Société | Champigny-sur-Marne | 01/03/2017
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Les médiateurs de nuit débarquent au Bois l’abbé et aux Mordacs

Les médiateurs de nuit débarquent au Bois l’abbé et aux Mordacs © FB

Impossible de les manquer avec leurs vestes vert bouteille, une équipe de huit médiateurs de nuit prennent leurs fonctions ce mercredi 1er mars pour nouer le dialogue dans les quartiers du Bois l’Abbé et des Mordacs, à la fois à Chennevières-sur-Marne et à Champigny-sur-Marne, pour faciliter la tranquillité des quelques 6000 familles vivant dans ces zones de sécurité prioritaires. 

Six hommes mais aussi deux femmes qui arpenteront les cages d’escalier du mercredi au dimanche de 16 heures à 22 heures, pour prévenir les incivilités et les troubles du voisinages. Opérant en binôme, ils ne se contenteront pas de patrouiller mais iront à la rencontre des locataires pour les mettre en relation avec les services publics en mesure de leur venir en aide le cas échéant, ou encore faire de la médiation en cas de petits conflits. L’équipe assurera aussi une veille technique des logements pour constater les dégradations.

Une action de médiation dans les tuyaux depuis plusieurs années mais qui a nécessité de longs mois de tractation pour négocier son financement (500 000 euros) et sa mise en place opérationnelle par les bailleurs sociaux (Paris Habitat, I3F, IDF Habitat, Coopération et Famille, Valophis et Toit et Joie) qui disposent de logements dans les deux quartiers. «Si la gestation de ce projet a été aussi longue, c’est parce que nous ne sommes pas tous habitués à travailler ensemble, passer un appel d’offre commun et sélectionner le prestataire (en l’occurrence Optima). Il s’agit d’une expérimentation, aussi, il conviendra de faire des évaluations régulières sur leur impact», précise Frédéric Winter, directeur de la cohésion sociale à Paris Habitat. En contrepartie de cet investissement, les bailleurs sociaux bénéficient d’une exonération de taxe foncière sur le bâti.

Autres parties prenantes, les villes de Champigny et de Chennevières, le Conseil départemental, la Drihl 94 et la sous-préfecture de Nogent espèrent que la charte partenariale et de déontologie liant les médiateurs d’Optima au comité de pilotage va rassembler un grand nombre d’acteurs du territoire. D’ores et déjà, les services sociaux, jeunesses, les services de prévention spécialisée et les missions locales sont mobilisées. Les médiateurs de nuit pourront également participer aux réunions de quartier. «Chaque jour, nous constatons que nous n’avons pas trouvé la clé pour nouer des relations apaisées entre notre société et sa jeunesse. Si le Val-de-Marne est assez épargné, nous sommes ici dans une zone de sécurité prioritaire. La médiation est un métier d’avenir, et qui n’a pas vocation à remplacer les policiers», insiste le sous-préfet, Michel Mosimann.

«Tout a commencé par une pétition des locataires souhaitant vivre dans la tranquillité alors qu’ils étaient confrontés à regroupements dans les parties communes des immeubles et n’avaient plus d’interlocuteurs à qui adresser leurs plaintes. Ces médiateurs sont une partie de la réponse à apporter aux riverains face à une impression d’abandon. Cela passera aussi par l’achèvement de la réhabilitation du quartier», souligne de son côté Christian Fautré, premier adjoint au maire de Champigny-sur-Marne. Jacques Driesch, maire-adjoint de Chennevières-sur-Marne en charge de la politique de la ville, encourage les médiateurs à se faire apprécier sur le terrain. «Nos habitants s’attendaient davantage à ce que les bailleurs effectuent des rénovations de l’habitat, mais cette présence humaine sur le terrain est complémentaire pour l’amélioration des conditions de vies dans nos quartiers», pointe l’élu.

L’association qui chapeaute les médiateurs de nuit, Optima, a fait ses armes dans la médiation sociale depuis 1999, dans la région nantaise. En Ile-de-France, c’est la première fois qu’un tel dispositif est mis en place. Parmi les médiateurs,  plusieurs personnes sont originaires du Bois l’Abbé. «Je fais de la médiation sociale dans ce quartier depuis huit ans pour I3F, nous avons toujours eu des retours positifs de la part des habitants, c’est un travail important et pour lequel il faut sans cesse proposer de nouvelles solutions», témoigne Djoudil. Mohamed se souvient de la présence de ce dernier alors qu’il était encore adolescent. Depuis, il a rejoint l’équipe. «J’ai fait une formation en alternance à l’Afpa de Créteil pour obtenir un titre de médiateur. Nous avons hâte d’être sur le terrain pour faire connaissance avec la population et pouvoir leur apporter des solutions pour améliorer leur confort de vie», s’enthousiasme le jeune homme. Ils seront encadrés par Arona Cisse, en poste depuis dix ans pour Optima.

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