, déjà densément construite, pour les gens du voyage ? Les installer en grande couronne sur des terrains viabilisés, pas trop loin des transports ferroviaires suffirait. (moins cher , connecté à la ville pour ceux qui y travailleraient)
      On peut appliquer le même raisonnement au logement social : pourquoi loger des inactifs à Paris ou dans les villes bourgeoises où l’immobilier est cher ? Au point que les familles de vrais français ont du mal à s’y loger elles même !
      La morale civique voudrait que l’aide sociale, le logement social ne surclasse pas le travail comme source de revenu, ce qui est la cas si les classes moyennes logent en banlieue, et les inactifs à Paris.

  • bonsoir

    Tout à fait d’accord avec Rémy à un détail près l’hôtel mis à disposition serait aussi à la charge des contribuables avec à leur tête des marchands de sommeil qui pratiquent des prix indescents…….Il faut plus de fermeté dans ce pays……………les gens qui veulent y vivre doivent embrasser notre république et les coutumes qui vont avec!

  • Ces personnes que l’on appelle « les Gens du voyage » sont des français, ils n’ont donc pas à s’adapter (comme le dit Chayvialle ci dessus) à un pays qui est le leur depuis de très nombreuses générations. Ils font un choix de vie, celui de « voyager » , c’est leur choix et leur culture, nous sommes un pays de liberté, pourquoi devrions nous tous vivre de la même manière? On peut ne pas bien le comprendre mais soyons ouverts, soyons attentifs aux autres, c’est parce que nous sommes tous différents que nous nous enrichissons les uns les autres.

    • Je suis pour la liberté à 100% !

      chacun doit pouvoir faire ce qu’il veut quand il veut…. mais pas au frais des contribuables et dans les limites du cadre légale( je pense à l’occupation de terrain privée, dérivation eau/éléctricité).

      comme je le disais plus haut, si une des ces personnes à besoin d’aller en ville, il font comme moi, ils prennent une nuit ou deux à l’hôtel.

      c’est certains que si ils veulent venir à 100 ou 200 c’est plus compliqué, mais c’est comme un mariage, ça s’organise, ça se planifie et surtout ça se paye…

    • Donc s’il sont 100% français ils ne doivent bénéficier d’aucun de faveur et ne peuvent donc pas demander à bénéficier de terrains viabilisés payés par les autres contribuables. Ils doivent aussi payer leurs impôts et vivre d’activités légales et déclarés les revenus au fisc. Pourquoi une ville dépenserait 1 million € pour créer 30 places pour des gens qui ne payent pas d’impôts locaux alors que les enfants de ses contribuables n’ont pas de piscine pour les activités scolaires pourtant inscrites aux programmes de l’éducation nationale ? Exemple Bry sur Marne.

    • Donc s’il sont 100% français ils ne doivent bénéficier d’aucun traitement de faveur et ne peuvent donc pas demander à bénéficier de terrains viabilisés payés par les autres contribuables. Ils doivent aussi payer leurs impôts et vivre d’activités légales et déclarer les revenus au fisc. Pourquoi une ville dépenserait 1 million € pour créer 30 places pour des gens qui ne payent pas d’impôts locaux alors que les enfants de ses contribuables n’ont pas de piscine pour les activités scolaires pourtant inscrites aux programmes de l’éducation nationale ? Exemple Bry sur Marne.

  • Qu’ils continuent donc de voyager,sans stationner à nos frais : entretenir des oisifs avec l’argent de ceux qui bossent ! Celui qui veut vivre marginal en a le droit .Marginal mais pas parasite social !

  • C’est un droit, en République, de constituer un groupe à part . Mais ceci en ne bénéficiant aucunement du seul fait de ce choix, , de prérogatives attribuées , on se demande d’ailleurs pour quelle raison exacte- ce qu’il serait intéressant de préciser une fois pour toutes dans ce cas étonnant- et que Mr. JOSSO nous précise de quelle façon , selon lui, ce groupe à part apporte un enrichissement à tous les citoyens qui doivent, avec leurs impôts lui financer des aires de stationnements avec les avantages y afférents. Les caravanes et véhicules de ces personnes qui auraient, de façon romantique parait-il aussi, « choisi la liberté » donnent en général assez modérément l’impression qu’ils sont dans le dénuement autant que les pauvres bougres sous leur tente au bois de Vincennes…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *