Mouvement social | Rungis | 16/03/2017
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Au MIN de Rungis, l’occupation de la Semmaris par les travailleurs sans papiers se poursuit

«On bosse ici, on vit ici, on reste ici !»  Depuis 6 heures ce jeudi 16 mars, une centaine de travailleurs sans papier et syndicalistes de la CGT ont investi la tour de commande de la Semmaris, la société qui exploite le marché de Rungis, pour exiger la régularisation de 105 personnes dépourvues de titre et d’autorisation de travail. Cette nuit, ils ont dormi sur place, et ils envisagent de maintenir leur action ce weekend.

«Eboueurs, maçons, cuistots, agents de sécurité, agent de nettoyage», peut-on lire sur une large banderole qu’ils déploient au siège du MIN, témoignant des emplois qu’ils occupent parfois depuis plusieurs années sans que leur situation n’évolue. Les militants CGT venus épauler leurs camarades depuis Créteil, Gentilly, Bonneuil ou Rungis estiment que ces sans-papiers, essentiellement Maliens, sont indispensable à un certain nombre d’activités économiques et qu’ils doivent pouvoir bénéficier de leurs droits.

Le directeur de cabinet du préfet s’est rendu au siège de la Semmaris pour rencontrer une délégation. «Nous avons eu une discussion constructive et positive au terme de laquelle le directeur de cabinet nous a dit qu’il reviendrait vers nous dans la journée avec davantage d’éléments. Nous lui avons dit que nous ne lèverions le piquet de grève qu’une fois que nous aurions obtenu les documents employeurs pour la régularisation des travailleurs ainsi que des récépissés préfectoraux de six mois renouvelables avec autorisation de travail jusqu’à l’étude finale des dossiers», indique Benjamin Amar, responsable à la CGT du Val-de-Marne. 

Du côté de la préfecture, on confirme cette visite. « La préfecture a proposé de recevoir les 105 dossiers présentés par ce syndicat et de délivrer une attestation de dépôt pour chaque dossier. Si le dossier comprend toutes les pièces requises, un récépissé salarié avec autorisation de travail sera délivré au demandeur dans l’attente de la décision finale à intervenir. Ces dossiers, dont la situation sera examinée au cas par cas, seront traités le plus rapidement possible compte tenu des demandes déposées par ailleurs par les ressortissants étrangers qui arrivent par la voie normale. Il a été précisé aux organisateurs de ce mouvement qu’ils pourront accompagner les demandeurs dans leur démarche. Dans ces conditions, le préfet demande que les locaux de la Semmaris retrouvent leur condition d’exploitation habituelle », indique la préfecture.

Les manifestants ont également reçu dans la journée le soutien des sénateurs communistes Laurence Cohen et Christian Favier, lesquels se sont engagés à intervenir auprès des services du Ministère de l’Intérieur. « La responsabilité des pouvoirs publics est d’autant plus grande que l’Etat constitue l’un des actionnaires principaux de la Semmaris»,  pointe le président du Conseil départemental tandis que la sénatrice voit dans la régularisation de la situation de ces 105 travailleurs sans-papiers, «une question de respect du droit du travail et de responsabilité des employeurs que de permettre à ces hommes de travailler en toute régularité et de pouvoir vivre sereinement».

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