Politique | Val de Marne | 20/10/2016
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Primaire: l’élimination de Cécile Duflot interroge les écologistes

Primaire: l’élimination de Cécile Duflot interroge les écologistes © Bruno Levy

C’est un peu un coup de tonnerre pour les écologistes, et aussi un avertissement pour l’autre primaire de gauche… Au terme du premier tour de la primaire EELV, Cécile Duflot, que certains voyaient l’emporter dès le premier tour, s’est vue éliminer au profit de deux candidats d’abord connus pour leur militantisme dans  la société civile.

Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France de 2002 à septembre 2008,  cofondateur et porte-parole de L’Alliance pour la planète au nom duquel il a participé au Grenelle de l’environnementpuis député européen EELV depuis 2009, est arrivé en tête du scrutin avec 35,61% des voix, devant Michèle Rivasi, également députée européenne, cofondatrice de la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité), présidente de la Criirem (Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques) et aussi  directrice de Greenpeace France de septembre 2003 à novembre 2004. Cette dernière se qualifie également pour le second tour avec 30,16% des voix.  Derrière, la val-de-marnaise Cécile Duflot, ancienne maire-adjointe de Villeneuve-Saint-Georges mais surtout ex-secrétaire nationale d’EELV, députée de Paris, et ministre du Logement de mai 2012 à avril 2014, ne comptabilise que 24,41% des suffrages malgré le soutien de la majorité des cadres et parlementaires du parti. Un coup dur qui étonne tout le monde. En dernière position, la députée européenne Karima Delli réalise 9,82%. Au total, seulement 12 500 personnes ont voté. Le second tour aura lieu par correspondance jusqu’au 4 novembre.

Du côté de ses soutiens, on ne cache pas sa déception et sa surprise, à l’instar de Mehdy Bellabas, le co-secrétaire départemental, qui faisait partie des soutiens affichés de l’ancienne ministre. Daniel Breuiller, maire EELV d’Arcueil fait également par de son désarroi tout en invitant à analyser le sens de ce premier tour. « Les électeurs écologistes ont voté un peu comme la population s’apprête à la faire, en rejetant l’action gouvernementale et la politique traditionnelle. Cécile Duflot a été injustement victime de ce rejet. Elle est sortie du gouvernement et ce n’était pas si facile que cela. Je comprends ce désir de valoriser les combats écologistes et  l’engagement associatif. Je crains en revanche que cette volonté de rénovation ne fasse  l’impasse sur la nécessité d’être présent dans les institutions », estime l’élu, qui n’a pour l’instant pas fait son choix, et attend le débat entre les deux canidats restants pour prendre position. « Quoi qu’il en soit, je soutiendrai le candidat écologiste qui sera élu au second tour. Je pense aussi qu’il y a urgence à construire l’alternative et à se rassembler à gauche, de Montebourg à Mélenchon, avec les écologistes« , ajoute le maire d’Arcueil.

Soutien de Yannick Jadot, Annie Lahmer, conseillère régionale, avoue également sa surprise. Pour l’élue, ce n’est pas le passage au gouvernement de Cécile Duflot qui lui a porté préjudice mais son incapacité à rassembler après en être sortie. « Lorsqu’elle a quitté le gouvernement, elle disposait d’une forte majorité dans le parti mais elle n’a pas su analyser la situation et chercher le consensus. Elle s’est enfermée avec quelques proches au lieu de s’ouvrir et de rassembler. Sauf que beaucoup de ces proches sont partis, de Jean-Vincent Placé à Emmanuelle Cosse, qu’elle avait mise à la tête du parti.  Le système d’oligarchie qui décidait par exemple de qui serait parlementaire a été un échec. Des députés sont partis et nous n’avons plus de groupe, alors que nous aurions pu faire confiance aux militants« , analyse l’élue locale, qui invite aussi à s’interroger sur le poids du parti dans la vie politique française, alors que seulement 12 000 personnes ont participé au scrutin de premier tour.

La députée Laurence Abeille, qui soutient également Yannick Jadot, se dit étonnée mais pas complètement surprise. « Je le sentais venir car autour de moi, chacun me disait aller voter pour tel ou tel mais jamais pour Cécile Duflot. En même temps, ne me disais que cela n’était pas possible« , indique la  parlementaire, considérant que l’ancienne secrétaire nationale a commis des erreurs avant même son entrée au gouvernement, au sein du parti comme au sein du groupe à l’assemblée, pointant un parti avec une écurie et des distributions de postes tout en affichant un discours radical à l’extérieur. Au-delà, la députée  analyse aussi le scrutin comme un signe fort en faveur de l’engagement associatif. « Cela montre que l’on doit trouver d’autres moyens de faire de la politique plus en phase avec la société actuelle, cela passe par des liens plus approfondis avec le terrain. Il y a quelque chose à inventer pour donner leur place aux associations qui mènent d’ores et déjà des combats politiques. Cette élection aura au moins eu le mérite de mettre les projecteurs sur des gens formidable. »

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