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Politique locale | Orly | 08/06/2017
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Nuisances liées à l’aéroport d’Orly : les propositions des candidats

Nuisances liées à l’aéroport d’Orly : les propositions des candidats
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Quelles propositions des candidats face aux nuisances aériennes (pollution sonore et atmosphérique) liées à l'aéroport d'Orly ? Telle est la question adressée par le réseau d'associations Drapo (Défense Riverains Aéroport Paris Orly) aux prétendants à la législatives. Nous avons donc interrogé les candidats de la 3e circonscription, la plus concernée par ce sujet.

Dans sa lettre ouverte, le réseau Drapo rappelle qu’un couvre-feu a été obtenu en 1968 puis un plafonnement à 250 000 créneaux horaires attribuables pour 200 000 mouvements réels en 1994 mais souhaite que le couvre-feu, actuellement imposé de 23h30 à 6h du matin, soit prolongé à huit heures consécutives, et déplore que le nombre de mouvements soit passé à 237 500 en 2016 « avec une augmentation significative du pourcentage de gros-porteurs bien plus nocifs pour les survolés car encore plus bruyants et plus polluants. » Le réseau d’associations s’inquiète également de l’agrandissement en cours de l’aéroport et souhaite que le Grand Paris réfléchisse à sa desserte aérienne, au-delà de l’aéroport d’Orly.

Sur ce sujet, les candidats qui ont arpenté la circonscription ont tous eu le loisir de constater la fréquence des décollages et atterrissages et sont unanimes sur la réalité des nuisances sonores. Les réponses à y apporter varient de l’un à l’autre.

Transférer l’aéroport ?

Le plus radical, intarissable sur le sujet, est le maire LR de Villeneuve-le-Roi, Didier Gonzales. Farouchement opposé à l’agrandissement de l’aéroport, il préconise comme mesure de fond de réfléchir sérieusement à l’installation d’un troisième aéroport parisien pour faire face à la croissance mondiale du trafic aérien. « Plusieurs emplacements ont déjà été identifiés », motive l’élu qui a mené une mission d’étude sur la question lorsqu’il était député, de 2007 à 2012. Pour le candidat  LR-UDI, ce troisième aéroport servirait soit à soulager Orly, soit carrément à en transférer complètement le trafic avec une liaison ultra-rapide, option qui a la préférence du Villenevois. « Pour financer ce transfert, nous ferons de ce site un pôle de développement économique dans le cadre d’un rééquilibrage dans l’aménagement du territoire du Grand Paris, pour éviter que toutes les entreprises ne s’installent qu’à l’ouest. Pour le territoire, nous avons tout à gagner car l’aéroport d’Orly ne crée que 17 emplois à l’hectare, moins que la moyenne val-de-marnaise!« , insiste l’élu. Cette option transfert, le candidat LR-UDI est le seul à la défendre.

 

 

Un atout économique

Tous les autres candidats plaident pour un arbitrage conciliant le rayonnement économique de l’aéroport et les nuisances qui découlent de son activité. « L’aéroport est là, il faut faire avec. Priorité à l’emploi« , pointe Emmanuelly Gougougnan (DLF). « En revanche, il faut encourager les partenariats économiques avec Aéroports de Paris  pour que le territoire bénéficie davantage des retombées économiques de l’aéroport, pointe Corinne Narassiguin, candidate PS. Les contrats de plan Etat région doivent aussi permettre de développer davantage les transports directs entre la circonscription et l’aéroport. Sur le long terme, il faut investir pour développer des avions propres qui font moins de bruit et polluent moins » , développe la porte-parole du PS. Un point sur lequel insiste aussi le candidat PCF, Alexandre Boyer, qui souhaite que « l’amélioration technologique des avions favorise l’emploi local« .« L’aéroport doit générer de vrais emplois en CDI non précaires, avec des salaires suffisants pour que les travailleurs puissent se loger à proximité« , abonde encore le candidat LO (Lutte ouvrière), Lucien Noaile.

Mouvements ou créneaux ? Quelle durée pour le couvre-feu ?

Concernant l’activité même de l’aéroport, tout le monde s’accord sur la nécessité de ne pas augmenter le trafic et de veiller au couvre-feu, mais avec des nuances. Laurent Saint-Martin, candidat LREM, qui a rencontré le réseau Drapo, indique comprendre leur demande « légitime et mesurée« , et propose de reprendre le projet de loi qui avait été déposé par les députés écologistes Eva Sas et Romain Colas, enregistrée à l’Assemblée nationale en avril 2017, trop tard pour être examinée, et proposant notamment d’inscrire dans la loi  la limite des 250 000 créneaux par an et étend le couvre-feu d’une demi-heure, entre 23 h 15 et 6 h 30 pour les atterrissages et entre 23 heures et 6 h 15 pour les les décollages. Voir la proposition de loi. Didier Gonzales, lui, souhaite un couvre-feu d’au moins huit heures « pour permettre au moins aux enfants d’avoir leur compte de sommeil« . Nicolas Georges, candidat FI (France insoumise) et conseiller d’opposition à Boissy-Saint-Léger, plaide également pour un allongement de 22h30 à 6h30. « C’est sans doute mon seul point de convergence programmatique avec Didier Gonzales« , s’en amuse-t-il. « Le couvre feu, il faudrait commencer par le faire mieux respecter en faisant payer des amendes à ceux qui ne le respectent pas. Cela aiderait à financer l’équipement en double-vitrage! », pointe sur la question André Yon, candidat du POID (Parti ouvrier indépendant) et ancien adjoint à Boissy.

Couloirs aériens, pistes…

Au-delà du couvre-feu et de la limitation du trafic, certains candidats s’intéressent aussi aux couloirs aériens empruntés, aux pistes de décollage. Didier Gonzales propose notamment de revoir le choix de certaines pistes, qui génèrent plus de nuisances que d’autres. Candidat FM (Français et musulmans), Nizarr Bourchada, souhaite de son côté ouvrir une commission d’enquête à l’Assemblée nationale pour comprendre la raison des déviations aériennes. « De plus en plus de déviations de lignes aériennes impactent des villes riveraines comme Boissy, Limeil, Villecresnes… jusqu’en Seine-et-Marne. Est-ce simplement un flux lié aux périodes estivales? Il y a matière à quantifier ces déviations pour les stopper », estime le candidat.

Interdiction de décoller lors des pics de pollution

Pour Didier Gonzales, il est également nécessaire de réduire le trafic des avions comme celui des voitures lors des pics de pollution. « Je reçois des courriers du préfet m’invitant à demander aux habitants de ne pas prendre leur voiture pour aller travailler alors que pendant ce temps là les avions décollent sans retard pour transporter des gens à la plage. Ceci alors qu’un décollage de 347 équivaut en termes de pollution à la circulation d’une petite voiture sur 160 000 km! », s’agace le maire de Villeneuve-le-Roi.

Indemnisation des riverains

La compensation des nuisances fait l’unanimité parmi les candidats, de l’UPR à LO. « Sachant, à mon sens,  que les problématiques qui s’imposent pour le moment, sont d’ordre sociaux, c’est sur cet axe que je veux me concentrer dans cette région en mutation qu’est le Val de Marne« , répond ainsi sur le sujet Yassia Souih, candidate UDP (Union des patriotes) Assurer un remboursement à 100% du plafond des travaux dans les meilleurs délais fait l’unanimité parmi les candidats. « Il faut rétablir la TNSA (Taxe de nuisance sonore aérienne payée par les compagnies aériennes) au niveau nécessaire pour financement largement et plus rapidement l’aide à l’insonorisation« , pointe Myriam Gaye, candidate PRG. « Il faut rembourser intégralement les riverains en parallèle d’une réforme de la taxe carbone« , pointe encore Dominique Bourse-Provence, candidat FN. « Pour l’instant, le couloir aérien est trop étroit, les ressources ont été réduites auprès des compagnies et les dossiers traînent, certains sont refusés.  C’est aux compagnies aériennes de payer« , plaide André Yon tandis que Didier Gonzales propose aussi de reprendre l’offensive contre un « lobby aérien qui a gagné la partie ces dernières années ».

Pour rappel, les 13 candidats de la 3e circonscription :
Député sortant : Roger-Gérard Schwartzenberg (PRG) → ne se re-présente pas
FN : Dominique Bourse-Provence
DLF : Emmanuelly Gougougnan
LR : Didier Gonzales
UPR : Michel Lecocq
EM : Laurent Saint-Martin
PS : Corinne Narassiguin (avec soutien EELV)
PCF : Alexandre Boyer
FI : Nicolas Georges
LO : Lucien Noaile
FM : Nizarr Bourchada
PRG : Myriam Gaye
UP : Yassia Souih
POID : André Yon

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