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Urbanisme | L'haÿ-les-Roses | 17/12/2017
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Aménagement face à la Roseraie: des associations s’inquiètent à L’Haÿ

Aménagement face à la Roseraie: des associations s’inquiètent à L’Haÿ © L'Hay les Roses

Parmi les projets concourant au réaménagement du centre-ville de L’Haÿ-les-Roses, celui de logements, commerces et services de la rue Watel, face à la Roseraie du Val-de-Marne, suscite la controverse de la part de l’association des Amis de la roseraie, de l’Aludhay (Atelier local d’urbanisme et de développement de l’Haÿ-les-Roses) et de Béton’à tort, qui dénoncent un bétonnage préjudiciable à la pépinière. Une accusation que réfute le maire de la ville qui les accuse en retour d’une manoeuvre politicienne.  

Pour rappel du contexte, le projet, qui part de l’entrée de la Roseraie jusqu’à la rue des Tournelles, s’inscrit dans le cadre du réaménagement de l’îlot triangle compris entre la rue Watel, la rue des Tournelles et la rue Jean Jaurès, où se trouvent La Poste et l’église. L’objectif est de le transformer en place avec des commerces en rez-de-chaussée, notamment une brasserie et une moyenne surface alimentaire, et des logements en accession à l’étage. Ceci non seulement rue Watel mais aussi rue des Tournelles, sous la houlette de l’architecte urbaniste Marc Breitman. Au-delà, le projet s’inscrit lui-même dans une opération d’aménagement et de programmation (OAP) plus importante, qui couvre le centre-ville jusqu’à l’autoroute A6 et comprend notamment le déplacement de la halle de marché actuelle vers le square Léon Jouhaux ainsi qu’un ensemble de logements et services, dont la nouvelle médiathèque, en place de l’ancien marché.

© L'Hay les Roses

Projet de réaménagement de l’îlot face à la Roseraie

Des associations dénoncent une vue défigurée

Pour Denis Hochstetter, président de l’association Aludhay, il s’agit d’un projet « hors d’échelle » qui va défigurer le parc en donnant à voir les immeubles depuis l’intérieur de la roseraie. Et le président de l’association de s’appuyer sur une perspective du pré-projet pour dénoncer une vue dégradée par la hauteur des résidences, s’inquiétant de la proximité des bâtiments avec  la Roseraie, de la hauteur des immeubles et de l’abattage des arbres. « Nous avons prévenu le Conseil départemental (propriétaire de la Roseraie) et rencontrons l’architecte des Bâtiments de France ce lundi, en espérant qu’elle va arrêter ce projet« , insiste Denis Hochstter, par ailleurs ancien ancien architecte et ancien adjoint à l’urbanisme lors de mandatures précédentes. Une inquiétude relayée par l’association locale Béton’ à tort et par le président de l’association des Amis de la Roseraie, Bernard Mando. « Cette Roseraie historique et conservatoire fait venir de nombreux amateurs et professionnels de la roses qui participent au rayonnement de votre commune. Ce projet immobilier lourd et dense met en péril le paysage immédiat perçu au nord de la roseraie. Les bâtiments de quatre étages à 6 m en retrait immédiat du mur domineront le jardin. Tous les arbres du parking jouxtant la roseraie ainsi que ceux de la rue Watel seront abattus supprimant ainsi la ceinture arborée de la roseraie qui participe à la respiration visuelle du promeneur et à l’impression actuelle d’être à la « campagne ». Ce projet dénature totalement les lieux. Ces constructions mutileront et défigureront cet espace. Ce n’est pas les 6 m de retrait qui permettront de planter des arbres de grand développement afin de brouiller la vue des immeubles côté jardin, c’est un mensonge et une vue du promoteur qui engage que lui. Il faudrait à minima 12 m pour permettre à des arbres de première grandeurs type platane, marronnier, érables…de venir brouiller la vue, masquer les immeubles et ne pas trop gêner les résidents« , réclame ainsi le président des Amis de la Roseraie dans un courrier au maire de L’Haÿ-les-Roses, envoyé début décembre. Le président indique qu’il va à nouveau écrire pour demander le détail du dossier.

Vincent Jeanbrun dénonce une attaque politicienne et dément un retrait de seulement 6 mètres

De son côté, Vincent Jeanbrun dénonce une attaque politicienne émanant de l’opposition, rappelant que le président de l’Aludhay était aux commandes de l’urbanisme par le passé, et dément un retrait de seulement 6 mètres entre la Roseraie et le projet immobilier, précisant qu’il y aura bien 12 mètres. « La perspective 7 n’est qu’une version de travail. Depuis, les bâtiments sont passés d’un R+3 avec combles à un R+3 seul. C’est une hauteur inférieure à de nombreux bâtiments autour. Quant à la distance séparant la Roseraie de la résidence, il n’a jamais été prévu qu’elle soit de 6 mètres mais de 12 mètres, ce qui laisse largement de quoi planter des arbres à haute tige. Le retrait est même de 15 mètres au niveau du 3ème étage, lui-même en retrait par rapport aux premiers niveaux. J’ai répondu au président des Amis de la Roseraie pour lui préciser ces points. Je comprends qu’il se soit inquiété si on lui a expliqué que la distance serait de 6 mètres, mais ce n’est pas la cas« , insiste le maire LR de L’Haÿ-les-Roses.  « J’ai invité l’architecte des bâtiments de France (ABF) à venir voir sur place, depuis l’intérieur de la Roseraie, alors que nous sommes en plein hiver et que les arbres n’ont plus de feuilles. Cela a permis de constater de visu que la vue est déjà dégradée avec la vue sur des murs aveugles et les garde-corps métalliques du toit de la Poste. » Concernant le style architectural, l’élu indique qu’il est amené à évoluer et qu’une nouvelle version sera présentée aux habitants en janvier ou février 2018.  « Nous souhaitons rester dans un style classique mais moins pastiche« , prévient le maire.

© Beton a tort

Vue actuelle, hors hiver, prise par l’association Béton’à tort

Au-delà de la Roseraie: l’ancienne ferme, le nouveau marché…

En dehors du programme résidentiel prévu en face de la Roseraie, Aludhay regrette également la disparition de l’ancienne ferme, historique, qui doit laisser place à un parking temporaire, et l’effacement du square Léon Jouhaux au profit du marché.  Afin de ne pas être que dans l’opposition, l’association a d’ores et déjà planché sur un « contre-projet » qu’elle détaille sur son site Internet, et dans lequel le nouveau centre-ville s’étendrait de la mairie à la gare pour s’appuyer sur l’effet d’attractivité de cette dernière. Dans ce contre-projet, le marché serait reconstruit à son emplacement actuel et le secteur de la Roseraie serait plus réservé à la culture, au tourisme et aux loisirs. »L’ancienne ferme a été portée par le Saf 94 pendant 10 ans et cette période s’achevait lorsque nous sommes arrivés à la tête de la ville. La commune a racheté le corps de ferme mais le bâtiment est tellement délabré qu’il s’effondre. Le diagnostic réalisé pour étudier les possibilités de le réparer a démontré que cela était infaisable, sans compter la présence d’amiante et de peintures au plomb. Nous avons un projet de logements respectueux de l’environnement mais avons prévu de le décaler dans le temps pour en faire un parking le temps des travaux. Concernant le transfert du marché, l’ancien maire PS Pierre Coilbault avait lui-même commandité une étude en ce sens. Il s’agit de son emplacement historique, sur un axe plus fréquenté. Nous prévoyons de requalifier un square autour, qui sera protégé des bruits de la route par le bâtiment du marché« , réagit le maire.

© breitman archi

Projet du quartier Locarno avec déplacement du marché au niveau de l’actuel square Léon Jouhaux et remplacement par des logements et une médiathèque.

Le projet de la Roseraie devrait faire l’objet d’une nouvelle présentation, modifiée, courant janvier-février 2018. En attendant, le président d’Aludhay doit rencontrer l’ABF ce début de semaine.

 

 

 

 

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