Politique locale | Charenton-le-Pont | 05/01/2016
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Maire de Charenton-le-Pont, Jean-Marie Brétillon va passer la main à Hervé Gicquel

Ce lundi 4 janvier 2016, c’était la dernière séance de voeux en tant que maire pour Jean-Marie Brétillon. Le maire LR de Charenton-le-Pont a annoncé qu’il passerait la main à son premier adjoint Hervé Gicquel, déjà élu conseiller départemental en mars 2015, au printemps 2016.

De quoi charger en émotion cette cérémonie, déjà démarrée de manière grave par l’évocation des meurtiers attentats de janvier et novembre 2015. « L’année dernière à la même époque, je vous exprimais tous les espoirs que nous fondions sur l’année 2015. Hélas, 2 jours plus tard, survenaient les assassinats des journalistes de Charlie Hebdo, de 2 policiers, suivis peu après de la prise d’otages sanglante de l’Hyper Casher de la Porte de Vincennes. Ce n’était qu’un premier drame puisque nous avons connu, le vendredi 13 novembre dernier, l’horreur absolue« , a ainsi commencé le maire de Charenton.

Après avoir évoqué la longue histoire de la ville, rappelant qu’elle avait été citée par l’empereur romain Jules César lui-même, à l’époque sous le nom de Caranto, s’appuyant sur une rétrospective en cartes postales, Jean-Marie Brétillon est revenu sur les actions successives des municipalités depuis la fin de la seconde guerre mondiale, avec le docteur Guérin, Alain Griotteray dont il était adjoint à l’urbanisme et aux affaires scolaires, puis lui-même depuis 15 ans. « Nous avons construit le quartier de Valmy, le parc de Conflans, le quartier de l’Archevêché, des écoles, des crèches. J’ai pris la relève en embellissant la ville, en recréant la place de l’église, l’opération cœur de ville, le square Jules Noël, la place Henri IV, et puis le T2R, l’espace jeunesse, la maison médicalisée, le lycée R. Schuman, d’autres crèches, d’autres écoles, Tony Parker, les stades. » Et l’élu d’évoquer également l’arrivée de la Médiathèque de France à la place de l’école d’architecture dans le quartier de Conflans Sellier. « Quand on se souvient de ce qu’on voulait nous imposer, on l’a échappé belle (…) Ce bâtiment avait été choisi pour héberger un collectif de peintres qui squattait un bâtiment de l’Etat à Paris et dont le ministre de la Culture de l’époque en personne voulait se débarrasser pour l’installer ici, à Charenton ! Ca a été limite…« , s’est souvenu l’élu. « Oh ! Tout n’est pas rose : il a fallu également créer une vraie police municipale qui sera armée dans quelques jours. Elle surveille nos parcs et nos rues, maintenant jusqu’à 2h45 du matin car il y a encore quelques mauvais garçons à Charenton. »

« On ne peut réussir que ce qui nous passionne »

A chaque époque ses défis et les élus pour les relever. Alors que 2016 marque l’année de la naissance de la métropole du Grand Paris (MGP), le maire de Charenton a décidé de passer le relais. « La page se tourne et Charenton doit faire face à de nouveaux enjeux et un nouvel avenir qui prendra la forme de l’EPT et de la MGP, ça vous fait rêver : moi pas. Mon enthousiasme et ma vitalité s’émoussent à cette perspective de métropole qui ne répond plus à mes ambitions et à mes rêves pour cette ville que j’aime. On ne peut réussir que ce qui nous passionne. Je n’ai pas le cœur à accompagner l’obligation qui est faite à l’élu de terrain que je suis de se déresponsabiliser au profit d’une assemblée de 209 membres. Je suis égoïste pour ma ville et ne me résout pas à partager des richesses qui sont celles des Charentonnais, grâce aux entreprises que nous avons attirées chez nous avec des milliers d’employés qui, directement ou indirectement, participent à la prospérité de Charenton. Je ne suis pas d’accord pour que ces fruits de la réussite nous soient confisqués alors que nous nous sommes obligés à une gestion rigoureuse et économe. On nous demande d’appliquer le contraire de la morale de la fable : la cigale et la fourmi. Quand certains dansaient tout l’été avec l’argent des contribuables, d’autres économisaient en prévision des temps difficiles. Aujourd’hui, on nous impose la péréquation, mot que La Fontaine ne connaissait pas. De même, je ne veux pas me laisser dicter la construction de tel ou tel type de logements à un endroit qu’on m’imposerait et qui ne serait pas conçu pour loger en priorité nos Charentonnais« , a motivé l’élu.

Hervé Gicquel, conseiller départemental et premier adjoint, sera le nouveau maire

Herve Gicquel
C’est Hervé Gicquel, son actuel premier adjoint, qui devrait prendre la succession. « J’ai volontairement mis fin à mes 17 ans de Conseil général pour permettre à mon 1er adjoint, Hervé Gicquel, de démontrer son talent, et il l’a fait : ses interventions au Conseil Départemental, surtout dans le domaine financier, sont redoutées et il faut souvent attendre la séance suivante pour que l’exécutif puisse répondre à la pertinence de ses questions. Bravo !« , a lancé hier le maire en guise d’encouragement. « La société change, il faut de l’innovation, de l’enthousiasme, de la jeunesse. (…) J’ai largement dépassé 40 ans de mandat, j’ai été un maire heureux mais ce qui m’importe surtout, c’est que vous le soyez et pour cela, si vous saviez combien il faut déployer d’énergie et de patience ! (…) Je ne vous abandonne pas, je continuerai à parcourir nos rues, à pieds, à bicyclette, à faire mon marché le samedi », a conclu l’élu, avant de faire venir le rejoindre sur le devant de la scène.

 

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24 commentaires pour Maire de Charenton-le-Pont, Jean-Marie Brétillon va passer la main à Hervé Gicquel
  • Un peu étonnée du départ de notre Maire, alors pourquoi c’être représenté à nouveau pour laisser ensuite son mandat de Maire. Il faut savoir aller jusqu’au bout de ses idée. Je suis trés déçue ayant depuis de nombreuses années. Le connaissant aussi lorsqu’il tenait sa pharmacie.
    La ville va connaitre une régression de laisser son poste, se débattre dans les difficultés à venir.
    je suis fortement déçue et je pense que je serai pas la seule

  • La ville ne connaîtra aucune régression car son successeur présumé, M. Gicquel, a toutes qualités pour officier en tant que 1er magistrat de la ville.

  • Je rejoins à 200% la remarque de Vittoria.
    Ces méthodes datent d’un autre temps !
    Comment un personnage qui a exercé 40 ans durant cette fonction en cumulant celle de conseiller Général peut partir en campagne sachant qu’il devra laisser sa place (cumul de mandat dès 2017).
    C’est indécent et irrespectueux pour les électeurs que sont ses administrés.
    Ou bien alors, estimait-il que son « dauphin » n’avait pas de chance de remporter aussi facilement l’élection en 2014…
    Le doute plane, reste à le lever : que le Conseil municipal démissionne et que de nouvelles élections se déroulent. Sa légitimité en découlera…ou pas 😉

    • tout à fait d’accord! il doit y avoir une election partielle à Charenton! trop facile de transmettre au Dauphin! nous ne sommes plus sous la Royauté que je sache!

      • Dans notre république les élections municipales sont un scrutin de liste.
        C’est le conseil municipal qui élit le maire et ses adjoints. Et quand un élu démissionne (depuis le début de cette mandature c’est le deuxième élu qui démissionne), le suivant sur sa liste rentre au Conseil municipal et ce dernier réattribue par élection les fonctions, que ce soit délégué, adjoint ou maire.
        Cela permet de garder une stabilité et à l’équipe élue d’aller jusqu’au bout de la mandature. Notre démocratie fonctionne comme cela et sur cette modalité s’en porte bien.

  • M. Brétillon a conquis la Mairie en 2001, porté par le dévouement et l’enthousiasme d’une équipe qui a cru en l’homme et au projet défendu. Au sein du Conseil Municipal actuel, il ne reste que 22% de ces élus de la première heure. Certains sont partis de leur plein gré, d’autres ont été évincés souvent de façon ignoble, salis et dénigrés. Sans regrets, j’ai consacré 13 années de ma vie (2001-2014) à mes fonctions de Conseiller Municipal de Charenton, sur la liste du maire. J’ai vu certains de mes collègues partir dans de grandes souffrances, traités comme des moins que rien. En politique comme ailleurs, il y a des limites à ne pas franchir. J’espère que le futur Maire de Charenton aura un autre comportement et saura respecter ses anciens amis, à l’image par exemple du Sénateur-Maire de Saint-Maurice, Christian Cambon!

    • je suis d’accord! Mr Cambon est d’une très grande classe et très humain!

    • A quoi rime ce déversement de haine et de frustrations ? Le maire de Charenton a « tiré sa révérence » auprès des Charentonnais avec beaucoup de noblesse, dignité et émotion ». Il l’a fait , à un moment où le maximum de personnes pouvait l’entendre . Restons en là, repoussez vos rancoeurs et remercions le pour tout ce qu’il a pu faire de positif. Et tournons nous vers l ‘avenir sans à nouveau s’apprêter à salir son successeur. Lequel , avec l’expérience et le savoir faire qui le caractérisent , a toute légitimité et compétences pour lui succéder.

  • je pense surtout qu’il se débine car son projet du quartier du Pont a du plomb dans l’aile et qu’il ne veut pas perdre la face…

  • Marie Louise, même le maire de Saint-Maurice a déjà désigné son successeur. La méthode ne vaut pas mieux que celle de Brétillon
    Cambon / Brétillon / Herbillon, le trio des « tontons flingueurs » du Val de Marne qui se fichent pas mal de ceux qui les élisent.
    Comme Attila, après eux, l’herbe ne repoussera pas 😉

  • Lorsqu’on sait avec quelle légèreté, pour ne pas dire connivence (avec les promoteurs), M. Brétillon a densifié notre ville sans service public idoine, on peut tout à fait s’interroger sur le tour de passe-passe classique des politiciens qu’il utilise là.

    Ce passage de relais en cours de mandat évite une élection.

    Ce n’est pas brillant. Mais, malheureusement, rien que de très normal chez les affairistes…

  • Très bien, un politique qui ne s’accroche pas à son siège. A 72 ans il est temps de prendre sa retraite, la vie est malheureusement courte.
    Pour note ville, que le nouveau maire soit un quadra et l’ancien 1er adjoint, avec de l’expérience politique et ayant réussi, entre autre aux finances, est une très bonne chose.
    Tous mes vœux à notre futur nouveau maire.

    • Tout à fait d’accord. Oser et savoir se retirer est un art que peu de « grands » semblent maîtriser. Et encore plus subtil est le talent de celui qui a su préparer sa succession. Les Charentonnais ne sont pas abandonnés…

  • Le bilan de M. Brétillon est bien suspect, par-delà la com’ dont il est coutumier.

    Des milliers de personnes, surtout personnes âgées et enfants, lui doivent l’air vicié qu’ils respirent chaque jour durant depuis 15 ans qu’il dirige notre ville (après avoir été maire-adjoint à l’urbanisme de son précédent maire).

    En 15 ans, M. Brétillon n’a en effet pas trouvé le temps, parmi ses activités d’embellissement, pour faire admettre l’impérieuse urgence (à minima) d’un mur anti-bruit, végétalisé, quai des carrières, tout du long duquel passe l’autoroute A4 et à proximité immédiate aussi du périphérique. Ce bas de Charenton-le-Pont, où vit pas loin de la moitié de la population charentonnaise, est ignorée et sacrifiée.

    En revanche, il a eu le génie d’imaginer implanter à cet endroit… notre lycée Robert-Schuman !

    Cerise sur le gâteau, M. Brétillon a octroyé au promoteur NEXITY, propriétaire opportun de ce terrain du bas de Charenton, un autre terrain mais situé, lui, sur le plateau, en lisière du bois de Vincennes (l’ex-lycée technique Jean-Jaurès).

    Il avait pourtant obtenu auprès de la région de récupérer cet ex-lycée Jean-Jaurès… au motif qu’il le mettrait à la disposition des associations !

    Puis, il lui délivre un permis de construire afin d’édifier un immeuble de très haut standing qui dépasse, notamment en hauteur, les normes du Plan local d’urbanisme.

    A travers cet exemple, tout est dit de la politique de la ville qu’a mené M. Brétillon durant ses 15 années de mandat. Il fut un homme d’affaires plutôt qu’un homme politique. Les promoteurs ont pris leurs quartiers dans notre ville, et il reste toujours deux Charenton : le bas et le haut, deux populations qui s’ignorent, les pauvres et les riches.

    M. Brétillon peut ensuite donner dans la charité, dans le droit fil de la démagogie libérale et social-chrétienne.

    Lamentable.

  • Eh oui il y a bien deux Charenton le bas et le haut. le Centre super bien illuminé pour les fêtes et les pauvres av de la liberté rien de rien; En plus on profite que les gens soient partis au mois d’août pour mettre le stationnement payant partout, on supprime donc le stationnement gratuit pour les résident, ce n’est pas parce que l’on a une voiture qu’on est riche loin de là. On construit de beaux immeubles, mais est ce que l’on pense à isoler la gare qui se trouve av de la Liberté pour empêcher les nuisances chaque jour et nuit aux personnes habitant à proximité alors que l’on nous l’avait promis. Enfin il vaut mieux s’arrêter là et espérer que le nouveau Maire pensera aux gens d’en bas.

  • M. ENJOUE : je ne vois pas ce que vient faire votre « phrasé » de conclusion.
    On peut vous en citer une palette entière de « droit fil de la démagogie communiste et socialiste » surtout en ce jour de commémoration de la mort d’une des plus grandes crapules de président de la Vème

    Et puis sur la distinction « riche » et « pauvre », on n’est plus au XVIIIème siècle. Cela s’appelle de la mixité sociale imposée par une loi stupide imposant des quotas…et un % de logements sociaux qui coûtent une fortune aux contribuables, alors qu’il faudrait privilégier l’accès à la propriété pour tous…

    Bref, sur le reste je vous rejoins.

  • Ayant obtenu la condamnation (visant des arrêtés illégaux pris à mon encontre) au civil et au pénal de ce sinistre individu, qui a géré sa ville en affairiste inique, je n’ai qu’un mot : ENFIN.

  • Jean-Marie Brétillon est capable d’exercer des pressions terribles sur les élus de sa majorité pour parvenir à ses fins, et je sais de quoi je parle. Depuis qu’il est maire, il s’est, sans ménagement, séparé des élus ayant le plus de personnalité, aboutissant ainsi à un taux de renouvellement très élevé, surtout chez les femmes (17 femmes ont quitté leur fonction en 15 ans pour une quinzaine sièges à pourvoir). Cette stratégie permet à sa fille, arrivée au Conseil Municipal en 2008, de bénéficier d’une ascension fulgurante : aujourd’hui, elle est maire-adjoint à l’Urbanisme et à la Petite enfance et désignée officiellement future Conseillère Territoriale de la Métropole du Grand Paris !
    Cet épisode ne restera pas comme une belle page de l’Histoire de Charenton-le-Pont!

  • Il faut féliciter Hervé Gicquel qui entame une carrière d’apparatchick cumulard ; déjà conseiller départemental, depuis quelques mois, ajoute une nouvelle perle à son collier…..Gageons qu’il ne s’arrêtera pas là…..

  • Laissons déjà Hervé Giquel faire ses preuves en tant que Maire : laissons lui sa chance!

  • Le problème est qu’en même pas un an et à moins de 40 ans, Gicquel est devenu conseiller départemental, conseiller territorial et maire. Comment voulez-vous qu’il exerce correctement chacun des 3 mandats ? Et comment faire croire que la jeune génération fait de la politique autrement alors que perdurent les vieilles pratiques telles que le cumul des mandats et le népotisme (la fille de JM Brétillon est adjointe au maire grâce à son papa qui lui a fait une place au soleil) ?

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