Santé | Villejuif | 14/02/2017
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Patients étrangers à l’IGR de Villejuif : une manne à condition qu’ils soient solvables

A l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, centre de lutte contre le cancer parmi les plus réputés d’Europe, on n’a pas attendu le rapport sur les opportunités du tourisme médical commandé par Laurent Fabius en 2014 pour développer cette niche.

Alors que le rapport, confié à l’ancien directeur des hôpitaux, l’économiste de la santé Jean de Kervasdoué, a chiffré la manne à 2 milliards d’euros et 30 000 emplois en cinq ans, l’Institut Gustave Roussy a mis en place une cellule internationale dédiée aux patients étrangers dès 2011, sous la houlette du médecin cancérologue et polyglotte Serge Bonnetier. L’établissement privé contribue ainsi à sa croissance avec quelques 2000 patients étrangers par an, du Koweit à la Russie, en passant par d’autres pays d’Europe ou du Maghreb. Tout est organisé pour leur accueil, des hôtes qui parlent Anglais aux navettes.

Une contribution financière conséquente à condition bien sûr que les patients étrangers soient solvables, ce qu’a rappelé le médecin en charge de cette cellule internationale et un responsable des finances de l’hôpital dans une mise en garde adressée aux collaborateurs via la messagerie interne le 30 janvier dernier. « L’accueil des patients internationaux est l’un des grands axes de développement à Gustave Roussy ; la direction générale a pour cela mis en place une Cellule internationale« , y rappelle le médecin avant de demander aux soignants « d’être prudents » , rappelant la nécessité de vérifier le dossier financier avant toute prise en charge. « Lors de l’organisation d’un programme thérapeutique pour tous les patients payants, un devis correspondant à la totalité du traitement doit être réalisé et réglé par le patient ou par la famille avant toute programmation de rendez-vous« , indique le message.

Vigilance sur les patients AME et issus de l’AP-HP

Et d’alerter en particulier les soignants à propos des patients en possession d’une aide médicale d’Etat (AME). « Celle-ci doit couvrir les frais de traitement pour une durée d’au moins 6 mois dès la première prise en charge à Gustave Roussy. Aucun rendez-vous ne doit être programmé sans AME en cours de validité (+ 6 mois)« , précise le message.

Concernant les malades adressés depuis un établissement de l’APHP, le message demande aux soignants de toujours vérifier si le malade a une prise en charge avant de créer un dossier ou de donner un rendez-vous. « L’APHP ayant mis en place une politique de restriction de prise en charge des patients étrangers n’ayant pas les ressources financières suffisantes, nous nous devons d’appliquer les mêmes règles », motive le message.

La CGT dénonce une médecine à deux vitesses

Un message auquel la CGT de l’institut a régi en dénonçant une médecine à deux vitesses et en invitant à manifester le 7 mars prochain. « La CGT de l’IGR a depuis longtemps dénoncé les dérives qu’engendre le choix de faire des patients internationaux un moyen d’équilibrer les comptes de notre hôpital : surfacturation pour les patients, mise en place d’une unité d’hospitalisation spécifique sur le site de Chevilly Larue et aujourd’hui restriction de la prise en charge des patients internationaux à faible ressource », dénonce le syndicat. Contactée par 94 citoyens la semaine dernière, la direction de l’Institut Gustave Roussy a indiqué de pas souhaiter réagir au communiqué de la CGT.

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Un commentaire pour Patients étrangers à l’IGR de Villejuif : une manne à condition qu’ils soient solvables
  • Cas réel : un Français (à faibles revenus) vivant à l’étranger, et revenu en France soigner un cancer grave, s’est vu refuser toute prise en charge les trois premiers mois : comme si son cancer allait gentiment attendre trois mois avant de proliférer.. Bref, t’es français, tu paies ou tu meurs.

    Et là, je m’étonne des grands humanitaires et associations qui exigent une prise en charge de tout étranger arrivé en France (sans jamais cotiser) mais n’ont pas l’air intéressés au cas des Français de l’étranger, revenus de pays mal équipés médicalement en particulier.

    Cas réel : un(e) étudiant(e) française faisant des études en Europe de plus de 6 mois (par an) perd la couverture Sécu en France, même si elle y passe plusieurs mois par an.
    Car, des agents de la Sécu l’affirment ; et d’autres pas… tout ça sur la base de textes non publics. Une vraie loterie (nationale). Erasmus ? C’est en général moins de 6 mois.
    Qui veut créer une association pour les Français qui rentrent de l’étranger ?

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