Politique locale | Val de Marne | 31/01/2017
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Hamon ou Macron, la nouvelle ligne de démarcation au sein du PS

Hamon ou Macron, la nouvelle ligne de démarcation au sein du PS
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Depuis le soir du premier tour, les images de la poignée de main entre Benoit Hamon et Manuel Valls passent et repassent sur les écrans. Mais est-ce possible de réunir la gauche du revenu universel du vainqueur et celle des heures supplémentaires défiscalisées de l'ancien Premier ministre ? Est-ce possible d'enrayer la fuite des socio-démocrates chez Emmanuel Macron ? Rien que dans le Val-de-Marne, la tâche ne sera pas simple.

Sénateur-maire d’Alfortville et fidèle de l’ancien Premier ministre, Luc Carvounas veut relever le défi. « Le Parti socialiste est une vieille maison avec des hauts et des bas et je suis très attaché à ce parti. A partir des valeurs qui sont les miennes et de mon histoire, je veux être un pôle de centralité au sein du parti. Je parle avec tout le monde,  le vainqueur, la maire de Paris…  Chez les socialistes, nous sommes loyaux, et lorsqu’on a une compétition, on en accepte les conditions. J’ai conscience que le candidat a été élu avec un collège électoral qui n’est pas majoritaire au sein du parti mais au sein des sympathisants de gauche, mais aujourd’hui nous sommes réunis pour aller au combat contre François Fillon. Mon ambition est le rassemblement et cela parle aux Val-de-Marnais car c’est notre ADN. Aujourd’hui, Benoit Hamon va essayer de rassembler les écologistes, ce qui sera d’autant plus facile techniquement que je ne crois pas que Yannick Jadot aura ses signatures, cela lui permettra donc de sortir par le haut, et une dynamique va s’enclencher, qui dépassera celle de Jean-Luc Mélenchon« , pose l’élu d’Alfortville.

Les gens ne risquent-ils pas d’en avoir ras-le-bol de la synthèse, ceux qui ont voté Manuel Valls ne seront-ils pas tentés d’aller voter Emmanuel Macron ? « Il n’y pas deux gauches irréconciliables, et nous n’aurons pas un comportement de frondeur vis-à-vis du candidat élu. Tout cela est derrière nous, je suis maire d’une ville de gauche« , rappelle Luc Carvounas. « Quant à Emmanuel Macron, on nous abreuve de sondages mais quel est son programme ? Mon job est de ramener les gens perdus chez Macron, à la maison. Je ne me vois pas passer d’accord avec quelqu’un qui rassemble des personnes comme Renaud Dutreil ou Jean Arthuis. Ses soutiens sont plus majoritaires à droite qu’à gauche, et les élus PS qui rejoignent en Marche le font sur la base de règlements de compte locaux comme cela est le cas dans l’Hérault. Une somme d’individualités ne constitue pas une ligne politique »

Pour Jean-Jacques Bridey en revanche, député-maire PS de Fresnes et soutien de la première heure d’Emmanuel Macron, « les primaires ont tranché un débat qui aurait dû avoir lieu depuis longtemps au sein du PS. » Et pas question pour l’élu de changer de champion. « Jamais le PS n’a eu un candidat aussi radical depuis sa création en 1971. Je maintiens mon soutien à Emmanuel Macron et les résultats de la primaire me confortent dans l’idée qu’il s’agit de la seule candidature de progrès et de gauche susceptible de remporter cette élection. Il y a aujourd’hui deux candidats de la gauche de protestation, un candidat de la droite conservatrice, et cela laisse un large espace au camp du progrès. » Une posture qui risque de poser problème à l’occasion des élections législatives. « A ce jour, je suis investi par les militants du PS« , tranche l’élu. « Il aura du mal à garder l’investiture s’il reste dans cette ligne, prévient Jonathan Kienzlen, premier fédéral PS et conseiller régional. De manière générale, la double appartenance En marche, PS, va poser un problème à un moment. »

 

 

Au-delà de quelques responsables PS qui se sont mis en retrait pour faire la campagne d’Emmanuel Macron, le secrétaire départemental de la fédération se montre plutôt confiant concernant le soutien des militants à Benoit Hamon, même parmi les Vallsistes. « Les porte-paroles de Manuel Valls dans le Val-de-Marne ont toujours affirmé qu’ils resteraient dans le parti et feraient la campagne du vainqueur, cela devrait donc inciter les militants à faire de même« , estime Jonathan Kienzlen, tout en encourageant Benoit Hamon à rechercher des convergences avec le candidat malheureux.

Et les électeurs de Benoit Hamon, apprécieront-ils une synthèse pour s’adapter à celui de Manuel Valls ? Conseillère régionale PS référente de Benoit Hamon en Val-de-Marne, Sophie Taillé Polian rassure. « Il n’y a pas deux gauches irréconciliables et si chacun prend ses responsabilités, nous éviterons l’absence de la gauche au second tour. Nous avons l’habitude de débattre entre nous. Entre le tout et le rien, il y a beaucoup de choses qui peuvent être discutées. Il ne s’agit pas de mettre nos idées dans notre poche, d’effacer les singularités du programme de Benoit Hamon, de le polir ni de l’éroder, mais de rentrer en discussion. Le débat a eu lieu sur le revenu universel. Benoit Hamon a gagné la primaire à 60% avec ce projet et sa première étape, concernant les 18-25 ans, les minima sociaux et les personnes qui peuvent prétendre au RSA, ne pourra être amendée qu’à la marge. Sur l’aspect universel, les choses ne sont pas figées, la conférence citoyenne contribuera à l’élaboration d’un consensus avec tous les acteurs.  Un certain nombre de choses doivent faite l’objet d’approfondissements mais on ne refera pas le débat dans sa philosophie générale. Certains sont socio-libéraux jusqu’à la moëlle mais ils sont minoritaires au sein du PS, même s’ils ont tenu le haut du pavé jusqu’au gouvernement ces dernières années. Nous pouvons aussi nous rassembler sur les préoccupations environnementales et démocratiques. »

 

A lire aussi : 

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