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Initiative | Villejuif | 19/05
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Depuis Villejuif, le Groupe Accueil et Solidarité (GAS) aide les réfugiés à se loger

Ne vous laissez pas tromper par le calme de la place Maurice Thorez à Villejuif. Le visiteur pénètre dans une véritable caverne d’Ali Baba à peine poussée la porte du 17, le local du GAS (Groupe Accueil et Solidarité). Installé depuis une dizaine d’année à Villejuif, l’association agit dans toute l’Île-de-France en soutien aux demandeurs d’asile. 

Armoires, matelas, chaises, canapés, bibliothèques, commodes, tables, lustres sont entreposés au rez-de-chaussée selon une organisation rigoureuse. Jean-Luc et Yakub parcourent rapidement des yeux la pièce et cochent sur un papier les articles qu’ils vont devoir charger le lendemain pour aller livrer un appartement de bénéficiaires. A l’étage, Monique et Michelle plient des vêtements qui rejoignent des piles de linge de maison. Il n’est pas rare non plus de trouver des jouets et des jeux de société prêts à trouver preneur. A quelques mètres de là, les salariés de l’association occupent un petit espace où ils accueillent le public. C’est dans cette petite fourmilière que près de 500 personnes et familles réfugiées sont reçues chaque année pour recevoir une aide juridique précieuse, un logement, de quoi se meubler, et de la chaleur humaine.

Le GAS ou Groupe Accueil et Solidarité est une association créée au début des années 80 dans les Hauts-de-Seine pour accueillir des réfugiés politiques latino-américains. Trente ans plus tard, il y a encore beaucoup d’hommes et de femmes qui fuient des pays en guerre ou en situation d’urgence, et l’association continue sans relâche de les aider dans les procédures longues et fastidieuses qui les attendent, s’appuyant sur quelques salariés et une cinquantaine de bénévoles. Son activité principale : leur assurer un logement décent et équipé durant toutes les périodes de flottement liées à l’examen de leur dossier de demande d’asile par l’office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) basé à Fontenay-sous-Bois.

Christophe Levy, secrétaire général du GAS

L’association loue des appartements pour les mettre à disposition de ménages et cette année, près de 158 personnes vivent dans les 53 logements gérés par le GAS qui compte parmi son offre des studios mis à disposition par des associations partenaires comme Revivre, SNL, ou encore des centres d’accueil tel que Resid’etape à Créteil. Qu’ils bénéficient d’un logement temporaire au GAS, qu’ils soient hébergés ou qu’ils vivent dans la rue, l’association tente également de trouver des solutions d’hébergement pérenne aux réfugiés qui la sollicite, en négociant avec les mairies, offices publics d’habitation ou services de l’État. «Tout ces organismes demandent un certain nombre de pièces pour les dossiers de demandes de logement et lorsqu’ils constatent une incohérence, ils ralentissent le traitement. Parfois, on leur propose aussi des appartements hors de portée des moyens du ménage ou trop loin de leur travail. Lorsque ces personnes refusent pour toutes les raisons citées, elles perdent le caractère prioritaire de la demande. Il faut alors attendre, passer des coups de fil, envoyer des courriers. C’est souvent décourageant mais j’aime me battre contre les administrations», motive Axelle Dazac chargée de mission au relogement. Chaque année une dizaine de bénéficiaires parviennent à se reloger, essentiellement sur le parc social.

Axelle Dazac, chargée de mission aux côtés d’un stagiaire.

Confronté à leurs premières factures lors de leur aménagement, les ménages se retrouvent aussi parfois en difficulté pour se meubler et s’équiper. S’inspirant du modèle d’Emmaüs, un camion conduit par deux réfugiés en contrat d’inclusion parcourt deux fois par semaine la région auprès de particulier qui contactent l’association pour vider leurs logements. «Chaque semaine le local se remplit, puis, le samedi, nous recevons trois familles qui viennent se servir de ce qui leur manque, ensuite nous les livrons. Il arrive parfois que nous dépannions des riverains ou que nous faisions des dons à des associations amies, autrement, nous n’aurions plus la place», note Jean-Luc. Les bénévoles visitent a minima une fois par mois les bénéficiaires pour prendre de leurs nouvelles, partager des moments de convivialité et réaliser un peu de bricolage.  «Nous préparons ensemble l’entretien avec l’officier de l’OFPRA et j’ai pu assister à quelques uns en tant que tiers observateurs. C’est un entretien de plus d’une heure au cours duquel la personne, parfois assistée d’un interprète doit concrètement expliquer que son pays d’origine ne le protège plus, voire le persécute. Ce sont beaucoup de cas difficile avec de très longs parcours mais il y en a qui s’en sortent bien comme cette jeune femme arrivée à 17 ans qui est aujourd’hui aide soignante et souhaite maintenant passer un concours pour devenir préparatrice en pharmacie», se souvient Maud Fourny, la conseillère juridique.

Maud Fourny, conseillère juridique entourée de trois bénévoles.

Si les réfugiés sont prioritaires sur les meubles et équipements récoltés par le GAS, les bénévoles mettent de côté un certain nombre d’articles recherchés qui sont proposés régulièrement lors de braderies ouvertes à tous, sur la place Thorez et dans le local du Groupe Action et Solidarité. L’occasion pour un grand nombre de visiteurs de faire connaissance avec l’association, et de faire des affaires. Les fonds collectés par le GAS lors de ces événements dont le prochain aura lieu le 10 juin, sont une source non négligeable de financement des activités de l’association, très dépendante des fonds européens. «Pour la période 2014-16, nous avons obtenu 200 000€ du fond asile migration et intégration de l’Union Européenne mais pour l’heure, nous n’avons reçu que 41 000€, le reste ne sera versé qu’après un audit et une demande de solde. Il faut donc justifier de trois ans de dépenses et cela représente un travail conséquent. Sans nos contributeurs et notre trésorerie, nous ne pourrions pas résister. Pendant une vingtaine d’années, nous avons pu compter sur un bénévole qui s’occupait du contrôle de gestion mais il va arrêter et nous allons certainement devoir embaucher une personne rien que pour cela. Les procédures se sont compliquées. Avant, il suffisait d’un  courrier à la DDASS en janvier et la subvention était versée en novembre. Nous adressions ensuite un rapport d’activité quatre mois plus tard pour nous justifier. Nous avons le sentiment qu’à travers ce système, il y a une volonté de limiter le nombre d’acteurs venant en aide aux réfugiés, c’est dommage», estime Christophe Levy, le secrétaire général du GAS.

 

 

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