Politique locale | Nogent-Sur-Marne | 13/04/2017
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Retour en vidéo sur le débat des présidentielles entre élus du Val-de-Marne

Vidéo intégrale. A l’occasion des élections présidentielles, le Forum politique nogentais organisait ce jeudi 20 avril, en partenariat avec 94 Citoyens, un débat public entre représentants de cinq candidats,  par ailleurs élus locaux et/ou parlementaires du Val-de-Marne, afin de présenter les programmes de leur candidat et d’en défendre les implications concrètes des programmes à l’échelle locale.

Cinq représentants de candidats avaient été invités : Christian Cambon, sénateur maire de Saint-Maurice et président de LR 94 pour François Fillon, Jonathan Kienzlen, conseiller régional PS et premier fédéral du PS Val-de-Marne pour Benoit Hamon, Dominique Bourse Provence, conseiller régional FN et secrétaire départemental du FN pour Marine Le Pen, Jean-Jacques Bridey, député-maire PS de Fresnes, représentant En Marche dans le Val-de-Marne pour Emmanuel Macron et Pascal Savoldelli, vice-président du Conseil départemental du Val-de-Marne pour Jean-Luc Mélenchon.

Devant 350 personnes, ils ont développé six thématiques durant 2h30 : emploi, sécurité, éducation, environnement, participation des citoyens et ouverture au reste du monde.

En-dessous de la retransmission intégrale du débat, un aperçu des arguments échangés ainsi que les extraits vidéos de chacun des thèmes. Nous publions également la tribune proposée par Christophe Maximilien, représentant DLF en Val-de-Marne, qui n’était pas invité à débattre pour représenter son candidat Nicolas Dupont-Aignan.

En très bref

  • Emploi

Christian Cambon et Jean-Jacques Bridey proposent à la fois de jouer sur  la fiscalité des entreprises et  de développer  la formation professionnelle. Pascal Savoldelli remet en question le pacte de responsabilité et le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) qu’il considère insuffisant pour créer des emplois et trop coûteux. Jonathan Kienzlen développe le revenu universel. Dominique Bourse-Provence propose des mesures protectionnistes contre la concurrence d’autres pays où la main d’œuvre est moins chère.

  • Sécurité

Tous les participants se sont accordés sur la nécessité de créer davantage de postes de policiers et gendarmes. Dominique Bourse-Provence a jugé les lois Taubira et Dati réformant la justice trop laxiste et estime qu’elles doivent être abrogées, «en matière de délit, il faut qu’il y ait certitude de l’arrestation, de la sanction et de son accomplissement effectif». Christian Cambon a dénoncé quant à lui les populations «victimes des petits caïds de banlieue qu’ils faut menacer d’expulsion de leurs logements sociaux pour mettre fin à l’insécurité». Jean-Jacques Bridey, Jonathan Kienzlen et Pascal Savoldelli se sont accordés sur la nécessité de revenir à une police de proximité. Tous ont aussi défendu la nécessité de développer le renseignement.

Extrait sur la sécurité :

  • Education

Jonathan Kienzlen a commencé par saluer le bilan de l’exécutif sortant avec plusieurs dizaines de milliers de postes supplémentaires créés pendant le quinquennat, «Benoit Hamon veut mettre le paquet sur le primaire, avec 20 000 recrutements supplémentaires, mais aussi lutter contre l’inégalité avec un service public du soutien scolaire, davantage d’aides pour le handicap». Pascal Savoldelli souhaite une abrogation de la réforme des rythmes scolaires et estime, l’instar du représentant socialiste que la carte scolaire doit être modifiée pour contrer les stratégies d’évitement et promouvoir une véritable mixité sociale, «en matière d’éducation, il doit y avoir une application totale de la gratuité de l’école, essentielle pour promouvoir l’égalité de tous au stade de l’apprentissage, donc cantine, transports, et activités périscolaires gratuites». Jean-Jacques Bridey a également évoqué la question de la lutte contre les inégalités scolaires. Pour cela, son candidat propose la mise en place de classes allégées à 12 élèves pour les établissements des réseaux d’éducation prioritaire.  «Il faut également amplifier la garantie jeune pour les jeunes inexpérimentés et sur la réforme des rythmes scolaires, laisser les communes choisir de les maintenir ou d’y mettre fin». Dominique Bourse-Provence a jugé que l’éducation nationale devait revenir à des fondamentaux avec 50% des enseignements tournés vers l’apprentissage du français et la restauration de l’autorité des enseignants dans leurs salles de classes. Il a également fustigé le collège unique. Enfin, Christian Cambon a estimé que l’éducation nationale devait revenir aux fondamentaux. «Il n’est pas possible que des élèves sortent du système scolaire sans ne savoir lire, écrire et compter. Dans le même temps, il faut privilégier à nouveau les filières d’excellence avec les classes bilingues et la possibilité d’apprendre le grec et le latin».

Extrait sur l’éducation :

  • Environnement

Christian Cambon a loué les résultats de la COP 21 et précisé que François Fillon souhaitait moderniser et sécuriser le parc nucléaire, moderniser les transports en communs ou encore développer les énergies renouvelables. Jonathan Kienzlen s’est livré a un plaidoyer contre le nucléaire, souhaitant sa sortie à l’horizon 2050, «la sécurité nucléaire n’existe pas, regardez Fukushima, et puis sur les destructions d’emplois, le démantèlement doit prendre une trentaine d’année. Enfin, nous n’avons pas d’indépendance énergétique, à moins que vous ayez un puits d’uranium chez vous M.Cambon, nous devons aller le chercher au Niger». Dominique Bourse-Provence s’est prononcé contre la maltraitance animale, dans les abattoirs ainsi que dans les laboratoires et s’est opposé au développement des fermes usines. Il a également considéré que les énergies renouvelables devaient être privilégiés tout en excluant le développement de l’énergie éolienne, «une horreur sur le plan visuel qui ne permet que de toucher 5000 euros pour les communes par unité». Pascal Savoldelli a insisté sur la nécessité d’un vaste plan de rénovation de l’habitat pour l’isolation thermique ainsi que la réduction des transports polluants. Enfin, Jean-Jacques Bridey a prôné l’alignement de la fiscalité du diesel sur l’essence à l’horizon 2022, la fermeture des dernières centrales à charbon, la poursuite de l’interdiction de l’exploitation des gaz de schiste et l’octroi de davantage de moyens à l’agence de sûreté nucléaire.

Extrait sur l’environnement :

  • Participation des citoyens

«Emmanuel Macron souhaite donner davantage de place pour le dialogue social dans l’entreprise, faciliter la numérisation des démarches administratives, moraliser la vie politique et développer la citoyenneté en mettant l’accent sur la fraternité», a défendu Jean-Jacques Bridey. «Nous vivons une crise institutionnelle de la démocratie, il faut renverser les choses avec le passage à la 6e république et en finir avec le fait monarchique», a expliqué Pascal Savoldelli, appelant également à la mise en place du vote des étrangers. «Les Français sont attachéq à la figure du président, le problème c’est que la majorité des décisions sont prises depuis Bruxelles dans une logique non démocratique, nous demandons également l’application de la majorité proportionnelle intégrale à toutes les élections», a prôné Dominique Bourse-Provence. «Alors que les citoyens demandent plus de proximité, le pouvoir actuel a complexifié l’organisation territoriale française en ajoutant un nouvel échelon, ce qui génère davantage d’impôts, il faut simplifier ce système» a proposé Christian Cambon. «Nous sommes pour une 6e république avec proportionnelle intégrale aux élections, une réforme du statut d’élu évitant l’embauche de proches, la reconnaissance du vote blanc, le référendum d’initiative populaire et la possibilité pour les étrangers de prendre part aux élections», a conclu Jonathan Kienzlen.

Extrait sur la participation des citoyens :

  • Ouverture au monde et rayonnement international

Dominique Bourse-Provence a estimé que la France devait en finir avec l’autoflagellation systématique et être fière de sa puissance, «il faut développer la francophonie avec l’ouverture d’un grand ministère dédié, ça n’est pas parce que l’on refuse que son pays se dilue dans le monde que nous ne sommes pas ouverts sur le monde. Enfin, il faut se donner les moyens matériels de pouvoir être des gendarmes du monde». Pour Christian Cambon, la France est inaudible sur le plan international, absente de tous les grands sujets internationaux, «il faut retrouver notre capacité militaire parce que nous avons multiplié les opérations extérieures avec du matériel susceptible de mettre en danger nos forces, il faut utiliser 2% de notre budget aux forces armées. Sur le plan de l’immigration, il faut instaurer des limites comme le font le Canada ou l’Australie, sans remettre en cause le droit traditionnel d’accueil aux réfugiés». Pascal Savoldelli s’est indigné contre le commerce des armes auquel se livre la France, «je suis effaré de la politique de la canonnière qui a été mené pendant ces 5 ans, ça n’a rien résolu. Il faut privilégier la diplomatie pour parvenir à la paix et mettre les interventions militaires sous l’égide de l’ONU. Enfin, il faut changer cette Europe des traités qui provoque la montée du libéralisme et une austérité galopante». « Je suis d’accord, il faut changer l’Europe, a enchaîné Jean-Jacques Bridey. Mais il ne faut pas renier ses acquis que sont la stabilité et la paix. Il faut refonder le projet et faire du concret, des fonds européens pour le développement des startups, amplifier le programme Erasmus, se doter d’un budget de la zone euro pour porter les projets d’avenir et venir en aide aux pays en situation d’urgence budgétaire. Jonathan Kienzlen a défendu le multilatéralisme de la France, refusant l’alignement derrière les Etats-Unis ou la Russie, «avec le Brexit, nous allons être le seul pays de l’UE avec un droit de véto au conseil de sécurité de l’ONU, nous avons un rôle important à jouer. Benoit Hamon souhaite un parlement de la zone euro pour débattre des orientations fiscales, la fin des traités de libre échanges TAFTA et CETA et la lutte contre l’optimisation fiscale».

Extrait sur l’ouverture au monde et le rayonnement international :

Tribune de Christophe Maximilien, représentant DLF en Val-de-Marne

Christophe Maximilien n’était pas invité à représenter son candidat, Nicolas Dupont-Aignan, et nous a adressé une tribune. Nous la publions ci-dessous.

« A quelques jours du 1er tour des élections présidentielles tout le débat se concentre autour du « carré de tête », chacun se sentant donc obligé de se prononcer exclusivement par rapport à cette quadrature infernale : Fillon ? Macron ? Le Pen ? Melenchon ?
A vrai dire nous nous apprêtons, une nouvelle fois, à voter par défaut et ainsi à fragiliser un peu plus la symbolique démocratique de l’élection présidentielle.
Les français sont en effet dans leur très grande majorité déçus par l’inefficacité politique de nos dirigeants et ils ne se reconnaissent plus dans les vieux partis traditionnels ! Leur colère est légitime tant nous sentons bien que notre pays se déclasse et s’affaisse progressivement.
Mais voilà ce quatuor imposé nous amène tout droit vers de nouvelles déceptions : Si les français veulent crier leur colère ils voteront Melenchon ou Le Pen. Certes je comprends cette colère mais quelles solutions apporteront ces votes ? Seront-ils capables de rassembler les français pour redresser le pays ? Nous nous apprêtons malheureusement à gérer de nombreux conflits et donc à sacrifier, une nouvelle fois, un quinquennat car l’extrémisme divisera et décevra !
Face à ces impasses d’autres nous appellent à la sagesse, bref à un quasi statu quo. D’un côté Fillon, évidemment moins pire que Hollande, mais qui prétend la rupture en appliquant des solutions économiques et sociales des années 80. Là encore il ne pourra pas rassembler les français et reste malheureusement prisonnier du logiciel politique habituel. D’un autre côté Emmanuel Macron, certainement pire car prétendant incarner le renouveau alors qu’il est totalement soumis au politiquement correct et à la mondialisation débridée. Derrière « la nouveauté » et « l’anti-système » nous avons le digne représentant de l’actuel déclassement de notre pays, totalement soumis et hors sol ! Malgré le visage d’ange du candidat Macron, le futur président n’incarnera pas la France, son histoire et ses valeurs. La France a un message singulier à porter, différent, parfois même un peu rebelle. La France doit se réformer mais elle doit aussi défendre son modèle social, sa capacité à protéger les plus faibles. Elle doit être fière de cette différence, de ces forces et ce n’est pas en cherchant à tout abandonner et à tout aligner (hubériser diront certains) que nous susciterons l’espoir et l’envie.
Un président doit aussi être un capitaine, fixer un cap, incarner des convictions tout en étant ouvert et à l’écoute. La méthode Macron consistant à faire la synthèse de toutes les idées ne peut déboucher que sur une lâcheté et une inefficacité. La France meurt de la lâcheté de ces dirigeants. Ne remplaçons donc pas un lâche par un nouveau lâche, même s’il est en marche !
Alors oui il faut oser, au premier tour, envoyer un message de cœur, un message de conviction vers ce qui nous semble être le meilleur pour la France. A quoi sert le vote utile si c’est un vote par défaut ? A quoi sert le vote s’il ne permet cette liberté d’expression ?
Nicolas Dupont-Aignan est un homme libre et indépendant. Il a eu le courage de quitter l’UMP pour défendre sa vision gaulliste de la France. C’est un élu local qui connaît vraiment le quotidien des français.
L’utilité de ce premier tour est précisément d’oxygéner la politique en refusant le carcan du quatuor et en soutenant un homme différent, droit, un homme de parole (le candidat des républicains ne peut, loin de là, pas en dire autant).
Oxygéner la politique par une vision de la France équilibrée et rassembleuse.
Pour cela Nicolas Dupont-Aignan propose un gaullisme social et un patriotisme humaniste.
Le gaullisme social est la vision la plus éclairée susceptible de relancer notre pays. La France a besoin de redonner toute sa place à la valeur travail, non pas en sanctionnant les français en les obligeant à payer toujours plus de charges, en leur promettant toujours plus de sacrifices, mais en les incitant à se dépasser, à se surpasser dans cette gigantesque bataille économique mondiale.
Pour cela il faut libérer nos entreprises, assouplir les contraintes et les lourdeurs qui sclérosent les initiatives et les audaces,  il faut libérer le fruit du travail des français. Il s’agit ici d’un cercle vertueux, quand certains nous promettent austérité et donc inévitablement accélération de la dévitalisation de nos énergies nationales.
Cette croissance positive doit reposer sur la préservation de notre pacte social, seul susceptible de garantir « l’esprit d’équipe » nécessaire. Nous avons besoin d’un dialogue social respectueux avec nos partenaires sociaux pour fédérer et motiver tous les acteurs. Ce n’est pas en cherchant à réveiller des sujets sociaux clivant ou en faisant du nivellement social, que nous pourrons relancer les énergies collectives. Recherchons la qualité et non pas le nivellement sur l’autel de la mondialisation !
Bien sûr défendre notre pacte social ne veut pas dire qu’il ne faut pas développer la nécessaire justice sociale en mettant fin aux excès de certains assistanats, qui dénaturent malheureusement la belle idée de solidarité nationale. Nous incarnons donc une « troisième voix » intelligente et équilibrée, entre des candidats qui égrainent des promesses économiquement catastrophiques et ceux soumis à l’ultra-capitalisme déshumanisé !
Le patriotisme humaniste, car nous sommes des amoureux de la France. Nous ne supportons plus ces éternels défaitistes qui veulent absolument faire de la France un pays « trop petit », « dépassé », « pas à la hauteur »…Ceux qui gagnent sont ceux qui osent relever la tête.
Evidemment certains préféreraient voir disparaître notre attachement à la France, à nos terroirs, à notre histoire, pour nous diluer dans une immense globalisation prétendument moderne.
La vraie modernité sera dans notre capacité à réinventer une France fière et forte, une France conquérante et gagnante. Pour cela nous devons retrouver notre liberté et notre capacité d’agir, grâce à un état stratège, libéré des contraintes de Bruxelles. Une France qui sera à l’initiative d’une belle Europe, moins contraignante et technocratique mais plus conquérante et fédérant les énergies des nations plutôt que cherchant à niveler nos pays sur l’autel d’un dogme imposé.
Patriotisme humaniste car nous voulons rassembler les français autour de l’amour de leur pays. Nous ne voulons pas aimer la France pour nous replier sur nous et exclure, nous voulons incarner et défendre nos valeurs. Des valeurs incompatibles avec les extrémismes et les dérives communautaristes que nous devons combattre pour insuffler l’assimilation de tous à la République. Cette belle République Française capable de donner sa chance à chacun ! Notre république, de plus en plus agressée et menacée, que nous devons impérativement protéger, sans aucune faiblesse, de toutes les barbaries ! »

 

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