Inondation | Val-de-Marne | 13/06/2016
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Premier bilan des inondations dans le Val-de-Marne

Premier bilan des inondations dans le Val-de-Marne

12 600 habitants sinistrés, 2000 évacuations, 370 personnes accueillies en hébergement d’urgence, 5700 logements impactés, 3000 coupures d’électricité, les RER C et D coupés, 5 km de routes départementales inaccessibles, une petite dizaine d’établissements scolaires et crèches fermés, des patients de plusieurs cliniques et Ehpad transférés, et plus de 1200 personnes mobilisées…

Ce vendredi 10 juin, le préfet du Val-de-Marne et le président du Conseil départemental tenaient une conférence de presse pour dresser un premier bilan des inondations suite aux crues de la Seine, la Marne et leurs affluents, lors des premiers jours de juin. Le bilan financier reste à venir. 28 communes ont déposé une demande de reconnaissance d’état de catastrophe naturelle, dont 11 l’ont déjà obtenue.

Entre 60% et 70% du débit de la crue de 1910

Dans le département, la crise s’est passée en deux temps, avec une première inondation du côté du plateau briard  et du Haut Val-de-Marne, liée à la montée des eaux du Morbras, du Réveillon et de l’Yerres, provoquant l’évacuation de quelques habitations dans un quartier de Sucy-en-Brie dès le mardi 31 mai. La crue a ensuite concerné la Seine et l’Yerres du côté de Villeneuve-Saint-Georges, Villeneuve-le-Roi, Ablon, Choisy, provoquant près de 2000 évacuations, entre le 1er et le 3 juin. La Marne a également été en crue mais de manière plus contenue, ne nécessitant pas d’évacuations. Par rapport à la crue de 1910, les débits de crue de la Marne et de la Seine ont été respectivement de 60% et 70%.

Des exercices de prévention qui ont facilité la coordination

Entre les 780 sapeurs-pompiers, 200 bénévoles de la Croix rouge, 200 agents départementaux, 70 militaires (dont 22 de la DGSGGC)… ce-sont plus de 1200 personnes qui se sont déployées sur le terrain, sans compter les agents communaux sur place, les volontaires spontanés, les entreprises qui ont prêté main forte et les 50 personnes mobilisées au Centre opérationnel départemental (COD) qui s’est réuni plusieurs fois par jour durant toute la crise. Si une telle crue n’avait pas été vue depuis les années 1980, le département s’y était préparé. Trois exercices se sont ainsi tenus depuis 2014, dont Sequana 2016, en mars 2016, permettant de travailler à la coordination des équipes.  Des répétitions auxquelles ont participé de nombreuses villes du département et qui ont, de l’avis de tous, joué leur rôle. « Les exercices permettent de créer des réflexes, de bâtir un mode d’emploi et de faire coïncider les objectifs de chacun », détaille le directeur de cabinet du préfet, Pierre Marchand-Lacour. « Pas un service ne peut prendre le pas sur l’autre », ajoute le lieutenant colonel Michel Rimlé, de la Brigade des sapeurs pompiers de Paris. « Nous avions appris à parler le même langage, explique Josiane Martin, directrice générale des services du Conseil départemental. Ces exercices ont été très utiles, à la fois concernant la coopération entre les services mais aussi entre nous. Nos dispositifs de pilotage interne ont bien fonctionné. » Si certains reconnaissent qu’en situation réelle, il y avait une bonne dose de stress en plus, les plus habitués aux situations de crise semblent avoir passé la semaine sans ciller. Bien-sûr, il a aussi fallu réagir sur des aspects qui n’avaient pas forcément été envisagés. « Notre plate-forme téléphonique 3994 était prévue pour les jours de semaine, nous avons du la reprogramme en urgence pour qu’elle soit accessible durant tout le weekend et mobiliser des agents pour répondre », cite Josiane Martin. Les dispositifs matériels ont aussi tenu la route. « 320 brèches ont été fermées en 48 heures sur 30 km de linéaire de murettes anti-crue qui ont été surveillées tout au long de la crue », détaille Christian Favier, président PCF du Conseil départemental. Le sénateur, comme le préfet, ont salué tour à tour la réactivité des collectivités concernées mais aussi la solidarité des autres communes et de leurs habitants, lors de cette situation exceptionnelle. « La préfecture a, dès le 31 mai, anticipé le scénario le plus défavorable. Grâce à cette anticipation, des moyens ont été rapidement déployés », souligne le préfet Thierry Leleu, citant les moyens nautiques des pompiers, le concours de l’armée, le pré-positionnement de 8 générateurs électriques à forte capacité pour assurer l’alimentation des établissements de santé et autres administrations indispensables. Une chance aussi : les inondations ont eu le bon goût de ne pas tomber pendant l’Euro… confient des responsables à la sortie de la conférence de prese.

Reloger les familles qui étaient en logement précaire

A ce jour, une majorité des habitants évacués ont pu rentrer chez eux mais ce 10 juin, encore 200 personnes étaient en hébergement d’urgence. Concernant le relogement, la question la plus délicate sera celle des familles qui habitaient dans des conditions très précaires, par exemple en sous-location de caravanes, et ne peuvent y retourner. Une trentaine de familles représentant une centaine de personnes seraient concernées, au vu des premières estimations. Leur situation devrait être examinée par la Drihl (direction régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement). Les habitants qui retrouvent des maisons dévastées sur un étage complet ne sont pas non plus au bout de leurs peines. C’est maintenant qu’ils réalisent le temps long qu’il leur faudra pour tout remettre en état. A Villeneuve-Saint-Georges, la maire a d’ores et déjà sollicité l’intervention de l’Etat pour aider les populations les plus démunies face à cette catastrophe.

Après l’inondation mode d’emploi

Pour accompagner les sinistrés dans leurs démarches, des permanences assurance ont été installées à Villeneuve-Saint-Georges, Villeneuve-le-Roi et Ablon-sur-Seine. Des affiches (voir ci-dessous) ainsi qu’un guide pratique pour se faire indemniser (télécharger ici) ont également été distribués.

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