Politique locale | Val de Marne | 28/08/2016
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Sénatoriale Val-de-Marne: le départ de Luc Carvounas suscite les vocations

Sénatoriale Val-de-Marne: le départ de Luc Carvounas suscite les vocations
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Ca se bouscule pour mener la liste socialiste à la sénatoriale de 2017 en Val-de-Marne.  L'élection ne se tient que dans un an mais les investitures se discutent dès maintenant, et le départ de Luc Carvounas ouvre le débat.

En 2011, alors que la gauche avait réussi à présenter une affiche commune à cette élection à laquelle ne votent que des grands électeurs (conseillers départementaux, conseillers régionaux, députés, sénateurs et délégués des conseils municipaux), Luc Carvounas avait mené la liste. Premier fédéral du PS Val-de-Marne, conseiller départemental et directeur de campagne de Manuel Valls à la primaire, il avait remplacé au pied levé Patrick Sève,  à l’époque maire de L’Haÿ-les-Roses, en raison de la mise en examen de ce dernier pour octroi d’avantages injustifiés et soustraction de fonds publics dans une enquête sur les marchés publics de sa ville. La liste, sur laquelle suivaient deux élus PCF, Laurence Cohen et le président du département Christian Favier, avait alors remporté 4 des 6 sièges, permettant à une candidate EELV, Esther Benbassa, d’entrer au Sénat, et contribuant à la bascule à gauche (jusqu’en 2014) de la haute chambre. Depuis, Luc Carvounas a été élu puis réélu maire d’Alfortville, succédant à René Rouquet, lequel pourrait, après lui avoir cédé son siège à la mairie, faire de même à l’Assemblée nationale. Rien n’est fait toutefois. « Historiquement, le maire d’Alfortville a toujours été député de sa circonscription et il est vrai que j’y réfléchis mais rien n’est décidé. J’en discute avec René Rouquet, qui n’a, juqu’à présent, jamais affiché qu’il souhaitait se retirer de la vie politique, et qui est président de la délégation française en Europe. Ce qui est certain en revanche, est que je ne serai pas candidat à la Sénatoriale », indique Luc Carvounas.

Fragile sénatoriale 2017

Fin 2017, le contexte électoral sera bien différent de 2011. Les victoires de la droite aux municipales dans le Val-de-Marne et aux régionales en Ile-de-France, et aussi son bon score aux départementales,  ont remplacé un certain nombre de grands électeurs de gauche par des grands électeurs de droite. Sans compter l’exclusion, la démission ou le retrait du parti d’élus socialistes du côté de L’Haÿ-les-Roses, Champigny, Arcueil, Saint-Maurice… Au PS, on estime à 350 le nombre de voix nécessaire pour obtenir un élu et à  300 le nombre de grands électeurs PS. Pas de rab de voix donc.

Pour porter les couleurs du parti à la rose, a circulé dès le printemps le nom de Patrick Sève, en raison de son retour sur la scène publique. Pour le maire d’Alfortville, il reste le candidat légitime, à condition qu’il soit d’ici là blanchi par la justice, laquelle n’a toujours pas tranché son cas. « Ce serait la moindre des choses que de lui rendre sa place, mais malheureusement, le temps judiciaire est très long, et il y a déjà eu trois changements de juge« , regrette l’édile. René Rouquet, même s’il n’a rien annoncé, pourrait aussi être mis en avant, s’il ne se représente pas aux législatives. Il pourrait alors ne pas refuser l’offre.

 

 

Si la logique de 2011 prévaut, le nouveau premier fédéral, trentenaire, Jonathan Kienzlen, élu conseiller régional fin 2015, pourrait aussi rassembler, même s’il n’a, lui non plus, rien annoncé, mettant simplement en garde sur le caractère fragile de cette élection. Un point sur lequel Luc Carvounas insiste également. « Ce sera une élection très compliquée car nous avons perdu des communes et il y a un risque que le PS Val-de-Marne n’ait aucun siège au Sénat« , prévient le parlementaire sortant.

Sur le terrain, beaucoup réfléchissent, incités par les militants. C’est le cas par exemple de Caroline Adomo, qui indique qu’elle sera candidate « aux législatives ou aux sénatoriales« , en fonction des retours des camarades et des décisions du parti, prête à retourner au combat contre Gilles Carrez, député-maire LR du Perreux-sur-Marne, même si la circonscription est quasi-ingagnable.  Une échéance gagnable, cela ne lui déplairait pas non plus. « Je travaille au Sénat et connais le métier, je sais comment il fonctionne. Mais je ne suis pas kamikaze, j’ai toujours fait en fonction de mon parti. Aucune des candidatures évoquées n’est saugrenue et l’important est de choisir la meilleure en fonction du contexte« , indique-t-elle.

Maire-adjoint de Villeneuve-Saint-Georges, Laurent Dutheil, se considère également comme légitime, lui qui était 5e sur la liste sénatoriale de 2011. « Je suis secrétaire national du PS et ai commis plusieurs rapports, notamment sur la cohésion républicaine. Je travaille également à un cahier présidentielles sur ce qu’est être Français au 21 e siècle« , cité l’ancien conseiller régional.

Questionné, Gilles-Maurice Bellaïche, n’écarte pas non plus l’hypothèse. « Je ne sais pas encore, je verrai en fonction du paysage. Je vais attendre que les candidats se positionnent et s’expliquent. Que l’on m’explique également comment nous allons respecter la loi que nous avons faîte voter. Concernant les législatives, je pousserai, comme je l’ai déjà fait, la candidature d’une femme. »

Akli Mellouli : « Je suis légitime à la Sénatoriale »

Il y en a un qui n’hésite plus, c’est Akli Mellouli. Le quinquagénaire, militant depuis trente ans et adjoint au maire de Bonneuil-sur-Marne, affirme publiquement qu’il est légitime et candidat à la candidature. « Le Sénat a besoin de sang neuf et de toutes origines, de gens qui connaissent les problèmes du terrain et le prix de la baguette », insiste l’élu, qui vient de prendre la tête de la campagne d’Arnaud Montebourg dans le Val-de-Marne. Lui qui défend la diversité au sein du PS, à la tête de son club, Prairial 21, exige « des signes concrets, et pas seulement de la bonne conscience. » Le consultant en développement stratégique des entreprises, qui accompagne des sociétés qui veulent se développer économiquement en Algérie, demande plus d’intégration, non seulement des élus issus de la diversité, mais aussi de toutes les classes sociales. « Si au niveau local, nous fonctionnons comme au niveau national avec des cooptations de gens de même origine et classe sociale, nous reproduirons indéfiniment l’entre-soi. Je veux casser ces codes« , appuie l’élu, qui souhaite être considéré parmi les candidats potentiels, avec, s’il n’y a pas de consensus sur les investitures, un vote militant pour trancher.Akli Mellouli

Statutairement, la liste devrait discutée en commission électorale puis votée en Conseil fédéral, avant d’être soumise au vote des militants en décembre.

D’ici là, il faudra aussi décider des alliances ou non. « En tant que secrétaire national aux relations extérieures, je vais écrire à tous mes collègues parlementaires de gauche pour leur proposer de se réunir. En 2011, notre liste d’union avait permis de gagner un siège contre une droite désunie. En 2017, la droite s’apprête à partir unie… », pose Luc Carvounas.

Dans les sections, la question intéresse plus ou moins. « Nous préférons nous concentrer sur les actions locales de rentrée. De toutes façons, quelques soient les noms qui sortent maintenant, ils sont susceptibles de changer très rapidement au moment des élections présidentielles », résume un secrétaire de section.

 

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