Politique locale | Villejuif | 03/04/2017
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A Villejuif, la majorité municipale se recompose à droite

Ce vendredi 31 mars, c’est à une voix près (23 contre 22) que le budget 2017 a été voté à Villejuif, mais il a été voté. Et pour la majorité municipale hyper fragilisée, c’est toujours une  étape de franchie. Après le départ des écologistes et la crise désormais ouverte avec le groupe Villejuif notre ville de l’ex tête de liste Philippe Vidal, démis de ses délégations en séance, c’est désormais à droite que se recompose la majorité.

Ce vendredi, c’est en effet grâce à la voix de Jean-Harel, ex-tête de liste UDI en 2014 que le désaveu d’un budget recalé ou reporté a été évité de justesse. Le candidat, écarté de l’exécutif après l’élection de 2014, doit désormais se voir proposer une place dans l’exécutif. Le processus ne sera pas simple. Difficile d’effacer trois années d’un trait de plume.

Pour rappel, quatre candidats de premier tour – Franck Le Bohellec (LR) Jean-François Harel (à l’époque UDI), Philippe Vidal (à l’époque ex PS désormais En marche) et Natalie Gandais (EELV dissidente mais finalement non exclue de son parti), s’étaient alliés au second tour pour faire perdre la maire sortante PCF Claudine Cordillot, qui bénéficiait pour sa part du soutien officiel du PS et d’EELV. Une majorité plurielle qui a commencé à s’effriter dès le lendemain de l’élection avec l’éviction de l’exécutif de Jean-François Harel, qui parle toujours aujourd’hui de trahison. Début 2016, c’est la composante écologiste qui a quitté la majorité, après que la 1ère adjointe, Natalie Gandais, ait été démise de ses délégations. Cette dernière venait alors de déposer plainte pour « flagrant délit de chantage » (plainte qui faisait suite à un désaccord à propos d’un appel d’offre pour construire la future halle des sports. L’adjointe avait fait un signalement au procureur de la République à ce sujet, voir article). Cette fois, c’est à nouveau sur le terrain judiciaire que le nouvel adjoint démis entend mener l’affaire. « On m’accuse de harcèlement alors que je réclame des documents que la Cada  m’a autorisé à obtenir. Je saisirai dès cette semaine la Procureure de la République pour faux, usage de faux et détournement de fonds publiques », indique Philippe Vidal qui dénonce le paiement d’indemnités indues à un agent de la direction.

Dans ce contexte, le rabibochage avec Jean-François Harel, commencé en mai 2016, est indispensable. Ce dernier, après avoir été élu représentant de la ville au sein de la Sadev l’an dernier, doit se voir proposer une place dans l’exécutif d’ici le prochain conseil qui se tient mi-mai. Le maire doit organiser un bureau élargi pendant les vacances pour en discuter.  « Tout dépendra pour faire quoi, à la place de qui« , indique Jean-François Harel, précisant être disponible pour s’investir sur la question des ressources humaines, actuellement l’un des dossiers patate chaude à traiter. « J’aimerais aussi avoir un signe de la part des autres élus, notamment de l’UDI« , indique l’ancienne tête de liste UDI, qui a toujours en travers de la gorge la requête que ses colistiers ont mené avec succès au tribunal pour lui réclamer le remboursement de leurs dons de campagne. Du côté du groupe UDI, Edouard Obadia met les choses au point : « Nous avons eu des relations tendues et Jean-François Harel ne fait plus partie du groupe UDI mais nous n’avons aucune animosité contre lui. C’est son droit de rejoindre la majorité. Nous n’avons aucun problème pour travailler avec toutes les bonnes volontés. »

Reste que Jean-François Harel ne compte qu’une voix. Dans le groupe de 3 personnes qu’il avait constitué en décembre 2015 avec Valérie Arlé et Monique Tijeras, la première a quitté le groupe et la seconde, qui a depuis déménagé à Bussy-Saint-Georges et donné pouvoir à Jean-François Harel, ne souhaiterait pas non plus rejoindre la majorité. 

Le vote de ce vendredi soir s’étant effectué à bulletins secrets, on ne peut savoir exactement qui a voté pour ou contre, mais ce qui est sûr, c’est que sans au moins un des colistiers restés dans le groupe de Philippe Vidal ou une autre voix de l’opposition, le compte n’y est pas. Pour poursuivre ses prochaines années de mandat sereinement, le maire va donc devoir recomposer sa majorité rapidement, au risque sinon que chaque nouveau conseil se transforme en vaudeville. S’il réussit une recomposition majoritairement à droite et centre droit, il lui faudra ensuite une sacré aura de maire pour se faire réélire sur cette base en 2020, dans une ville qui reste majoritairement ancrée à gauche comme l’ont montré les dernières élections départementales et régionales.

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