Politique locale | Accueil Val de Marne (94) Villejuif | 02/07/2017
Réagir Par

Rocambolesque désignation des grands électeurs à la sénatoriale à Villejuif

Rocambolesque désignation des grands électeurs à la sénatoriale à Villejuif
Publicité

Convoquée à 19 heures pétantes avec pour unique ordre du jour l’élection des délégués communaux complémentaires des conseillers municipaux pour constituer la liste des grands électeurs de Villejuif à la sénatoriale du 28 septembre prochain, la séance du Conseil municipal de Villejuif de ce vendredi 30 juin s’est finalement étirée au-delà des 22 heures en raison de pouvoirs non valables et d’une première annulation de scrutin.

Pour rappel en effet, les élections sénatoriales ne sont pas organisées en suffrage universel mais reposent sur des grands électeurs comprenant à la fois les parlementaires et élus départementaux, régionaux, et municipaux (tout en partie des conseillers municipaux en fonction de la taille des villes). Dans les communes de plus de 30 000 habitants, les conseils municipaux élisent en plus des délégués communaux pour assurer une représentativité comparable des habitants par rapport aux plus petites communes (le nombre d’habitants par conseiller municipal est en effet beaucoup plus importante dans les petites communes).  A Villejuif, qui compte un peu plus de 51 000 habitants, le Conseil municipal devait élire 34 délégués communaux à partir de listes d’habitants présentées par les groupes politiques du conseil .

Alors que la majorité municipale plurielle de Villejuif, composée en 2014 de 2 groupes de droite et 2 groupes de gauche pour battre l’ancienne majorité communiste, a complètement explosé en vol, chaque nouveau scrutin est une occasion de se compter, et l’occasion n’a pas manqué ce vendredi 30 juin. Sauf qu’un certain nombre d’élus étaient absents, ayant ou pas laissé un pouvoir. Après réclamation, l’opposition a obtenu que les présidents de groupe se réunissent pour vérifier les pouvoirs, avant la tenue du scrutin. « Dans la majorité municipale, une personne avait donné deux pouvoirs à deux personnes différentes et un autre pouvoir n’était pas signé, comportant simplement les initiales Y.B.« , raconte Philippe Vidal, élu LREM. Finalement, un des deux pouvoirs signés de la même personne est conservé  tandis que le pouvoir non signé est écarté. Se tient alors un premier vote, mais au moment de compter les voix, une personne de la majorité réclame une nouvelle suspension de séance, déclarant avoir vu Natalie Gandais, élue EELV, en train de rédiger un faux pouvoir. « L’une des élues de notre groupe, Isabelle Hamidi, avait prévu de déposer son pouvoir dans ma boite aux lettres mais elle a été retenue à l’école et m’a appelé pour me dire qu’elle ne pourrait pas déposer le pouvoir. A la place,  elle m’a envoyé un SMS que j’ai recopié. Je n’ai pas imité sa signature mais simplement indiqué son nom. Je reconnais néanmoins que cela n’était pas très orthodoxe », commente l’intéressée. Le vote est donc annulé et le pouvoir litigieux écarté. Entre temps, une des conseillères de la majorité a eu le temps d’arriver, et prend part au second scrutin. « Ce déroulement témoigne d’une part d’amateurisme dans l’organisation, doublée d’une fébrilité liée à la crainte de ne pas avoir de majorité« , commente Claudine Cordillot, élue de l’opposition et ancienne maire PCF de la ville.

De fait, le bilan a été de 21 voix sur 45 pour la liste de Carmen Filandre présentée par la majorité municipale. De quoi lui donner la très grande majorité des délégués communaux, une vingtaine, mais pas de quoi constituer une majorité au sein de l’assemblée, n’a pas manqué de pointer Philippe Vidal.  Parmi les voix de la majorité manquant à l’appel, celle de Michel Monin, qui a pris du recul depuis la campagne des législatives où il était candidat LR dissident contre Audrey Gaudron et a eu le sentiment d’être « lâché » par le maire. Le candidat malheureux doit s’expliquer sur la situation avec le maire ce lundi matin.  Alexandre Gaborit ex-FN qui siège désormais en indépendant, a pour sa part voté blanc, indique-t-il, sollicité sur le sujet, ne donnant sa voix à aucun groupe. La majorité a en revanche bénéficié de la voix de Jean-François Harel, ex-tête de liste UDI qui faisait partie des 4 alliés qui ont pris la mairie avant de se retrouver d’emblée exclus de l’exécutif. Ce dernier pourrait entrer officiellement dans l’exécutif en tant qu’adjoint lors du prochain Conseil municipal programmé ce mercredi 5 juillet, pompier d’une majorité définitivement en sous-effectif depuis le départ des trois élus de l’ancienne tête de liste Philippe Vidal, qui ont constitué un groupe LREM.

 

 

A condition que le Conseil municipal se tienne bien-sûr, car les derniers rapports concernant les délibérations à l’ordre du jour ont été envoyés après les 5 jours de délai réglementaire et plusieurs élus pourraient contester sa légitimité, faisant valoir l’importance des dossiers à traiter comme celui de la rénovation urbaine. « C’est un sujet important et il n’y a jamais eu de point d’étape sur ce dossier« , regrette Claudine Cordillot.

Au-delà des délégués de la majorité municipale, les écologistes ont obtenu 6 délégués, le PCF 5, le PS 3 et LREM 1.

A lire aussi :

Nouveau conseil municipal vaudevillesque à Villejuif

 

 

 

 

Abonnez-vous pour pouvoir télécharger l'article au format PDF
17 commentaires pour Rocambolesque désignation des grands électeurs à la sénatoriale à Villejuif
Ajouter une photo

N'envoyez que des photos que vous avez prises vous-même, ou libres de tout droit. Les photos sont publiées sous votre responsabilité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire aussi