Initiative | Le Perreux-sur-Marne | 13/07
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Avec son aviron, Brett-Randy défie ses angoisses d’autiste sur la Marne

Depuis 2012, la Société Nautique du Perreux-sur-Marne a accueilli parmi ses membre, Brett-Randy, un jeune garçon autiste aujourd’hui âgé de 17 ans. Après de nombreux efforts pour repousser tout un tas d’appréhensions, l’adolescent enchaîne maintenant les sorties sur la Marne en aviron, seul ou en groupe. Une manière de prendre sa place dans la société.

A quelques mètres du ponton, Brett-Randy enchaîne les longueurs sur le Cygne, son skiff bleu et blanc. Le jeune sportif entre simultanément les rames et les relève hors de l’eau, glissant sur la Marne. Puis il négocie parfaitement son virage et repart de plus belle, sous les encouragements de Thomas, un éducateur qui garde la main sur une corde reliée à l’embarcation. Pour en arriver là, l’adolescent habitant Bry-sur-Marne s’est entraîné régulièrement durant ces cinq dernières années et l’aviron, donné par le conseil départemental du Val-de-Marne, a été équipé de flotteurs afin d’en assurer la stabilité. Avant cela, il a pratiqué le judo, l’athlétisme, l’équitation et la natation. Ce semblant de vie tout à fait banal pour un jeune de 17 ans relève en réalité d’un défi quotidien. Chez les Mariot-Tran, la vie est rythmée autour de Brett-Randy, adolescent diagnostiqué autiste sévère à l’âge de 6 ans. Comme plusieurs centaines de jeunes dans cette situation en Île-de-France, le garçon n’a jamais pu intégrer d’établissement médico-social, ni être scolarisé après son classement « sans solution » par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Val-de-Marne. C’est donc à la maison qu’il reçoit des cours avec des professeurs particuliers (il a atteint le niveau CM2), et qu’il travaille avec psychologue, psychomotricien ou orthophoniste.

Pendant trois ans, le papa suit une formation de psychologue par correspondance à l’université de Lille, et emprunte à des méthodes comportementalistes (TEACH et ABA) pour mettre au point un cadre qui permette à Brett-Randy d’être régulièrement stimulé et de gagner en autonomie. « Il faut savoir que les personnes autistes sont très sensibles au moindre changement et cela se traduit par des surcharges émotionnelles incontrôlables. Une fois par exemple, alors que nous faisions un trajet en voiture, je n’ai pas pris le même chemin que d’habitude et Brett-Randy a fait une crise alors que je conduisais, cela aurait pu être dangereux. Il faut donc tout anticiper, lui détailler ce que nous allons faire, qui allons nous voir. Pour cela, je m’aide notamment de classeurs, de fiches, de modules, de supports visuels. Ainsi, il peut suivre lui-même le programme. Avec le sport par exemple, je prends des photos pour qu’il puisse voir sa progression. Enfin, je me présente auprès des commerçants, des services municipaux et de tous les acteurs que nous pouvons rencontrer autour de chez nous, pour qu’ils connaissent Brett-Randy et sachent ce qu’est l’autisme », explique Jean-Pierre dont la voiturette qu’il conduit avec son fils récolte les gestes d’amitié des automobilistes habitués. « Aujourd’hui, il est capable lorsqu’il sent la mayonnaise lui monter au nez, de jouer une vidéo de relaxation sur Youtube. C’est également à nous de déceler les signes de surcharge émotionnelle pour lui faire reprendre son calme», poursuit le père, précisant attendre, à l’instar des familles d’autistes, que les responsables politiques élaborent des cadres permettant l’inclusion de leurs proches au sein de notre société.

Brett-Randy avec ses parents devant le club d’aviron du Perreux-Sur-Marne.

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