Gouvernance | Grand Paris | 08/03/2017
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La Métropole du Grand Paris risque-t-elle de créer une nouvelle frontière avec la grande couronne ?

La Métropole du Grand Paris (MGP), cette instance réunissant des élus municipaux de Paris et la proche couronne (92-93-94) risque-t-elle de créer une nouvelle frontière avec la grande couronne ? Telle est la question à laquelle a tenté de répondre le Forum métropolitain du Grand Paris, anciennement Paris Métropole, avec l’IAU (Institut d’aménagement et d’urbanisme) d’Ile-de-France et l’Apur.

Le débat et les conclusions, qui font l’objet d’un rapport d’étude d’une centaine de pages, invitent plutôt à poser le sujet autrement.

L’étude rappelle tout d’abord le poids déjà existant et dû à son histoire de l’agglomération en termes de démographie, d’emplois et de richesse économique, plus important que dans d’autres métropoles, tout en soulignant que les inégalités de richesse économiques s’organisent » encore principalement selon une opposition entre sud-ouest et nord-est », estimant que les dynamiques en cours « semblent plus générées par la proximité des pôles économiques de manière générale que par la seule proximité au centre« , insistant sur l’interdépendances à toutes les échelles.

Et dans le futur, la nouvelle entité, et son mode de gouvernance différent de celui des intercommunalités hors métropole, risque-t-il de constituer une rupture d’égalité des chances entre collectivités en raison de la différence des moyens de départ, juridiques et financiers ? « Dans le champ juridique il n’est pas possible de dire que la Métropole du Grand Paris dispose à ce jour de « chances » plus importantes que les intercommunalités de droit commun qui l’environnent, en ce qu’elle permettrait un plus haut niveau potentiel d’intégration et donc de cohérence des politiques. Elle ne dispose pas de compétences renforcées par rapport aux communautés urbaines ou d’agglomération. Elle apparaît, au contraire, plus « spécialisée » dans des champs définis. Surtout, son modèle de coexistence avec les établissements publics territoriaux est à construire. C’est dans le domaine financier que les interrogations sont les plus fortes. La taille et la richesse économique du territoire de la Métropole du Grand Paris permettent d’envisager à terme un acteur doté de moyens plus importants et renforçant ainsi ses facteurs d’attractivité. Pour autant, d’un point de vue strictement fiscal (c’est-à-dire des taux de fiscalité économique) l’avantage comparatif de la Métropole du Grand Paris, en comparaison des autres pôles économiques franciliens, n’est pas avéré. Finalement, les effets les plus forts des limites administratives sont peut-être issus de leur dimension symbolique », conclut l’étude, rappelant aussi la force de la maille communale et les enjeux de l’intercommunalité, dans et en dehors de la métropole.

« Singulièrement, l’organisation actuelle fournit une perspective renouvelée aux grands territoires de l’agglomération parisienne entourant la Métropole du Grand Paris. Elle met, d’une certaine manière fin, à la distinction artificielle entre petite et grande couronne et reconnaît une spécificité et des potentialités particulières à ces espaces qui ne sont ni le cœur d’agglomération ni les territoires périurbains et ruraux, mais qui bénéficient de qualités propres sur lesquelles les grandes intercommunalités en cours de constitution pourraient bâtir des stratégies de développements originales« , enjoint l’étude.

Au-delà des structures de gouvernance, les élus qui ont planché sur la question insistent sur la nécessité de travailler au rééquilibrage entre les différents pôles de la métropole en recourant à la péréquation financière et en étant particulièrement vigilant sur la carte des transports.

Télécharger l’étude

 

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Un commentaire pour La Métropole du Grand Paris risque-t-elle de créer une nouvelle frontière avec la grande couronne ?
  • à propos de la métropole Grand Paris : « son modèle de coexistence avec les établissements publics territoriaux est à construire » est-il écrit.
    Justement, j’en suis encore à me demander quelle est la répartition des compétences, entre la métropole GP et ses territoires (établissements publics territoriaux). Ce serait donc « à construire » ?
    Ce qui n’est pas très clair non plus : le mode de désignation des conseillers territoriaux va-t-il évoluer ? Il était question d’élection directe pour au moins une moitié d’entre eux, en 2020.

    Une chose est annoncée par E. Macron, la disparition des départements de petite couronne. Avec regroupement soit au niveau intercommunal (métropole), soit au niveau de la région IdF, selon le thème (aide sociale, collèges, routes,…) voilà une simplification qui serait bienvenue.

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