Initiative | Champigny-sur-Marne | 29/06
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A Champigny, le quartier des Mordacs se raconte en balades sonores

Vous n’avez plus qu’à tendre l’oreille pour faire plus ample connaissance avec le quartier des Mordacs à Champigny-sur-Marne. Après un an d’ateliers participatifs, la ville a lancé ce mercredi après-midi deux circuits de balades sonores conçus avec les habitants, enfants et artistes du quartier, et le concours des bailleurs sociaux. Grâce à un smartphone ou un lecteur mp3, les visiteurs plongent dans l’histoire du quartier raconté par ses habitants.

«La première fois que je suis venu aux Mordacs, c’était pour visiter un appartement en 1983, j’ai tout de suite aimé cet endroit. C’est ici que j’ai eu mes quatre enfants. Il n’y avait pas beaucoup d’Africains au départ, j’étais la seule Malienne. J’ai créé l’association des femmes ded Mordacs pour mieux vivre ensemble dans le quartier», explique Fatim, qui décrit ensuite les jours de fêtes avec les voisins, la joie des enfants… De ce récit parsemé de notes musicales mais aussi de contes et méditations, la mémoire de ce quartier s’imprime peu à peu, se superposant à la simple observation. Plus tard, le visiteur fera connaissance avec quelques sportifs du quartier, avec Claudie Fabre, artiste qui a peint les Mordacs…

Le mode d’emploi : se munir d’écouteurs et un smartphone pour télécharger les contenus depuis le site de l’office du tourisme de Champigny ou flasher les QR code présents sur les six bornes jalonnant le parcours. La balade s’effectue ensuite dans le sens que l’on souhaite, naviguant entre le haut et le bas de la cité, ses tours, son gymnase, l’école Maurice Thorez, la Maison pour tous…

«A travers ces balades sonores nous tentons de faire retrouver une âme d’enfant au visiteur. Il y a quelque chose de ludique dans le fait d’explorer cet environnement, de partir à la rencontre de ses habitants, de prendre le temps de s’intéresser à ce qui se passe autour de soi. C’est de la pensée positive. Paradoxalement, ce moment d’intimité avec soi-même en écoutant les pistes sonores, va m’amener à aller davantage vers l’autre», considère Yor Pfeiffer, auteur, compositeur et interprète qui a participé à la création des contenus sonores.

Les plus jeunes ont également apporté leur contribution lors d’ateliers de capture de sons, d’interviews ou de séances avec une spécialiste du bruitage. Profitant de l’existence de ce projet, plusieurs enseignantes de l’école primaire Maurice Thorez B ont proposé à leurs élèves de CM1 et CM2 de réaliser une exposition sur l’histoire des Mordacs. Patricia Masson, archiviste de la ville de Champigny, leur a apporté des cartes, des photos d’époque et des documents historiques sur le quartier. «Sans trop s’en rendre compte, les enfants adorent les archives. C’est un moyen de pouvoir toucher l’histoire pour de vrai. Ils voient la ville évoluer au fil du temps et se rendent compte que Champigny ne se résume par seulement à une ville de banlieue». Sur une carte postale en noir et blanc du début du siècle dernier, Nolan devine l’emplacement actuel de la pharmacie de la place de Coeuilly. Sur une photo aérienne des grands ensembles, Lycia est capable d’identifier la maison pour tous Youri-Gagarine. Miradie et Célia-Marie expliquent quant à elles que le Bois-l’abbé était comme son nom l’indique, un bois qui appartenait à un abbé, et que le seigneur de Coeuilly est passé à la guillotine  «parce qu’il était méchant avec les paysans!»«Nous sommes partis de l’histoire des Mordacs des hommes préhistoriques jusqu’à nos jours. Les élèves retiennent davantage les informations lorsque cela les touche. Au final, c’est un moyen un peu moins pénible pour eux d’apprendre la grande Histoire, à l’aide de leur propre histoire», motive  Marielle, l’une des enseignantes.

 

 

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