Entreprendre | Thiais | 07/06/2017
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Scop Mim dans les starting-blocks : 500 emplois en jeu

Le dossier a moins passionné les foules que celui des Whirlpool, au chevet desquels se sont bousculés les candidats à la présidentielle. Et pourtant, 500 emplois sont encore en jeu chez Mim, dont 70 à Thiais. Et pourtant, une centaine de salariés se sont retroussés les manches pour imaginer une sortie par le haut. Leur dossier est désormais fin prêt, il ne manque plus qu’un feu vert, urgent.

Pour rappel historique, la chaîne de mode pas chère, créée en 1976 par les frères Emile et Charles Amzallag avant d’être cédée à New Look puis au groupe Main Asia, propriété du Chinois Dejin Zheng, a plongé en 2016. Le réseau, qui comptait 250 magasins, a été placé en liquidation judiciaire le 26 avril, un mois après une reprise partielle de 70 magasins et 800 des 1600 emplois, par les groupes Tally Weijl et Etam. Entre ces deux périodes, un projet de Scop (Société coopérative de production), qui ne faisait pas l’unanimité entre les salariés , a vu le jour pour tenter d’éviter la liquidation judiciaire, mais n’a pas été retenu.

Depuis la liquidation judiciaire, le projet de Scop a perduré, porté par une centaine de salariés motivés. Il ne vient pas en remplacement des indemnités de licenciement qui sont de toutes façons versées suite à la liquidation judiciaire, même si certains salariés ont choisi de placer leurs indemnité dans la nouvelle entreprise. Le projet permettrait en revanche de réembaucher 500 personnes. Pour redémarrer, la Scop souhaite reprendre les baux commerciaux de 110 magasins et racheter le stock existant auprès du liquidateur judiciaire. Une reprise des actifs évaluée à 1 million d’euros, auxquels s’ajoute un besoin de 9 millions d’euros pour acheter suffisamment de stock pour tenir une première année.

Dans l’attente du feu vert du nouveau gouvernement

Au total, la Scop a donc besoin de 10 millions d’euros pour démarrer, et a pour cela sollicité un prêt du Fonds de Développement Economique et Social (FDES), comme cela avait été proposé par l’ancien secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, avant l’élection présidentielle. La Scop bénéficie aussi de l’aide de l’association de soutien aux Scop France Active et compte lancer une opération de crowdfunding. « Nous estimons notre chiffre d’affaires prévisionnel à 70 millions d’euros sur 12 mois courant avec un retour à l’équilibre sur 24 mois« , détaille l’un des anciens cadres impliqués dans le projet. Pour ce dernier, l’Etat n’a rien à perdre car d’une part il s’agit d’un prêt et d’autre part, les 70 millions d’euros de chiffre d’affaires rapporteront 12 millions d’euros de TVA tandis que le réemploi de 500 personnes économisera 800 000 euros de compensation Unedic par mois. Alors que le nouveau gouvernement s’installe, le problème pour les Mim est que le temps presse. « Nous devons indiquer au liquidateur d’ici ce vendredi 9 juin si nous sommes intéressés pour reprendre les actifs, et déposer un chèque de caution de 30%, soit environ 300 000 euros« , reprend le cadre, qui espère un « go » de l’Etat d’ici à cette date.

« Est-ce parce qu’il s’agit d’emploi féminin en province ? »

C’est dans ce contexte que le patron du Seci-Unsa, Eric Scherrer, qui a le premier imaginé le projet de Scop pour sauver les Mim, a poussé un coup de gueule par communiqué ce mardi 6 juin, s’étonnant du « silence assourdissant des responsables politiques » sur ce dossier qu pèse pourtant 500 emplois. « Est-ce parce que ces emplois ne seraient pas de « vrais » emplois ? Est-ce parce qu’il s’agit d’emploi féminin en province ?  Est-ce une résurgence de mauvaises habitudes comme en atteste la réflexion du juge de Nanterre sur le devoir conjugal ? Est-ce parce qu’on ne croit pas que ces emplois vont durer, alors que notre business plan démontre le contraire ? Ce silence est une insulte à l’égard des ex salariés Mim qui se mobilisent plutôt que d’attendre tranquillement de profiter du système. Mais peut-être aurions-nous du provoquer l’état en menant une action violente, en menaçant de faire sauter notre entrepôt ? Aurions-nous alors été plus audible? Qui sont donc ces politiques qui nous parlent de sauvegarder de l’emploi et qui ne nous répondent pas ? Qui sont donc ces politiques qui préfèrent indemniser des « chômeurs » plutôt que de nous octroyer un prêt qui permettrait de relancer une marque française de plus de 40 ans ? Car, c’est un prêt que nous demandons l’état, pas un don ; et nous le rembourserons. (…) Nous avons besoin de votre aide. Ne nous décevez pas« , plaide le communiqué du Seci-Unsa.

En termes d’équipe, la Scop s’appuie sur 80 sociétaires. D’autres salariés soutiennent le projet et sont prêts à se faire réembaucher mais sans être sociétaires. Pour manager l’ensemble, Xavier Wilmes, ancien directeur de Mim jusqu’à son rachat par le groupe Main Asia en 2014, et qui a depuis repris et redressé l’enseigne d’accessoires Moa, serait toujours partant pour être le dirigeant de transition.

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