Education | Accueil Val de Marne (94) Vitry-sur-Seine | 28/09/2017
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Les sans-bahut ont fait classe dans la rue à Vitry-sur-Seine

Les sans-bahut ont fait classe dans la rue à Vitry-sur-Seine

Devant le lycée polyvalent Jean Macé de Vitry-sur-Seine, c’est une classe pas comme les autres qui s’est tenue ce mercredi. 17 lycéens toujours sans affectation depuis la rentrée scolaire étaient venus exposer leur situation, soutenus par SOS Rentrée.

Jérémie vient d’avoir 16 ans. Et malgré sa réussite en  seconde au lycée Maximilien Perret d’Alfortville, il n’a pu intégrer la première STMG du lycée Guillaume Apollinaire de Thiais  faute de places. « Je le vis mal. Je me retrouve seul à la maison. Tous mes amis ont trouvé quelque chose. Je fais tout pour trouver une solution », témoigne le jeune homme. Pour Rheda, 18 ans, le bac STMG est en poche mais il n’a pas pu intégrer le BTS MUC (Management des Unités Commerciales) qu’il souhaitait. « Si cela ne s’améliore pas, je chercherai du travail … Ce n’est pas ce que j’avais prévu. Je m’ennuie toute la journée.»  Le BTS MUC est proposé au lycée polyvalent de Jean Macé à Vitry mais compte déjà 39 élèves. « C’est le BTS le plus demandé », indique un membre du collectif.

Sur les bancs de la classe, certains parents d’élèves sont aussi venus s’asseoir, à l’instar de Viviane, mère d’un garçon de 18 ans diplômé d’un CAP en mécanique. « Il a envie d’ouvrir un garage mais il s’est rendu compte qu’il avait besoin de passer un bac pro en gestion et administration. Malgré la demande d’inscription dans quatre établissements différents, il n’a rien eu » s’agace-t-elle. Le jeune homme ne s’est pas déplacé ce matin. « Il est démotivé. Il ne trouve pas ça normal… Ce n’est pas étonnant que les étudiants veuillent partir à l’étranger » reproche Viviane.

Face aux élèves, point de professeur ce matin mais des élus en écharpe tricolore et représentants de parents. « Ce n’est pas acceptable. Ces jeunes ont des projets de vie, des projets professionnels. Comment y croire quand on ferme les portes ? Nous demandons la création de classes. C’est pour cela qu’aujourd’hui, on a voulu faire symboliquement cette classe éphémère pour dire qu’il faut accompagner par des moyens  et garantir l’accès à l’éducation qui est un droit fondamental », lance Fatiha Aggoune, vice-présidente du conseil départemental, chargée du service SOS rentrée qui accompagne les élèves sans affectation auprès de l’Education nationale.

Selon SOS Rentrée, ce sont 198 jeunes de l’enseignement supérieur et du secondaire qui se sont retrouvés sans affectation pour la rentrée 2017 dont 87 sans BTS, 49 sans université et 39 sans lycée professionnel et général.

Les services poursuivent leurs efforts pour améliorer les procédures, indique-t-on à la Direction départementale des services de l’Education nationale qui rappelle qu’il y a au total 110 000 élèves dans le second degré et précise que les situations restantes sont essentiellement des élèves qui sont arrivés tardivement dans le département ou ont demandé une affectation différente de celle qui leur avait été proposée, réaffirmant que chaque situation est étudiée au cas par cas.

Fatiha Aggoune, vice-présidente du conseil départemental, en charge du collectif SOS Rentrée, et Luc Ladir, conseiller municipal, délégué aux questions de l’éducation, ont pris la parole devant les jeunes sans affectation à l’occasion d’une classe éphémère organisée aux portes du lycée Jean Macé.

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