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Politique locale | Villejuif | 05/06
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Nouveau psychodrame au Conseil municipal de Villejuif

Les psychodrames au Conseil municipal de Villejuif se suivent sans tout à fait se ressembler, de sorte qu’une séance sans interruption, claquage de porte ou autre happening est désormais devenue l’exception qui confirme la règle.

Ce vendredi 2 juin, alors que la campagne des législatives bat son plein, il n’y a pas eu d’exception, et les portes ont claqué avant même qu’un premier point de l’ordre du jour ait pu être discuté. Il est vrai que l’ambiance était tendue d’entrée de jeu, avec d’une part la démission deux jours plus tôt de l’exécutif de Philippe Vidal et Paulo Nunes, qui ont prévu de créer un groupe d’opposition LREM, d’autre part une tension au niveau des agents de la ville, alors qu’une douzaine d’entre eux ont subi une baisse de salaire, motivée par la ville en raison d’une délibération votée en ce sens en 2014. Une baisse de salaire qui a suscité un mouvement de grève cette semaine et une interruption du CT (Comité technique paritaire entre la direction de la ville et les délégués du personnel). pour faire le point,  les groupe d’opposition PS, PCF, EELV et MRC-PG exigeaient de faire la lumière via une mission d’information et d’évaluation. Pour appuyer leur demande, ils avaient proposé un voeu en ce sens, appelant le maire « à inscrire à l’ordre du jour du prochain conseil une délibération rétablissant, conformément à l’article 88 de la loi du 26 janvier 1984 (modifiée le 20 avril 2016) le maintien à titre individuel du montant indemnitaire de tous les agents au niveau qui était le sien en avril 2017, avec effet rétroactif sur les paies de mai et juin. » Alors que l’ambiance est déjà tendue, le maire a refusé de mettre le voeu aux voix. L’opposition de gauche a alors réclamé  une interruption de séance, également refusée, mais plusieurs conseillers se sont levés malgré tout, entraînant un ajournement du Conseil par le maire, faute de quorum.

« La majorité municipale regrette le comportement de certains élus de l’opposition lors du Conseil municipal du 2 juin qui a fini par une absence de quorum entraînant ainsi le non respect de l’expression de la démocratie et la levée de la séance, réagit le cabinet du maire. Par des propos désobligeants et indignes à l’égard d’autres membres de l’institution, des prises de paroles sans les demander, ou encore le refus de l’application du Règlement intérieur, certains élus de l’opposition avaient ainsi décidé de perturber la séance. Les premiers à crier au déni de démocratie sont les premiers à la bafouer« , poursuit le communiqué de la ville. Conséquence : le report d’un vote concernant l’institution d’une commission communale ville handicap ou encore la demande d’une subvention parlementaire pour la création d’une épicerie sociale et solidaire, regrette encore la ville.

Du côté des écologistes, on s’interroge en retour sur les motivations de la majorité municipale, évoquant la crainte de se retrouver en minorité et l’embarras concernant l’affaire des rémunérations des agents. Voir l’article des élus EELV. « Comment cette majorité pourra-t-elle conduire cette ville? Nous devons être conscients de ce problème et ne pas abandonner notre ville, ses agents et ses habitants », motivent pour leur part les élus PCF sur leur page Facebook. En campagne, la candidate LR Audrey Gaudron fustige, elle,  l’absence du candidat LR dissident Michel Monin, adjoint de la majorité, sans laisser de pouvoir, contribuant ainsi à la difficulté de constituer une majorité, et accuse le nouveau groupe LREM d’avoir « créé un incident de séance pour discréditer l’action de la droite du centre ».

Pour le maire LR, Franck Le Bohellec, l’urgence est désormais de se reconstituer une majorité de vote sur laquelle il puisse compter, ce qui implique un rabibochage d’urgence avec son adjoint Michel Monin, des concessions vis-à-vis de Jean-François Harel et une opération séduction envers les anciens colistiers de Philippe Vidal qui n’ont pas suivi ce dernier dans son nouveau groupe LREM constitué avec Paulo Nunes.  Sans cela, chaque nouveau Conseil sera l’occasion d’une nouvelle variation sur un même vaudeville, comme déjà constaté précédemment.

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8 commentaires pour Nouveau psychodrame au Conseil municipal de Villejuif
  • En parlant de rabibochage, vous avez oublié l’épisode JF Harel contre son ancien colistier Obadia… pas sûr qu’au sein de cette « hypothétique majorité », les deux arrivent à s’entendre…
    On arrête pas le progrès !

  • J’ai participé à ce conseil,j’ai honte,affligé,triste pour ma ville.
    Un maire qui perd son sang froi
    d,une cours d’école…bref une catastrophe
    Vivement 2020 pour faire le ménage de ce mandat avec du sang neuf et des idées constructives d’avenir pour Villejuif.

  • Excellent article. Un petit détail toutefois : il y a une différence entre les votes et le quorum.
    – Le quorum exige la présence physique des élus (il en faut la moitié)
    – Pour les votes chaque élu peut « porter » une procuration.

    Michel Monin avait évidemment laissé une procuration à la liste du maire. En revanche, comme depuis un an, il n’était pas là ! (Il parait qu’il animait une de ses propres réunions électorales).

    Il affaiblissait ainsi, non pas la majorité, mais sa capacité à assurer le quorum. Sur ce point il était loin d’être le seul. La « majorité » (à une voix près, en plus ou en moins : cf l’article que vous citez de notre site, http://www.laveniravillejuif.fr/spip.php?article747 ) n’avait que 19 personnes en salle. Il en faut 23 pour le quorum. Il suffit que les membres de notre groupe se lèvent (ne serait-ce que pour aller aux toilettes ! ) et il n’y a plus le quorum. Or, suite au refus du maire d’examiner notre vœu en faveur des agents, nous avions demandé une suspension de séance de quelques minutes pour nous concerter, ce qui est de droit (le maire ne peut s’y opposer), donc nous nous somme levés quand même. Le maire le savait parfaitement et, pétage de plomb ou calcul, il s’en est servi consciemment pour interrompre le conseil.

    Le problème Monin est réel. Pourquoi ne vient-il plus jamais au conseil alors qu’il est maire-adjoint pour l’une des délégations la plus chargée de problèmes brûlants : les sports et la jeunesse ? Le maire cherche-t-il à le protéger des questions embarrassantes ? Le maire a plusieurs enquêtes policières sur le dos, et dans deux d’entre elles M. Monin est lui aussi impliqué avec un rôle clef (enquête sur l’affaire de la Halle des sports http://www.laveniravillejuif.fr/spip.php?article489, enquête sur le suicide d’un animateur sportif : http://www.laveniravillejuif.fr/spip.php?article703 ). Ont-ils des divergences sur la ligne de défense ? Nous n’en savons rien.

    Mais la question Monin est négligeable dans la présente affaire. L’important était de voter le plus vite possible ce vœu mettant à l’ordre du jour du prochain conseil, début juillet, une délibération permettant aux agents de partir en vacances avec leurs pleines indemnités (certains d’entre eux perdant jusqu’à 30 % de leur rémunération !). Le maire prétend les défendre contre le Trésorier Payeur Général. En bloquant le vœu, il a confirmé le soupçon qu’il est le maitre d’œuvre réel de cette nouvelle affaire, dont les élus de En Marche ont eux-mêmes lui fourni le prétexte ( cf http://www.laveniravillejuif.fr/spip.php?article746 ), et
    qui comme par hasard frappe majoritairement des syndicalistes.

  • Alain Lipietz, il me semble que Michel Monin n’a même plus donné de pouvoir.

  • « une absence de quorum entraînant ainsi le non respect de l’expression de la démocratie et la levée de la séance, réagit le cabinet du maire  »
    L’absence de quorum est problématique effectivement, et quand le quorum d’un conseil municipal ne tient plus que par l’opposition, il faut se poser les bonnes questions ! en tout cas, un aveu de faiblesse

  • ==> « Par des propos désobligeants et indignes à l’égard d’autres membres de l’institution, des prises de paroles sans les demander, ou encore le refus de l’application du Règlement intérieur, certains élus de l’opposition avaient ainsi décidé de perturber la séance. Les premiers à crier au déni de démocratie sont les premiers à la bafouer« »
    Ceci est une blague qui ne fait rire plus grand monde… le maire n’applique le règlement intérieur que quand ç al’arrange (réponses inexistantes aux questions orales, non présentation des permis de construire en 2 ème commission, constitution des groupes politiques etc). En ce qui me concerne, je n’ai à aucun moment voulu perturber la séance, ni bafouer la démocratie : car la démocratie, c’est garantir l’échange et les débats au sein du conseil municipal. Mr Le Maire a décidé de répondre aux seules questions qui ne l’incomodent pas, et a délibéremment annoncer ne pas vouloir répondre à mes questions ! Le déni de démocratie (que certains membres de la tenue majorité actuelle) est constaté quand le 1er magistrat de la ville ne respecte pas le règlement intérieur et ne répond pas aux questions de certains élus (qu’elles soient embarrassantes ou pas d’ailleurs)

  • A Villejuif, aucun groupe politique n’est blanc dans cette histoire car personne n’est sans savoir que lorsque l’électorat avait élu la majorité municipale au 2ième tour des élections de 2014, les composantes de cette Union Citoyenne étaient parfaitement conscientes de ce que cela représenterait et savaient pertinemment qu’elles se devaient d’accepter de tenir – moralement et politiquement – leurs engagements pour la durée du mandat de 5 ans.
    Au lieu de cela, les rivalités mesquines exacerbées par le sentiment de s’être fait gruger au moment du partage des responsabilités au sein de la mairie juste après le 2ième tour se sont rapidement traduites par l’apparition rapide au niveau de chaque élu d’un sentiment de frustration vite compensé par l’émergence d’un esprit arriviste et égocentrique : en clair, ayant considéré ne pas avoir obtenu satisfaction (ou pas assez) chacun y est allé de bon cœur – quel que soit le prétexte invoqué – pour tenter de chercher ailleurs si l’herbe n’y était pas plus verte autrement dit plus nourrissante (sic).
    Pour défendre pitoyablement une situation devenue moribonde et dans l’attente de connaitre des jours meilleurs, les groupes politiques de l’ex glorieuse Union Citoyenne, incapables d’avoir su fédérer et maintenir l’esprit de ce pourquoi ils avaient été élus, passent leur temps à se draper dans leur fierté en jouant les veuves éplorées, se rejettent mutuellement la responsabilité de la situation quitte à en découdre comme on a pu le constater lors du dernier Conseil Municipal.
    Cette politique de la terre brulée se paiera un jour au prix fort.
    Face à ce marasme, le maire et les élus, dépassés par les évènements et claustrés par une charge trop lourde à supporter, trouvent cependant la ressource nécessaire pour s’accrocher désespérément au radeau de ce qu’il leur reste de la notion d’intérêt public, c’est-à-dire le foncier, seule source lucrative d’ici 2020.

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