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Société | Santeny | 12/09/2016
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150 manifestants contre le projet d’aire de grand passage à Santeny

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Du président du Conseil de territoire T11, Laurent Cathala (PS) au sénateur-maire LR de Saint-Maurice Christian Cambon en passant par le député PRG de la circonscription Roger-Gérard Schwartzenberg ou le maire de Santeny, Jean-Claude Gendronneau, tous en écharpe tricolore,  de nombreux élus ont manifesté ce lundi matin aux côtés des habitants du plateau briard et de la propriétaire du terrain, pour protester contre le projet d'implantation d'aire de grand passage pour les gens du voyage

« Qu’est-ce que ça va nous apporter, à nous, à part nous coûter encore de l’argent ? » , lance ce Santenois, résident du quartier des Graviers, près de l’ancienne gare SNCF de Servon-Santeny, à quelques centaines de mètres du terrain qui devrait accueillir l’aire de grand passage. « On n’a pas les infrastructures suffisantes, et les coûts annoncés (270000 euros) sont dérisoires, ils permettront à peine de clôturer le terrain » , appuie ce père de famille. « C’est peut-être des préjugés, mais on sait tous ce qui accompagne parfois l’arrivée massive de gens du voyage. Il y a des dégâts, sur le terrain, dans la commune, et parfois quelques faits divers que Santeny n’a pas l’habitude de connaître » , poursuit Sylviane, la cinquantaine, installée dans la petite commune briarde depuis 22 ans. « De toutes façons, ce terrain est totalement incompatible à cause de sa proximité avec la ligne TGV » , estime Yasmine Vigoureux, la propriétaire du terrain concerné, qui n’est pas vendeuse. « C’est une atteinte au droit de propriété. Il n’y a pas mon accord, je suis extrêmement choquée. Je préférerais vendre mon terrain à une entreprise qui crée des emplois« . La propriétaire, qui a déjà fait appel à un avocat, attend le vote définitif du projet, qui pourrait se tenir lors du Conseil départemental du Val-de-Marne du 17 octobre, pour l’attaquer en justice.

Imaginée dans la zone d’activités de la Butte Gayen, la future aire d’accueil serait voisine de quelques 200 entreprises.Les chefs d’entreprises locaux ne sont guère plus enthousiates. « C’est une zone qui a eu du mal à décoller mais qui a trouvé sa dynamique » , s’inquiète Christophe Goujon, toujours aux manettes de l’entreprise familiale DMG, créée en 1954 et dont 70% des clients sont des compagnies et plateformes aériennes. « On vend des produits alimentaires pour l’aérien, ce qui nous soumet aux mêmes normes de sécurité que les aéroports. Si je ne peux plus assurer cette sécurité à mes clients, notamment à cause des coûts qu’impliqueraient un renforcement de la sécurité, je perdrais mes clients » , anticipe déjà le chef d’entreprise. Pour Erick Debourdeau, responsable de PVC Alu Création, c’est aussi une question de sécurité personnelle. « Je me suis fait braquer par des gens du voyage ici même, en arrivant à mon travail, en février dernier : on m’a piqué ma voiture, mes ordinateurs, mon portefeuille, … Je n’ai pas envie d’aller travailler avec la peur au ventre. Alors, que compte faire le préfet pour cette question de sécurité ? Et puis la zone n’est pas du tout adaptée : il n’y a aucun trottoir, il faut créer des accès pompiers, la ligne TGV et la RN19 ceinturent la zone d’activités… » , estime l’entrepreneur.

Les élus locaux veulent être consultés

« C’est impensable que les élus locaux n’aient pas été consultés par le comité de pilotage. Au territoire, nous avons été prévenus à la fin juillet, sans consultation préalable. L’accueil des gens du voyage est une compétence qui passera sous le giron de la métropole du Grand Paris le 1er janvier 2017, et qui sera très vite déléguée aux établissements publics territoriaux » , s’agace Laurent Cathala, député-maire PS de Créteil et président du T11 (Grand Paris Sud Est Avenir). « La priorité de cette zone, c’est le développement économique. Les aires de grand passage ne peuvent pas toutes se situer dans le sud-est parisien ! Il n’y a en aucune dans le nord, aucune à l’ouest, alors qu’on parle tout le temps du rééquilibrage est-ouest » , reprend le député . Pour Roger-Gérard Schwartzenberg, député PRG de la circonscription, « la procédure n’est pas satisfaisante. Il n’y a pas eu d’étude d’impact, et ce n’est pas une majorité solide qui a voté ce projet. Les aires de Créteil et de Villeneuve-Saint-Georges fonctionnent très bien, mais ici, ce terrain n’est pas adapté. Donc je dis oui à une aire de grand passage, mais pas ici. »

 

 

Pour Christian Cambon, sénateur-maire LR de Saint-Maurice, le choix de Santeny est une nouvelle façon pour l’Etat de se décharger « des problèmes » en Val-de-Marne. « Il y a eu l’aire d’acueil du bois de Vincennes, maintenant le camp de réfugiés à Ivry-sur-Seine, et cette aire de grand passage. Mais que font les autres départements ? 80% d’entre eux n’ont toujours pas identifié de terrain pour installer ces aires, pourquoi le Val-de-Marne doit aller plus vite ? Pourquoi Paris ne remplit pas son rôle ? » . Le maire (SE) de Santeny, Jean-Claude Gendronneau, s’étonne lui de « voir un projet qui traîne depuis quinze ans s’accélérer en quelques semaines. Il est hors de question de ne pas appliquer la loi, mais on est en colère. Je ne sais pas non plus ce qu’il adviendra de ce terrain quand il ne sera pas occupé. On est contre cette décision de ne pas prendre en compte l’avis de ceux qui vont le vivre au quotidien » Le conseil municipal de Santeny, qui se réunira ce lundi 12 septembre dans la soirée, devrait voter une délibération pour demander le retrait de l’ordre du jour de la question au menu du prochain conseil départemental, le 17 octobre. « On ne s’arrêtera pas » prévient Jean-Claude Gendronneau.

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Pour rappel, la loi du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage prévoit dans chaque département la mise en œuvre d’un dispositif d’accueil, reposant sur le schéma départemental d’accueil et d’habitat des gens du voyage. Il définit les aires d’accueil destinées à des petits groupes, en fonction de la taille des communes, et des aires de grand passage destinées aux groupes plus importants. C’est un comité co-présidé par le Conseil départemental et la préfecture qui a été en charge de l’élaboration de ce schéma, qui organise également les actions d’accompagnement dédiées à ces populations. La validation définitive de ce schéma devrait être votée lors du prochain conseil départemental, le 17 octobre. Le précédent schéma, approuvé en 2003, avait été annulé en 2007 suite à un recours au Tribunal administratif.

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