Législative 2017 en Val-de-Marne : les résultats détaillés du 2nd tour
Politique locale | Cachan | 02/04/2017
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Législatives 2017 : Jean-Yves Le Bouillonnec (PS) renonce à l’hémicycle « par cohérence »

Législatives 2017 : Jean-Yves Le Bouillonnec (PS) renonce à l’hémicycle « par cohérence » © Olafff
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Si l'élection de Benoit Hamon aux primaires de gauche a mis en cohérence les convictions des députés frondeurs avec celles portées par le PS.  Il n'en est pas de même des parlementaires qui ont défendu sans relâche la politique de la majorité présidentielle depuis 2012.

Pour ces derniers, cette victoire, suivie d’une campagne clairement ancrée à gauche, sans synthèse entre les deux franges du parti, a plutôt déboussolé. Je ne peux pas aller à l’élection sans soutenir et revendiquer ce qui a été fait, même si tout ce qui a été fait n’était  pas parfait, même si tout ce qui a été fait n’a pas été compris. Je ne peux pas dire ‘voilà ce que nous avons fait, et maintenant nous allons faire autre chose!’ Il y a un problème de loyauté et de cohérence“, confie ainsi au téléphone Jean-Yves Le Bouillonnec, député-maire PS de Cachan.

Ce vendredi 31 mars, le parlementaire qui siège à l’Assemblée nationale depuis juin 2002 a annoncé dans un communiqué le retrait de sa candidature aux prochaines législatives. Un texte dans lequel il livre sans ambages « l’amertume » provoquée par l’attitude des frondeurs durant le quinquennat. « Je ne suis pas épargné par le  ressentiment envers ceux qui, socialistes, rompant avec l’obligation d’unité et l’exigence de responsabilité à l’égard d’un président et d’un gouvernement socialistes, ont provoqué la tourmente dans laquelle se trouve aujourd’hui notre camp et les menaces qui pèsent sur son avenir« , appuie-t-il.

Majorité présidentielle vs accord sur un programme

Désigné à l’issue d’un vote des militants fin 2016, le parlementaire avait pourtant acté la victoire de Benoit Hamon aux primaires de janvier et a même parrainé le candidat, « en loyauté et en fidélité avec le Parti Socialiste et ses militants, non sans redouter cependant que ce choix ne provoque de sérieuses, lourdes et peut-être irréversibles dissensions en son sein, comme en celui de l’ensemble de la gauche », indique-t-il dans son communiqué. Depuis, la campagne du candidat, qui n’a pas réussi à réunir les différentes positions -pour certaines difficilement conciliables du PS, n’a pas éclairci l’horizon pour le parlementaire qui avait soutenu Manuel Valls lors de la primaire. « A quelques semaines de l’échéance présidentielle, les questions restent entières. Les perspectives de construire une majorité de gauche solide, élargie, cohérente dont le cœur serait la démocratie sociale, le réformisme, le choix du progrès portés dans une volonté d’assumer les responsabilités de gouvernement sont, aujourd’hui plus encore qu’hier, incertaines et aléatoires. Entre la loyauté au Parti socialiste, à son histoire, à ses combats et la réalité qui se dessine d’un redéploiement total des composantes de la sphère politique, à l’évidence nécessaire, je considère ne plus être en capacité de répondre à cette situation qui appelle, sans nul doute, la sollicitation de ceux et celles qui peuvent incarner cette évolution, cette clarification et peut être, ce renouvellement« , explique le maire de Cachan pour justifier son retrait de candidature. Pas question donc de faire campagne pour une « majorité présidentielle » sans accord clair sur son contenu, que ce soit pour Hamon ou Macron.

 

 

Pas de tentation Macron

Si le député sortant indique avoir travaillé avec l’ancien ministre de l’Economie et l’apprécier, aucune tentation en effet de rejoindre En Marche. « Lors de mon premier mandat, j’étais celui qui portait la contestation contre la loi Perben en matière de justice!‘, rappelle l’élu sur cette question, alors que l’ancien garde des Sceaux Dominique Perben a annoncé son ralliement à Emmanuel Macron.

« Je ne me replie pas sur ma ville »

Alors qu’à l’automne 2016,  le maire de Cachan avait eu du mal à trancher entre sa ville, à la tête de laquelle il siège depuis 1998, et le parlement, son renoncement ne vise pas non plus à rempiler à l’infini en tant qu’édile. « Je ne me replie pas sur ma ville, insiste le député-maire. L’équipe est suffisamment construite avec plusieurs personnes en situation de responsabilité pour un passage de témoin entre les générations, à condition qu’on partage bien tous le sens de la ville, celui que l’on a construit et que j’ai reçu de Jacques Carat (ndlr, ancien maire de la ville de 1953 à 1998) avec qui j’ai travaillé pendant vingt ans. »

Nouvelle donne dans la 11e

Ce désistement du député sortant redistribue les cartes dans la circonscription. Un bureau national doit statuer sur la situation dès ce lundi 3 avril. Pourrait suivre une nouvelle désignation via un vote des militants, c’est en tout cas ce que souhaite le premier fédéral PS Jonathan Kienzlen. Le député sortant a pour sa part proposé la candidature d’Hélène de Comarmond, actuellement 1ere adjointe et vice-présidente du Conseil départemental, laquelle confirme être prête à relever le défi. Benoit Joseph-Onembele, qui s’était présenté contre Jean-Yves Le Bouillonnec fin 2016 et avait obtenu 35%, s’estime également légitime. (Voir article détaillé sur la nouvelle donne politique dans la 11e circo). Pour rappel, la 11e circonscription regroupe les villes d’Arcueil, Gentilly Ouest, Cachan et Villejuif.

Comment réagissent les autres parlementaires PS à campagne présidentielle  ?

Si aucun des parlementaires PS du Val-de-Marne n’a jamais été frondeur sur les questions économiques, Laurent Cathala, député-maire de Créteil, a voté contre la déchéance de la nationalité et clairement soutenu Montebourg puis Hamon lors des primaires. Pour l’élu cristolien, qui de toutes façons ne se représente pas au parlement, pas de soucis de cohérence donc. Du côté de Jean-Jacques Bridey, député-maire de Fresnes, la question a été tranchée bien avant les primaires, ce dernier ayant décidé de soutenir Macron. Du côté de ceux qui ont soutenu Valls à la primaire, les réactions ont différé. Si Jean-Yves Le Bouillonnec a fait le choix de se retirer de la course, Luc Carvounas, sénateur-maire d’Alfortville, désormais candidat à la députation à la place de René Rouquet, s’est jeté à fond dans la campagne de Benoit Hamon.

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