Manifestation | | 26/05/2016
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Manif lycéenne soutenue pour défendre les élèves sans papier, à la rue

Manif lycéenne soutenue pour défendre les élèves sans papier, à la rue

Dormir dans la cave d’un temple protestant, dans un foyer pour SDF et parfois même dans la rue… Pour les lycéens sans-papiers dont la situation n’est plus accompagnée, le quotidien peut vite devenir cauchemardesque. C’est pour les soutenir et réclamer leurs régularisations qu’une grosse centaine de lycéens a répondu à l’appel du réseau Education sans frontières (RESF) ce mercredi devant la préfecture de Créteil, accompagnés de professeurs.

Le dénominateur commun, c’est qu’ils n’ont personne ici, en France, aucun proches, aucune famille” , constate M. Dehak, professeur de lettres et d’histoire au lycée professionnel Jacques-Brel, à Choisy-le-Roi, dont six élèves espèrent être régularisés. “Quand tu apprends que ton pote est à la rue, alors que tu ne savais même pas qu’il était sans-papiers, tu peux pas rester sans rien faire” , s’exclame Ryan,  du lycée Léon-Blum à Créteil.

Ouma et Fanta par exemple, ne sont plus prises en charge par les services de l’aide sociale a l’enfance (ASE) qui accompagne les mineurs isolés étrangers jusqu’à leurs 18 ans, parfois 21.  Il y a aussi Guy-Raoul, dit “Kéké”, qui vient de Côte d’Ivoire, et a du abandonner un début de carrière prometteur au club de football de l’US Créteil a cause de ses problèmes administratifs. “Il a dormi tout l’hiver dans une pièce sans chauffage, et il doit prendre sa douche au lycée” , relate Grégory Germain, son professeur au lycée Jacques-Brel. Ali,  pourtant très discret, est pour sa part devenu la coqueluche des lycéens. “C’est un élève tout à fait normal, qu’on a remarqué seulement quand il a commencé a porter physiquement le poids de ses soucis, fin mars” , se rappelle son prof. Très vite, une collecte se met en place dans le lycée et Ali dispose de quelques produits essentiels pour se laver, s’habiller et payer ses transports en commun. Aujourd’hui, il vit dans un foyer pour SDF, fermé le weekend. “Il partage sa chambre avec un quinquagénaire alcoolique et violent, qui le menace constamment. Il n’en dort plus et ça se voit dans ses résultats scolaires” , regrette son enseignant.

30 régularisations tous les 2 mois au mieux

Selon le collectif RESF, ces cas, qui se compteraient par dizaines dans  le Val-de-Marne, sont étudiés par les services de la préfecture qui acceptent de recevoir 30 dossiers tous les deux mois. “On nous explique que 30 dossiers c’est assez, vu que les jeunes peuvent prendre rendez-vous en ligne. Mais, capture d’écran à l’appui, on peut assurer qu’il est impossible de prendre RDV : le site indique toujours qu’il n’y a pas de plages horaires disponibles. Il y a même des lycées où les élèves font des pétitions pour que leurs camarades obtiennent des rendez-vous ! La file d’attente qui faisait désordre, il y a quelques années, devant les préfectures, est devenue virtuelle. C’est tout simplement une politique du quotas qui ne mérite pas son nom” , estime Pablo Krasnopolsky, membre de RESF94 et l’un des organisateurs du rassemblement, soutenu également par plusieurs syndicats (CGT, Snes-FSU) et par le PG. “C’est une situation quasiment insupportable, source d’angoisse pour les élèves à mesure que la fin de l’année approche. Tant qu’il y aura des jeunes qui se retrouvent à la rue, on continuera de mobiliser les parents d’élèves, les professeurs et les lycéens. La question est simple : est-ce qu’on a le droit d’abandonner des jeunes comme ça, en chemin, sur le bas côté de la route ?” , explique-t-il. Dans l’après-midi, une délégation a été reçue en préfecture.

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