Transports | Grand Paris | 27/03/2017
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A quand le Grand Paris du vélo ?

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Les déplacements à bicyclette représentent aujourd’hui 2% des déplacements en Ile-de-France. Objectif pour 2025 : 7%

Le développement de la pratique du vélo, c’était l’un des axes du Plan de déplacement urbain en Ile-de-France (Pduif) 2010-2020 adopté par la région. Il prévoyait notamment de résorber les 100 principales coupures urbaines recensées sur les itinéraires piétons et vélos, d’achever les aménagements cyclables sur les 4 400 km d’itinéraires du réseau structurant régional en le complétant par des itinéraires locaux, de créer 20 000 places supplémentaires de stationnement vélos aux abords des pôles d’échanges, d’aménager au moins un quartier en zone de circulation apaisée (zone 30, zone de rencontre, aire piétonne) dans chaque ville de plus de 10 000 habitants et aussi d’aménager des zones de circulation apaisée aux abords de tous les équipements scolaires.

A mi-parcours, en 2015, 2 400 kilomètres d’aménagements cyclables avaient été réalisés depuis 2010, la majorité à l’échelle locale, et seulement 1 100 kilomètres concernaient le réseau régional cyclable structurant. Alors que le réseau totalisait environ 900 km de voirie cyclable en 2010, il s’étendait sur 1 500 km en 2013.  Au-delà du réseau structurant, les collectivités ont développé des réseaux d’intérêt local. En 2013, le linéaire d’itinéraires cyclables sur l’ensemble de la région atteignait ainsi un total de 3 532 km. Les aménagements se concentrent principalement dans l’agglomération centrale et le cœur de métropole (Source IAU Île-de-France, Note Rapide, « Toujours plus d’itinéraires cyclables en Île-de-France », n°669, décembre 2014).“L’objectif fixé par le PDUIF à l’horizon 2020 apparaît ainsi trop ambitieux et il ne sera pas atteint malgré une dynamique soutenue”, constatait un rapport d’évaluation réalisé en 2015 par la région, préconisant une priorisation en mettant l’accent sur la continuité des itinéraires à l’échelle locale. Concernant le stationnement aux abords des gares, 15 % des 20 000 places avaient déjà réalisées sous l’impulsion du programme Véligo financé par le Stif mais le rapport notait que le nombre de places offertes sur le reste de l’espace public reste très limité en dehors de Paris intra-muros. Concernant les zones 30, la plupart des communes franciliennes de plus de 10 000 habitants en possèdent une ou plusieurs et l’objectif du Pduif était donc quasiment atteint même si peu d’entre elles ont généralisé la voirie à 30 km/h sur la voirie locale. Enfin, seulement 24 % des principales coupures urbaines avaient été résorbées. Télécharger la note d’évaluation spécifique à la thématique vélo, réalisée en 2015 par l’Omnil (Observatoire de la mobilité en Ile-de-France).

Depuis un colloque sur le sujet en 2016, il a été décidé d’organiser des séminaires régionaux tous les ans sur chaque thématique du Pduif, avec notamment un sur le vélo. C’est dans ce contexte que se tenait  ce 21 mars le premier séminaire régional dédié au vélo à la Maison des syndicats de Créteil.

 

 

La question du vélo en ville est-elle devenue consensuelle? “Pas encore, estime Pierre Garzon, vice-président du Conseil départemental en charge des transports, également élu au Stif (Syndicat des transports en Ile de France), car plus de places pour le vélo signifie forcément moins de voitures. Il y a toutefois une accélération du nombre d’élus et de collectivités qui pensent qu’il s’agit d’une solution crédible pour répondre aux enjeux environnementaux et non pas une lubie de quelques lobbies pro-vélo. La bicyclette est très pertinente pour les déplacements de moins de 3 km, soit la moitié des déplacements franciliens. Les épisodes de pollution, qui vont se multiplier avec l’abaissement des normes, impliquent de facto moins de voitures, et la limite capacitaire des transports publics nécessitent des alternatives. D’où la nécessité de travailler sur les obstacles qui perdurent comme le maillage entre les pistes cyclables et le stationnement sécurisé. Il n’y a pas de problème technique irréductible à condition d’accepter un nouveau partage de la voirie et de s’en donner les moyens en termes d’investissement. Car le franchissement de certains obstacles comme la traversée de la Seine, d’un faisceau ferré ou d’une emprise industrielle nécessitent des investissements techniques et donc coûteux. Cela revient donc à se poser la question de l’importance que nous souhaitons accorder à ce mode de transport. Considérons-nous que le vélo est une anecdote qui fait sourire ou qu’il s’agit d’une alternative crédible? Si tel est le cas, il faut lancer le Grand Paris du vélo comme il y a eu le Grand Paris du métro et actuellement le Grand Paris des bus, en travaillant sur des ressources propres. Le transport gratuit mis en place lors des épisodes de pollution coûtait 29 millions d’euros. Pourquoi ne pas reporter cette somme pour la prévention ?” questionne l’élu qui invite également à réfléchir à un fléchage fiscal propre.

Concernant le Val-de-Marne, qui compte 22 des points noirs identifiés par la région lors de l’élaboration du Pduif en 2010, en raison des nombreux franchissements de Seine, Marne, voies ferrées voire d’installations industrielles, l’effacement des gros obstacles s’effectue en parallèle des grands travaux de voirie et réfection d’ouvrages, qu’il s’agisse des régénérations de départementales (RD5, RD19…) ou des rénovations de pont comme Mandela à Ivry ou celui de Choisy, où est prévu un encorbellement pour installer une passerelle circulation douce, tout comme celui de Nogent. Au total, le département compte à ce jour quelques 250 kilomètres de pistes cyclables.

Concernant le stationnement autour des gares, l’objectif est de 2 000 places abritées nouvelles d’ici fin 2018. “Les places de stationnement sécurisées autour des gares rencontrent un grand succès et il est nécessaire d’en prévoir tout de suite suffisamment, insiste Pierre Garzon. Sur la ligne 14 Sud par exemple, nous estimons qu’il en faut au moins entre 100 et 200 par station. Nous travaillons également sur le stationnement à domicile. Dans le parc de Valophis Habitat par exemple, nous avons installé plusieurs boxes à vélo en sacrifiant quelques places de parking automobile pour que les locataires puissent garer leur vélo en toute sécurité plutôt que le porter sur leur épaule jusque chez eux.”

Pour l’élu, un objectif “ambitieux mais réalisable” serait de miser sur une proportion de 7% des déplacements franciliens en vélo d’ici à 2025.

Voir aussi le site dédié au PDUIF

Et aussi celui de l’OMNIL

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