Politique locale | Villejuif | 12/07
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Conseil municipal de Villejuif tendu mais sans accrocs

Après une séance houleuse et interrompue par le départ de l’opposition quatre jours avant, le conseil municipal de Villejuif se tenait exceptionnellement à 17 heures ce lundi pour achever l’ordre du jour. 

Ces derniers temps, l’interruption du conseil municipal était devenu la règle à Villejuif. Cette fois, le Conseil s’est tenu jusqu’au bout, mais dire que l’ambiance était à la détente serait coupable d’exagération. Comme prévu, la délibération sur le protocole de préfiguration du projet de renouvellement urbain du quartier Lebon-Lamartine qui était à l’ordre du jour le 5 juillet a été considérée comme votée malgré le départ de l’opposition, et n’a pas fait l’objet d’un nouveau débat.

Alors que la séance débute avec la présentation d’une première délibération sur la révision des tarifs des marchés forains, de nombreux élus d’opposition demandent à prendre la parole pour revenir sur ce qu’ils qualifient avec une touche de cynisme de foire. Philippe Vidal énonce scrupuleusement plusieurs dispositions du code des collectivités territoriales qu’il estiment violées par le maire, à commencer par les conditions de formes relatives à la convocation de cette séance et estimant plus généralement que le règlement intérieur du conseil municipal était régulièrement bafoué notamment sur les prises de paroles. « Cette majorité moribonde n’a plus de limites et multiplie les entorses régulières à la loi. Vous pourriez à tout moment être sanctionné devant un tribunal administratif». Intervention moquée par Sandra Da Silva Pereira (communistes, front de gauche et citoyens) qui ne se prive pas de tacler le président du groupe d’opposition Villejuif Notre ville. «En tant qu’ancien élu de la majorité vous étiez à ce moment là entièrement d’accord avec la manière de procéder du maire. Pas la peine de nous sortir vos larmes de crocodile. Nous demandons la remise aux voix du rapport de la semaine dernière. Vous n’avez pas pris en considération la parole des habitants». Dominique Girard (élus socialistes) puis Marc Badel (MRC) ont dénoncé quant à eux la mauvaise image de la démocratie renvoyée par Franck Le Bohellec, regrettant un manque d’écoute, le défaut de quorum lors de la précédente séance, et la mise sous surveillance du conseil par la police municipale. «Nous ne faisons pas d’obstruction systématique et votons les délibérations avec pragmatisme. Nous souhaitons que vous vous appliquiez également cette discipline».

Jean-François Harel refuse d’être le pansement de la majorité

Enfin, Jean-François Harel a rappelé qu’il refusait l’offre qui lui avait été faite de rejoindre la majorité avec un poste d’adjoint à la clé. «Cette façon de procéder la fois dernière vous a retiré toute crédibilité dans la conduite de l’action municipale. Je ne veux pas partager la pseudo-responsabilité d’une majorité en décomposition». Alors que Franck Le Bohellec n’avait pas prévu de répondre aux prises de parole des élus d’opposition, Jorge Carvalho a tenté une mise au point. «Nous sommes élus pour que la machine administrative de cette ville fonctionne. Malgré les arguments développés par les spécialistes autoproclamés du droit des collectivités territoriales, nous faisons confiance en nos services juridiques sur la légalité de nos actes. Pour revenir une dernière fois sur la dernière séance, nous avons mis aux voix la délibération avant que l’opposition ne s’en aille».

Quid des opérations de renouvellement urbain

L’assemblée a pu ensuite égrainer les points à l’ordre du jour avec notamment des acquisitions de foncier pour les terrains Bizet dans le cadre de l’appel à projet Inventons la métropole, ou l’approbation d’une convention de PUP, pour bâtir un ensemble immobilier sur une emprise jouxtant l’hôpital Paul Guiraud. Pour Sophie Taillé-Polian, ni les élus, ni les habitants ne sont véritablement concertés pour ces plans de rénovation urbaine qui contribuent à modifier profondément l’environnement et la population de ses quartiers. «Vu l’ampleur de ce projet de 563 logements supplémentaires, une mini-ZAC, nous déplorons un certain manque de transparence sur le risque de saturation des équipements publics de proximité», a noté Paulo Nunes. Claudine Cordillot a regretté pour sa part ce qu’elle considère ni plus ni moins comme une transformation à marche forcée de la population de Villejuif au profit de la rente immobilière. Franck Le Bohellec a rappelé que de nombreuses actions de communication visuelle avaient été réalisées auprès des riverains, rejetant l’accusation de manquer de dialogue avec les citoyens. «A la place de cette friche, nous allons bénéficier d’un éco-quartier avec un square ouvert à tous. Il s’agira d’un véritable poumon vert en centre-ville. A cela s’ajouteront 55% de surface en pleine terre, un espace de coworking et une conciergerie technique. Sur l’arrivée de nouveaux habitants, selon nos calculs les écoles des Hautes bruyères et Cachin sont en mesure de les absorber. Enfin, nous avons choisi de concentrer les commerces autour de la future gare IGR».

 

 

 

 

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