Société | Alfortville | 19/04/2017
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14 blessés suite à une manif de travailleurs sans-papiers en mairie d’Alfortville

14 blessés suite à une manif de travailleurs sans-papiers en mairie d’Alfortville © CTSPV

Ce mardi 18 avril peu avant 9 heures, le collectif de travailleurs sans papiers de Vitry-sur-Seine, qui milite depuis plusieurs années pour faire régulariser ses membres, a investi le hall de la mairie d’Alfortville avec 200 personnes. Un happening dont l’évacuation aux gaz lacrymogènes a fait 14 blessés dont 3 hospitalisés. 

D’ordinaire, c’est devant la préfecture que le collectif manifeste sagement au son des djembés. Mais depuis plusieurs mois, la situation s’est compliquée selon le collectif. « Le titre, soit disant d’une validité pluri-annuelle, peut être retiré à n’importe quel moment si les données nouvellement collectées par les préfectures montrent une différence par rapport aux conditions de délivrance (conjoint décédé, salarié licencié). D’autres régressions sont d’ailleurs vécues dès aujourd’hui (non prise en compte des feuilles de paye avec alias, non prise en compte des relevés bancaires comme preuve de travail, interdiction de territoire de trois ans avec inscription au fichier qui interdit le retour dans l’espace Schengen). Il faut à la préfecture de Créteil, des milliers de connexions sur son site pour obtenir un rendez-vous afin de déposer un dossier de demande de titre « salarié »« , énumère le collectif, qui réclame également l’assouplissement des critères en terme d’établissement de la preuve de travail et de l’ancienneté et « l’extension au « droit commun » des critères concédés par la préfecture de Créteil aux occupants du MIN de Rungis. »

La semaine dernière en effet, l’heure était à la fête pour les 128 travailleurs sans-papiers du MIN de Rungis. Après une occupation d’un mois de la tour Semmaris encadrée par la CGT, et des pourparlers avec les employeurs afin de récupérer les papiers nécessaires pour déposer les dossiers en bonne et due forme, les 128 employés se voyaient remettre chacun des papiers provisoires par les délégués syndicaux. Une victoire spectaculaire après une action spectaculaire, saluée par le collectif… et qui a donné des idées.

A lire : Les ex-travailleurs sans papiers du MIN ont fêté leur régularisation provisoire

Plutôt qu’un énième rassemblement devant la préfecture, le collectif a donc changé sa cible ce mardi. Et la mairie d’Alfortville n’avait pas été choisie au hasard. « Le sénateur-maire qui l’occupe (ndlr Luc Carvounas) est un fidèle de Manuel Valls. Il a voté toutes les lois antiouvrières du quinquennat de Hollande. L’ANI, la loi Macron, la loi El Khomri, le fichage Cazeneuve, l’état d’urgence permanent. Alors il est temps de lui demander des comptes sur sa façon de voir son activité citoyenne », justifie le collectif.

Sauf que l’arrivée des 200 manifestants dans la mairie a provoqué la panique. Et Il n’a pas fallu deux heures pour la police intervienne avec des gaz lacrymogènes pour évacuer les occupants. « A 10h00, les forces de police nous ont évacué très violemment en utilisant les gaz dans l’espace confiné de la mairie. Cela a entraîné une dizaine de blessés, très atteints aux poumons, qui ont été secourus par les pompiers. Après cela, sur l’esplanade, la police nous a chargé une deuxième fois, utilisant encore les gaz. Une personne a été arrêtée« , déplore le collectif.

« Cette occupation illicite a empêché les Alfortvillais d’accéder aux services publics de la commune toute la matinée et a suscité l’inquiétude des agents municipaux et des familles déjà présentes dans l’hôtel de ville. Bien qu’ils aient été reçus pour écouter leurs revendications, les membres du collectif n’ont pas souhaité nouer le moindre dialogue, se contentant de dénoncer la politique du gouvernement, dénonce de son côté Luc Carvounas, sénateur-maire PS d’Alfortville qui dénonce « lexploitation à des fins politiciennes de la misère humaine à quelques jours seulement du premier tour des élections présidentielles » et s’interroge « sur les liens existants entre ce collectif et des organisations d’extrême gauche. » Et de dénoncer «  le total mélange des genres d’un collectif qui prétend s’attaquer au problème de la régularisation des sans-papiers en poussant ces derniers à occuper une mairie alors que les municipalités n’ont aucune compétence en la matière. »

 

 

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