Environnement | Grand Paris | 06/11/2017
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Plan protection atmosphère: enquête publique prolongée

Plan protection atmosphère: enquête publique prolongée © Fotolia-Nicoletaionescu

Respirer mieux dans la région parisienne d’ici à 2020, l’enjeu est de taille, et cela valait bien un peu de temps supplémentaire pour donner son avis sur le nouveau Plan de protection de l’atmosphère. L’enquête publique a été prolongé jusqu’au 15 novembre. Déjà plus de 150 avis ont été déposés dont plusieurs de villes ou associations du Val-de-Marne.

Parmi ces avis, beaucoup plaident pour une franche accélération des aménagements cyclables sécurisés, quelques uns s’agacent en revanche des nouveaux obstacles opposés à l’automobile car la piétonnisation des voies sur berge, d’autres évoquent l’insuffisance du réseau de transports publics. Un certain nombre encore, s’inquiètent d’un plan insuffisant dans la précision de ses moyens de mise en oeuvre.

Avis du Val-de-Marne sur le plan de protection de l’atmosphère

Le Conseil départemental a rendu un avis défavorable dès le mois de juin, « tout en soulignant la dynamique positive engagée », et demandé que le plan de Protection de l’Atmosphère soit complété de mesures concrètes pour réduire le nombre de poids-lourds via une taxe, développer le covoiturage, financer la réduction des coupures sur les axes cyclables sécurisés, imposer des réductions de vitesse, favoriser le renouvellement des appareils de chauffage anciens au bois et la rénovation thermique des bâtiments, étudier les possibilités d’imposer des normes maximales d’émissions des avions à l’atterrissage et au décollage et encore étudier et mettre en évidence l’effet des actions de prévention et valorisation des déchets sur les émissions des usines d’incinération des ordures ménagères. Voir la délibération.

La ville de Saint-Maur-des-Fossés a rendu un avis réservé. La commune reconnaît dans ce projet le fruit d’un travail « sérieux », « documenté », « ambitieux »,  réalisé en concertation avec les acteurs concernés et qui prend en compte le précontentieux entre la France et l’Union européenne sur son non-respect de limitation des émissions de particules fines. L’avis pointe en revanche un certain nombre de propositions du plan qui ne sont pas directement maîtrisées par l’Etat ni la région et considère que ses solutions « méconnaissent les conditions et les conséquences d’un élargissement de la zone de circulation restreinte de la petite couronne », et risquent de générer des inégalités territoriales entre les habitants du centre, de la zone de circulation restreinte et celle encore au-delà. La ville s’inquiète également de connaître les moyens qui seront mis à disposition des collectivités pour qu’elles mènent à bien les actions qui leur incombent. Voir l’avis de la ville

A Villeneuve-le-Roi, le maire LR, Didier Gonzales, également président de Bruitparif, a donné directement son avis sur le site de l’enquête, en mettant l’accent sur son cheval de bataille favori : l’aéroport d’Orly, rappelant que « la phase de décollage d’un seul Boeing 747 émet autant d’oxydes d’azote qu’une Clio sur 160 000 kilomètres« , et que « les émissions d’oxydes d’azote de l’aéroport d’Orly représentent la moitié de celles du périphérique parisien. » L’élu considère que le secteur aérien est insuffisamment pris en compte dans l’objectif de réduction des nuisances atmosphériques du PPA et plaide pour une limitation du nombre d’atterrissages et décollages à 200 000 mouvements par an, ainsi que l’extension du couvre-feu à 8 heures consécutives. L’élu souligne aussi l’impact de la circulation sur le pont de Villeneuve-Saint-Georges/Villeneuve-le-Roi, « seul franchissement de Seine sur 11 kilomètres de berges. »

Le groupe EELV de Villeneuve-le-Roi/ Ablon-sur-Seine a également déposé son avis, invitant à développer le ferroutage, le transport fluvial,  les transports en commun, les voies en site propre, les axes cyclables sécurisés, l’encouragement financier à l’usage du vélo (prime au vélo électrique, remboursement kilométrique des salariés, locaux de gardiennage…), le télétravail, la plantation d’arbres au prorata des nouvelles surfaces bétonnées et encore les panneaux solaires.

A L’Haÿ-les-Roses, l’association des Castors du Jardin parisien, qui avait déjà donné son avis en 2012, a à nouveau rendu une contribution circonstanciée de plusieurs pages, rappelant le contexte spécifique de la commune, traversée par un réseau autoroutier d’une douzaine de voies. « En 2009, le trafic était de 178 989 795 voitures*km/an et 19 887 755 poids lourds*km/an, qui génère des rejets annuels de 82 000 Teq CO2, soit 45% du bilan énergétique l’Haÿssien !« , souligne l’association, qui note aussi que  les « secteurs qui jouxtent ce réseau autoroutier en partie Est (sous les vents dominants) sont très fortement urbanisés (Jardin parisien et Lallier/Hochart) » et qu’ils « regroupent près des 2/3 de la population l’Haÿssienne avec une majorité de logements sociaux ». L’association réclame en urgence l’installation permanente de capteurs des polluants chimiques sur le secteur, l’abaissement immédiat et pérenne de la vitesse autorisée sur les tronçons autoroutiers A6/B6, le contournement permanent de l’agglomération parisienne pour les poids lourds en transit. A moyen terme, l’association demande également la couverture de l’A6-B6 associée à une végétalisation dépolluante des parois pour absorber une partie des polluants BPX. Voir la contribution complète.

La Métropole du Grand Paris a également rendu un avis défavorable à l’unanimité. La MGP considère que le projet manque d’ambition et n’apporte pas les moyens satisfaisants pour que les collectivités puissent mettre en place les mesures. La métropole demande en revanche à l’Etat « de respecter ses engagements financiers » et notamment de signer la convention Villes respirables en 5 ans (un appel à projets lancé il y a quelques années pour inciter à travailler sur ces questions à l’échelle intercommunale, avec le soutien de l’Etat et de l’Ademe, et qui avait sélectionné 20 collectivités dont la Métropole du Grand Paris). Une enveloppe de 1 million d’euros devrait en effet être dédiée à ce projet, rappelle la MGP. Voir l’avis complet de la MGP.

En savoir plus sur le Plan de protection de l’atmosphère

Pour en savoir plus sur le PPA, voir notre précédent article détaillé, et pour donner votre avis, rendez-vous sur le site de l’enquête publique.

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