Education | Limeil-Brévannes | 13/01/2017
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Encore une journée sans cours, le collège Korczac sous haute tension à Limeil-Brévannes

C’est peu avant 20 heures ce jeudi soir, après de nouvelles discussions avec l’Inspection suivies d’une AG que les parents d’élèves du collège Korczac ont décidé de débloquer le collège ce matin, pour se donner quelques jours de négociation. Mais la situation reste néanmoins très tendue. Alors que l’unique CPE (Conseillère principale d’éducation) est en arrêt maladie depuis hier soir, les enseignants ont décidé d’exercer leur droit de retrait et il n’y aura pas de cours ce vendredi.

Pour rappel du contexte, la situation est tendue depuis la rentrée au collège. Le recrutement tardif de deux assistants d’éducation pourtant prévus dans le budget du lycée, la mise à pied de trois autres qu’il a fallu remplacer, ont fragilisé l’équipe vie scolaire alors qu’il s’agit d’un gros collège de 640 élèves, en réseau d’éducation prioritaire. En octobre, les professeurs ont exercé une première fois leur droit de retrait. Pour rétablir la situation, les personnels réclamaient deux assistants d’éducation supplémentaires et le recrutement d’un CPE adjoint pour seconder la CPE actuelle, étant donné la taille de l’établissement. Alors que la situation dans le collège s’est dégradée, avec des incidents à répétition, donnant lieu à une cascade de conseils de discipline, la tension est remontée en fin d’année 2016. Parents et personnels ont écrit à la ministre de l’Education et à la rentrée de janvier, les enseignants ont déposé un préavis de grève.  Suite à une rencontre qui n’a pas abouti avec l’Inspection lundi 9 janvier, les professeurs ont déposé un nouveau préavis de grève le mardi et les parents ont décidé de bloquer le collège ce mercredi et jeudi. Pendant ce temps, les échanges entre personnels, parents et inspection, se sont poursuivis jusqu’à ce jeudi soir.

Pour débloquer la situation, l’Inspection a proposé, selon les retours des enseignants et des parents, de déployer ses équipes mobiles de sécurité (EMS) en mettant à disposition une CPE deux demi-journées par semaine pendant trois semaines pour réorganiser la vie scolaire et faire le point avec la CPE, ainsi que plusieurs personnes pour former les assistants d’éducation récemment recrutés, établir un diagnostic de sécurité,  analyser les incidents, et évaluer les moyens à allouer à la rentrée 2017.

« C’est une non-réponse, et ces propositions ont été mal ressenties par les personnels« , réagit Pascal Chambonnet, secrétaire départemental SNFOLC. « Une CPE pendant trois jours pour débriefer ne va pas du tout décharger la CPE actuelle mais au contraire lui donner du travail supplémentaire et remettre en cause ses compétences alors qu’elle est là depuis dix ans sans problèmes! , pointe Stéphane Rabany, parent d’élève délégué du GIPE. Ils expliquent aussi que ce qu’ils proposent est extraordinaire, et a un gros coût avec la mobilisation de 8 personnes. Or, ce qui est demandé, c’est 3 personnes : 1 CPE et 2 surveillants ! et nous parlons de réussite éducative dans le milieu scolaire de l’éducation nationale. »

Les parents décident d’arrêter le blocage du collège

Alors que les élèves se sont retrouvés sans cours pendant plusieurs jours, même si des devoirs ont été organisés par les professeurs pour qu’ils puissent travailler à la maison, ce maintien à l’extérieur des murs risque néanmoins d’être préjudiciable à leur scolarité. Ce jeudi soir, les parents dont donc décidé de débloquer le collège à partir de 9 heures ce matin, une réunion entre professeurs étant déjà prévue entre 8h et 9h. Les représentants de parents entendent néanmoins poursuivre les discussions avec l’Inspection, avec le soutien de leurs représentants départementaux. Hier soir, c’est donc à l’unanimité des fédérations Peep et Fcpe, et de l’association Gipe, que le blocage a été suspendu.  « Au cours des derniers échanges, il est clairement apparu que les services de l’éducation nationale ont bien pris la mesure des difficultés et sont actuellement à la recherche de solutions ponctuelles pour les semaines à venir, puis à long terme. La mobilisation des enseignants et celles des parents a bien été entendue. Il est maintenant nécessaire de marquer une pause dans la mobilisation pour laisser le temps au rectorat et à l’inspection académique d’analyser les besoins de l’établissement pour mettre en place à très court puis à moyen terme des moyens, de qualité, qui correspondent aux vrais besoins de l’établissement, des élèves et de l’équipe pédagogique. Si d’ici quelques jours nous n’avons pas eu de propositions satisfaisantes, nous n’hésiterons pas à relancer le mouvement« , motivent ainsi les représentants locaux et départementaux de la Peep, Carlos Freitas et Myriam Menez.

Une nouvelle AG doit se tenir mardi 17 janvier à 18h30 au collège, à laquelle sont invités tous les parents, pour faire le point sur la situation.

Les enseignants exercent leur droit de retrait ce vendredi

Dernière minute. Réunis en AG ce matin, les enseignants ont décidé d’exercer leur droit de retrait ce vendredi, pour dénoncer « un déni de réalité« .   De son côté, l’unique CPE du collège est en arrêt maladie depuis ce jeudi soir.

Du côté des élus, parents et personnels ont reçu le soutien des sénateurs PCF Laurence Cohen et Christian Favier tandis que le sénateur LR Christian Cambon a également déposé, la semaine dernière, une question au gouvernement.

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