Publicité
En images | Vincennes | 09/01
Réagir Par

A Vincennes, voitures anciennes et motos ont mis le turbo pour la traversée de Paris

De la Mehari à la Ford Escort en passant par la Dollar, mythique deux roues fabriquées à Charenton avant la guerre, le parking de l’Esplanade du château de Vincennes avait des airs d’antan en ce dimanche matin. Plus de 700 équipages venus de toute la France étaient au départ de l’avenue Daumesnil pour la 17ème édition de la traversée de Paris,

organisée à l’initiative de l’association Vincennes en Anciennes. Au programme : 28 km de boucle dans la capitale toute la matinée, du château jusqu’à la place Clichy.

Des véhicules vieux de plus de 30 ans

Ce club composé d’un millier de collectionneurs et de passionnés de véhicules d’époque a décidé de mettre à l’honneur les années 70 parce qu’elles ont « marqué l’histoire de l’automobile » motive Jacques D’Andréa, président de l’association. «  Ces années permettent de donner un coup de projecteur pour les jeunes collectionneurs qui commencent par ce genre de véhicules qui sont plus abordables » estime le président, propriétaire notamment d’une Ford Escort datant de 1974. « Notre particularité, c’est de rassembler tout type de véhicule. Tous ont plus de 30 ans, c’est la règle ! Mais aujourd’hui, on a des autos, des motos et des vélos, c’est une belle fête de la locomotion », se réjouit-il, tout en regrettant au passage les réticences de la capitale à l’égard des véhicules polluants et la mise en place récente des vignettes Crit’Air. « Ce qui nous motive, c’est la passion et la possibilité de rencontrer le public. Même si on conteste la place des voitures dans les grandes villes, il faut reconnaître que les voitures anciennes plaisent à la population parce qu’elles ont un côté nostalgique. Les souvenirs des parents, des grands-parents pour certains, y sont toujours associés. Le lien avec le cinéma est aussi important« . Cette correspondance entre patrimoine et culture, l’association a voulu la montrer en mettant à l’honneur le centre Beaubourg. « Pour les 40 ans du musée cette année, nous passerons devant durant notre itinéraire. C’est quelque chose qui nous est cher. » Seule frustration du parcours à prévoir : l’interdiction de circuler avenue des Champs-Elysées, pour des raisons de sécurité.

La plus ancienne : le Zèbre, monocylindre de 1909

La palme de la voiture la plus ancienne revient à Alexandre Billaud, avec un Zèbre vieux de 1909, monocylindre de 5 chevaux pour 600 centimètres cubes. Passionné de voitures d’avant-guerre, le jeune homme en provenance du club Rétromobile de Tulle, s’inquiète pour la dernière ligne droite. « Avec ma compagne, on voulait venir au moins une fois à Paris avec cette voiture, pour la beauté de la ville et le plaisir de se balader. La question après, c’est Montmartre … Est-ce qu’il va monter à Montmartre ? J’ai quand même un crochet d’attelage au cas où, et j’ai repéré un tracteur pas très loin. La voiture roule pas mal, entre 40 et 45 km/h mais le problème du monocylindre, c’est que lorsque ça commence à grimper, il s’étouffe !« , explique le conducteur de 32 ans, qui a dû négocier pour acquérir la « bête » non sans satisfaction. « C’est une voiture qui était dans Bordeaux chez un ancien agent Citroën qui l’avait toujours gardée, et après une dure bataille, il me l’a vendue !  J’aime bien réparer ces voitures, construire tous les engrenages, ces systèmes mécaniques qui me passionnent. Et sur ces voitures-là, il faut réinventer les choses puisqu’on ne les trouve pas dans les catalogues, » apprécie ce mécano dans l’âme, également producteur de confitures et de compotes dans la vie professionnelle. Une passion si grande que déjà, le rendez-vous est pris pour 2018. « On reviendra une prochaine fois mais en tandem, en vélo ancien, avec ma compagne. »

Alexandre Billaud, au volant d’un Zèbre de 1909

Une moto Dollar comme le grand-père pendant les premiers congés payés

Membre de l’association Vincennes en Anciennes, Bernard Knappa, 65 ans, a chevauché une Dollar des années 30 pour traverser Paris, plutôt habitué au calme de la campagne et du Bois de Vincennes quand il sort la moto du garage. « On avait une moto quand on n’avait pas les moyens d’avoir une voiture. Ce sont des utilitaires qui ne roulent pas très vite et ne tournent plus depuis des années. On les trouve en triste état, on les démonte entièrement, on les refait, et puis évidemment on s’y attache« , raconte l’adhérent qui se passionne pour ce type de moto depuis l’âge de 40 ans. « C’est parti d’une photo de mon grand-père, en 36 lors des premiers congés payés. Il est parti avec ma grand-mère faire la route des Vosges en Alsace. C’est comme cela que j’ai appris qu’il avait une Dollar.  Je me suis dit que je voulais la même ! » s’amuse le motard. Coïncidence ou pas, Bernard Knappa vit à Charenton-le-Pont, juste à côté des anciennes usines Dollar qui fabriquaient les fameuses motos dans le Val-de-Marne. « En obtenant le marché des boîtes à lettre Mougeotte en 1900, l’entreprise de fonderie Delachanal s’est agrandie et a dû quitter Paris pour venir s’installer à Charenton. Et ce n’est qu’en 1923 que l’entreprise a décidé de faire des motos. Après avoir eu plusieurs grands fournisseurs de moteurs, l’entreprise a continué avec les moteurs Chaise. En 1928, comme il leur fallait des locaux plus spacieux, l’usine est partie de Charenton pour rejoindre le quai de la Marne à Joinville-le-Pont » détaille l’historien amateur, désireux de transmettre un message à l’attention du grand public. « Je pense que le patrimoine mécanique est aujourd’hui largement méconnu, mésestimé aussi, et qu’il faut montrer qu’un patrimoine n’est pas que dans un musée. Si vous voulez attirer du monde, vous mettez la moto en route et les gens viennent voir la machine qui tourne »,  promet le Charentonnais,  qui possède deux modèles de Dollar du même type. « J’ai récupéré la première qui sortait d’un tas de fumier et ai mis des années à reconstituer les pièces. Puis j’en ai récupéré une autre auprès d’une dame qui m’a demandé si j’étais intéressé pour la reprendre à condition que je ne la vende pas en pièces détachées. J’ai signé un papier sur l’honneur comme quoi je m’engageais à la remettre en route et le jour de la traversée, elle était prête comme promis ! »

Bernard Knapp à cheval sur une Dollar de 1930

Après la traversée Parisienne, quelques voitures sont restées exposées jusqu’en milieu d’après-midi. Le prochain événement automobile est à prévoir du côté de la Porte de Versailles du 8 au 12 février avec l’exposition de 500 voitures dans la galerie d’art automobile avec 60 artistes et 550 exposants.

En images

Bruno Tabare, administrateur et membre du Bureau à la Fédération Française des Véhicules d’Epoque (FFVE), puis président de la MAT (Militaire Association Troyenne), plutôt habitué aux défilés de chars d’assaut, a rejoint le départ de la traversée de Paris avec un modèle Ford

 

Habitacle du Zèbre, modèle d’avant-guerre le plus ancien de cette 17ème édition de la traversée de Paris

Voir aussi le reportage photo de P.A Pelaz

2 commentaires pour A Vincennes, voitures anciennes et motos ont mis le turbo pour la traversée de Paris

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *