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Solidarité | Créteil | 11/05/2017
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Elèves et profs solidaires des lycéens sans papier ont donné de la voix à Créteil

Elèves et profs solidaires des lycéens sans papier ont donné de la voix à Créteil © Fb
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Une centaine d’élèves, de parents d’élèves et d’enseignants ont manifesté devant la préfecture de Créteil ce mercredi après-midi à l’appel de RESF 94, pour défendre le maintien en France de jeunes lycéens sans papiers. Après la réception en préfecture d’une délégation, les soutiens ont obtenu le réexamen des dossiers des élèves.

«Laissez-les étudier», vocalisent de nombreux ados brandissant des pancartes aux slogans réclamant égalité des chance et régularisation des élèves sans papiers. Pendant quelques minutes, un cercle s’est formé autour d’une dizaine de jeunes de l’atelier théâtre du lycée Léon Blum de Créteil pour une performance artistique : une chorégraphie de gestes collectifs sur le morceau très social des rappeurs Bigflo et Oli, Je suis, qu’ils ponctuent à l’unisson par un poignant «Je suis la France». Victor-Hugo, élève en terminale littéraire venu du Brésil et concerné par la menace d’expulsion, participe au happening «C’était important de faire cela ensemble, ça montre que nous ne sommes pas seuls, qu’il y a une mobilisation autour de nous», note avec un grand sourire Victor-Hugo. «Nous ne savions pas qu’il était dans cette situation, on ne se rend pas compte au départ de la difficulté que cela représente au quotidien. Il fréquente le même établissement que nous, il est très proche des autres et s’investit dans la vie du lycée. Il nous a dit plusieurs fois qu’il comptait s’inscrire en classe préparatoire l’an prochain. Il a ses amis, sa copine et ses projets de vie ici. Son départ est inenvisageable», défend Tayser.

Comme lui, Hazem, Laye, Bandiougou, et deux mamans congolaises sont sous le coup d’une obligation de quitter le territoire après avoir essuyé un refus de droit au séjour. «Tous les deux mois, le réseau éducation sans frontière est reçu en Préfecture pour déposer 30 dossiers de régularisation d’élèves sans papiers. Jusqu’à présent, lorsqu’il manquait des pièces et que les services de l’État refusaient le droit au séjour, ils en restaient là et nous pouvions représenter des demandes. Or, cette fois-ci, la préfecture a non seulement refusé le droit au séjour mais leur a aussi demandé de quitter le territoire. C’est une application du texte rigoureuse, qui ne prend absolument pas en compte la situation de ses personnes, vivant en France depuis plusieurs années, ayant parfois des parents en situation régulière ici», résume Pablo Krasnopolsky, le responsable du RESF94. «Il faut savoir que nous avons obligation d’inscrire un élève, même s’il n’a pas de titre de séjour. A leur arrivée dans l’établissement, ils se font discrets. Parfois, s’ils se sentent en confiance, ils signalent eux-mêmes leur situation. D’autres fois, ce-sont les élèves ou les enseignants qui nous alertent. Ce sont souvent des élèves très investis et au bon niveau scolaire. Ils savent que les études sont leur unique planche de salut. Ce mode de fonctionnement par lequel on refuse la régularisation des élèves pour ne pas fâcher les électeurs de droite, tout en les scolarisant pour ne pas heurter les sensibilités de gauche est hypocrite!», considère Matthias qui enseigne le français pour les étrangers au lycée Chérioux de Vitry-sur-Seine.

Deux heures durant, une délégation composée d’élèves et de responsables du réseau Education sans frontière (Resf), se sont entretenus avec le personnel de la préfecture pour obtenir, dans la plupart des cas soulevés, le réexamen de la demande de droit au séjour. «Dans plusieurs dossiers, ils réclamaient des pièces que nous avions déjà fournies. D’autres fois, ils ont prétexté qu’ils ne pouvaient pas donner droit à la demande de séjour des personnes parce qu’il leur manquait encore quelques mois de présence sur le territoire pour y prétendre», s’agace une assistante sociale en milieu scolaire qui a participé à l’élaboration de dossiers. «Nous allons rester vigilants sur les suites données à ces demandes. C’était très important de voir ces jeunes devant la Préfecture dans un élan de solidarité qui dépassait leur propre établissement. Les services de l’Etat savent à présent qu’il y aura toujours un front prêt à défendre ces élèves en cas de nouvelle demande de quitter le territoire», conclut Pablo Krasnopolsy.

 

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