Formation | Accueil Val de Marne (94) Créteil | 19/01/2017
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Hausse du numerus clausus et évolution du cursus à la fac de médecine de Créteil

Hausse du numerus clausus et évolution du cursus à la fac de médecine de Créteil © SGP G Grolando

Comme ils sont enthousiastes ces jeunes qui se rêvent médecins et attaquent avec ardeur leur première année de fac. Comme ils sont laminés les 80% qui en ressortent un ou deux ans après sans avoir passé le cap de la première année,  obligés d’abandonner leur rêve pour se projeter dans une autre filière sans avoir anticipé.

Cette année, l’augmentation non négligeable du numerus clausus, destinée à lutter contre les déserts médicaux, fera quelques heureux de plus. En parallèle, les expérimentations se multiplient pour faire évoluer cette formation et l’Upec n’est pas en reste, qui doit déposer ce vendredi 20 janvier un dossier pour la rentrée prochaine.

A l’été 2017, ce-sont 175 étudiants en première année de médecine à l’Upec (Université Paris Est Créteil, Paris XII) qui pourront passer en seconde année, contre 155 depuis 2012, une augmentation historique de près de 13% des effectifs. De quoi mettre du baume au coeur des étudiants qui planchent actuellement jour et nuit pour franchir la  Paces (Première année commune aux études de santé).

A l’échelle nationale, le numerus clausus a été augmenté de 478 places dans 26 facultés de médecine situées dans des régions déficitaires, représentant une hausse globale de 6 % du nombre d’étudiants au niveau du pays et de 11% dans les facultés concernées. Au total, 8 124 places seront ainsi ouvertes en 2017. Même si les médecins diplômés peuvent aller exercer là où ils le souhaitent, cette augmentation ciblée, via un numerus clausus régional, vise à renforcer l’offre des professionnels de santé dans les territoires qui souffrent de déserts médicaux, à commencer par les Antilles et la Guyane dont le numerus clausus aura augmenté de 27 % entre 2015 et 2017, mais aussi les zones rurales et périurbaines. Dans le même temps, d’autres initiatives visent à donner envie aux médecins formés de s’installer sur place, ce qui passe notamment par les stages ambulatoires. Pas question toutefois d’en attendre un effet immédiat concernant la géographie médicale. « L’effet est souvent tardif, il faut compter une dizaine d’années. En outre, l’examen de fin de cycle ventile les étudiants sur l’ensemble du territoire en fonction de leur classement », pointe Jean-Luc Dubois-Randé, doyen de la faculté de médecine de Créteil, et président de la Conférence des doyens de médecine.

Cette modulation régionale du numerus clausus s’inscrit également dans le cadre d’une évolution de la formation médicale, dont les taux d’échec massifs en première année donnent chaque l’année un sentiment de gâchis. Afin de limiter cet écrémage intensif, quelques universités ont montré la voie depuis trois ans, expérimentant des parcours alternatifs pour éviter l’effet couperet à la fin de 1ère année et jeter des ponts entre les filières. Dès 2014 et 2015, dix universités ont ainsi été autorisées à amender leur cursus (Angers, Rouen, Saint-Etienne, Strasbourg, Auvergne, Poitiers, Tours, Paris V, Paris VII et Paris XIII). La proposition la plus révolutionnaire, celle d’Angers, a tout simplement remplacé le bachotage de la Paces par un parcours progressif pluridisciplinaire permettant de rentrer et de sortir plus doucement de médecine en s’ouvrant à d’autres disciplines. Les autres universités ont  majoritairement proposé des passerelles depuis d’autres licences, dans le cadre de projets AlterPaces. Des expériences perçues plutôt positivement selon les premiers rapports, bien que restées trop méconnues du grand public, et qui devraient se poursuivre. Ce vendredi 20 janvier, les universités volontaires pour développer des alternatives à la Paces classique doivent déposer leur dossier dans le cadre d’un troisième appel à projets. Et l’Upec fait partie des candidates.

Des passerelles depuis d’autres licences pour passer directement en deuxième année de médecine

« Il s’agit aussi de diversifier les profils des étudiants de médecine, en dehors des seuls Bac S avec mention, en déployant des passerelles avec d’autres licences chimie, biologie, mais aussi de sciences humaines, droit, économie… , motive le doyen de la faculté. Nous avons pour cela créé des unités à valider, qui permettront de faire la transition. » Si ce projet est autorisé, une partie de l’augmentation du numerus clausus de Créteil permettra de créer ces places supplémentaires. Concrètement, ce dispositif pourrait concerner une trentaine d’étudiants sur l’ensemble des filières médicale, c’est à dire pas seulement médecine mais aussi kiné, dentaire, sage-femme, pharmacie, soit un numerus clausus total d’environ 300 personnes. Actuellement, environ 1200 étudiants se présentent en première année dans ces filières médicales. Ces passerelles entrantes consisteraient en modules de cours à la fois présentiels mais aussi beaucoup en ligne.

Cette expérimentation vise également à renforcer le positionnement de l’Upec autour de thématiques à dominante santé, en associant cette discipline à des parcours de droit, de sciences humaines et sociales, de géographie… qui font la spécificité de l’université, motive le doyen.

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