Culture | Accueil | 24/11/2017
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Les secrets de la géographie expliqués au Géoroom de Saint-Mandé

Les secrets de la géographie expliqués au Géoroom de Saint-Mandé © IGN

Rien ne leur échappe ou presque. L’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) possède des centaines de milliers de cartes, documents historiques et vues aériennes de la France. Cette collection, qui s’enrichit désormais de manière de plus en plus réactive grâce aux nouvelles technologies, révèle ses secrets aux publics dans un espace spécialement conçu par l’IGN : le Géoroom de Saint-Mandé.

La France fait partie des rares pays qui cumulent quatre siècles de représentation géographique fine. La Carte de Cassini au milieu du XVIIIe, la carte d’État-major réalisée un siècle plus tard puis la première carte à partir de prises de vues aériennes en 1950, et enfin, la carte actuelle de l’IGN, permettent d’observer plus ou moins grossièrement l’évolution de notre territoire.

En posant l’une contre l’autre les images du littoral landais à plusieurs décennies d’intervalle, on prend ainsi conscience de la perte de quelques hectomètres de côte, le long de la dune du Pyla. Sur les vues aériennes espacées d’une cinquantaine d’années, le survol des campagnes témoigne pour sa part du remembrement des terres agricoles, des petits polygones morcelés des années 50 aux étendues rectangulaires, redessinant le paysage vue du ciel. Constat spectaculaire également dans notre département du Val-de-Marne, où des terrains agricoles ont cédé la place à quelques espaces bien connus de notre territoire comme le MIN de Rungis ou le lac de Créteil.

Cet article s’inscrit dans le cadre de la rubrique Loisirs et tourisme, rédigée  grâce au soutien de Tourisme Val-de-Marne.  Le comité du Tourisme organise les réservations des visites commentées du Géoroom. Les prochaines visites se tiennent les 7 décembre, 4 janvier et 1er février.

«C’est a partir des années 1950 que l’IGN va effectuer sa première couverture aérienne systématique de l’ensemble du territoire français. Jusqu’en 1990, les mises à jour par de nouvelles photographies interviennent tous les dix ans. Aujourd’hui, nos quatre avions Beechcraft Super King Air 200 survolent le ciel français beaucoup plus rapidement, et chaque année, le tiers du territoire est photographié», explique Olivier Plessis, responsable du Géoroom.

La prise de vue aérienne n’est toutefois que la première étape de la fabrication d’une carte, qui permet de modéliser le territoire dans son intégralité. La deuxième phase, déterminante, consiste à faire parler cette carte, grâce à la stéréoscopie, un effet de relief obtenu par la juxtaposition de deux images. Un opérateur décrit les objets géographiques sur les photos et les enregistre sur une base de donnée. Ensuite, des géomètres et topographes sillonnent la France pour compléter le travail des photos aériennes, qu’il s’agisse des sentiers en sous-bois, des limites de communes et même de la toponymie (le nom des lieux), afin d’enrichir l’état des lieux. Chaque année, l’IGN estime que ses agents mettent ainsi dix millions d’objets à jour.

Pendant très longtemps, les cartes ont été dessinées à la main, aujourd’hui, des logiciels sont en mesure de générer une ébauche à partir des éléments de la base de donnée. Des dessinateurs-cartographes vont travailler sur la lisibilité du produit final, imprimé sur des presses offsets et pliées pour un utilisation optimale.

Ces géocubes qui détectent les mouvements de terrain

Au-delà de la diffusion des données géographiques, l’IGN est aussi un lieu de recherche scientifique. Une mission moins médiatique actuellement mise en avant au Géoroom grâce à l’exposition temporaire : Territoires de recherche, jusqu’au 15 janvier. «Il s’agit d’une composante essentielle de notre mission de service public. Nous devons faire progresser les connaissances et porter les dernières innovation en technologie de l’information géographique, ainsi que répondre à la demande croissante des décideurs, des acteurs économiques et du grand public en données géolocalisées. Ainsi, nous possédons cinq laboratoires spécialisés qui effectuent des inventaires, développent des instruments ou travaillent sur une meilleure compréhension de la donnée», explique Olivier Plessis.

C’est au LOEMI, le labo de l’IGN d’optoélectronique, de métrologie et d’instrumentation que l’on doit par exemple le géocube, un outil innovant assurant la surveillance des zones présentant des risques de mouvement de terrain. Placés à différents endroits, ces petits cubes comprenant des modules GPS travaillent en autonomie, communiquant entre eux par radio-fréquence. En enregistrant des données géographiques régulièrement, les géocubes peuvent repérer un glissement de terrain, l’activité volcanique, ou la fiabilité d’un bâtiment.

Afin de permettre aux utilisateurs de consulter des restitutions en trois dimension du territoire français, les laboratoires ont conçu des appareils maîtrisant parfaitement la lasergrammétrie, aussi appelée LiDAR. Cette technique projette des rayons lasers et recouvre de millions de points toute forme rencontrée sur leur route.

Remonter le temps avec les cartes

Pour le plus grand public, le portail le plus connu de l’IGN est bien-sûr, le Géoportail, une carte associée à de nombreuses informations thématiques,  visitée par quelque 4 millions d’internautes chaque mois. Plus récemment, l’institut a aussi lancé Remonter le temps, un outil qui permet de comparer des prises de vues aériennes et des cartes à différentes époques. Côté papier,  l’IGN s’est aussi mis à la personnalisation, histoire d’éviter aux randonneurs d’acheter quatre cartes dont ils n’utiliseront que les bords…

L’IGN s’est aussi engagé depuis plusieurs années dans une démarche d’open data (mise à disposition gratuite des données en libre accès) et développe aussi le collaboratif,  avec notamment des projets avec la communauté française Open Street Map (le wikipédia des cartes), et  la Base Adresse Nationale.

 

Le Géoroom de l’IGN se situe au 8 avenue Pasteur 94160 Saint-Mandé. Ouvert du mardi au vendredi de 10 heures à 19 heures, le samedi jusqu’à 18 heures. Entrée libre.

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