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Politique locale | Val de Marne | 26/04/2017
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Second tour des présidentielles: recherche désespérément assesseurs Macron et Lepen

Second tour des présidentielles: recherche désespérément assesseurs Macron et Lepen
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(mise à jour 24 avril avec réaction de L. Cathala) Ce vendredi matin, lorsque Didier Gonzales, maire LR de Villeneuve-le-Roi, a récupéré la liste des assesseurs officiellement agréés pour tenir les douze bureaux de vote de la ville, la moutarde lui est montée au nez. « Marine Le Pen et Emmanuel Macron n’ont chacun proposé aucun assesseur alors que ce-sont eux qui sont donnés favoris de cette élection, s’agaçait l’élu.

Ils se sont contentés de présenter des délégués, qui se baladent dans les bureaux pour vérifier le travail de ceux qui y consacrent leur journée entière! » 

Un agacement partagé par le député-maire PS de Créteil, Laurent Cathala, lequel «  s’étonne » dans un communiqué,  » que les représentants des deux candidats arrivés en tête au 1er tour des élections présidentielles, qui représentent à eux deux plus de 45 % des suffrages exprimés au niveau national, ne soient pas en mesure de proposer le nombre d’assesseurs nécessaires  à l’organisation de cette élection ». Et le député de regretter « que les tenants de l’antisystème s’appuient sur les partis politiques non représentés au 2nd tour pour assurer le déroulement de ce rendez-vous démocratique majeur. » « Ce n’est pas avec 14 personnes – pour 45 bureaux de vote sur Créteil – comme ce fut le cas lors du e1r  tour, qu’on assume pleinement ses responsabilités citoyennes », tacle l’élu.

Pour rappel de la loi, chaque bureau ne peut ouvrir s’il ne compte au minimum un président, en général un élu, et deux assesseurs. Chaque candidat, ou liste, a le droit de désigner un assesseur et un suppléant, parmi les électeurs de la ville. S’il n’y a pas assez d’assesseurs,  les conseillers municipaux  peuvent être réquisitionnés, et n’ont pas le droit de refuser sauf empêchement important. La mission peut aussi être proposée aux premiers électeurs qui se présentent, le plus âgé s’il ne manque qu’un assesseur, le plus âgé et le plus jeune s’il en manque deux.  Les assesseurs ont en charge de faire signer les électeurs sur la liste d’émargement et de tamponner la carte électorale. Les assesseurs n’ont pas le droit d’être rémunérés. Les bureaux peuvent néanmoins accueillir des agents municipaux, rémunérés, dans leur antichambre, uniquement pour vérifier par exemple que l’électeur est bien affecté à ce bureau et retrouver son numéro d’électeur au cas il aurait oublié sa carte électorale. Pour rappel en effet, il n’est pas indispensable de disposer de sa carte électorale pour aller voter. Il est en revanche indispensable de se munir de sa carte d’identité ou de son passeport.

Alors que le Val-de-Marne compte 840 bureaux de vote, chaque candidat devrait pour bien faire proposer le double pour disposer d’un assesseur et d’un suppléant dans chaque bureau, soit idéalement 1680 personnes à trouver. 1680 bénévoles prêts à s’enfermer une journée durant et regarder le soleil par les  fenêtre de préaux d’école, avalant un sandwich sur le pouce et restant vaillant jusqu’à près de 22 heures voire plus pour superviser le dépouillement. Dans les grands partis, qui disposent d’élus locaux un peu partout, on s’organise pour faire face. Chez les petits candidats, l’affaire est plus compliquée et ces derniers n’ont que rarement des représentants. Concernant Emmanuel Macron et Marine Le Pen, difficile de parler de petits candidats, alors qu’ils ont été qualifiés tous deux pour le second tour. Sur le terrain pourtant, l’organisation reste pour l’instant moins rodée.

« Dimanche, un peu plus de 500 bénévoles En Marche ont été dans les bureaux, dont 47 délégués communaux et des assesseurs. Des villes comme le Kremlin-Bicêtre ou Arcueil ont été complètement couvertes. A Vincennes, nous avions 40 personnes. A Villeneuve-le-Roi, il est vrai que c’est plus compliqué« , reconnaît Guillaume Gouffier-Cha, responsable de l’équipe En Marche dans le département, qui assure que le mouvement va essayer d’amplifier sa présence au second tour.  A Villejuif, qui compte 200 adhérents En Marche, Philippe Vidal, conseiller municipal EM, a pris les devants en organisant une réunion dès ce mardi soir, ouverte aux responsables politiques locaux au-delà des membres de En Marche, pour organiser un Front Républicain et organiser les bureaux de vote. « Nous avons eu par exemple la venue de Michel Monin (maire-adjoint LR et candidat dissident aux législatives) et Natalie Gandais (conseillère municipale EELV). A priori, nous n’aurons pas de problèmes pour proposer 34 assesseurs mandatés En Marche pour être présents dans les 34 bureaux de vote de Villejuif », annonce l’élu.  A Villeneuve-le-Roi, qui ne compte que 12 adhérents EM, l’objectif de remplir 12 bureaux de vote est compliqué. « Nous regardons quelles solutions proposer », indique Rosandre Valleray, qui a repris récemment le comité local, tandis que Daniel Guérin évoque également la constitution d’un « arc républicain ».

« Nous avions 90 personnes qui ont rempli 120 fonctions, essentiellement des délégués ainsi qu’une dizaine d’assesseurs. A Villiers par exemple, il y avait 3 assesseurs et 3 délégués pour 18 bureaux, détaille de son côté Jérôme Auvray, conseiller d’opposition FN de Villiers-sur-Marne, en charge des opérations électorales dans le département. Ce n’est pas facile de trouver des assesseurs. Certains craignent d’avoir une charge trop lourde, d’autres le phénomène d’opposition avec les gens à côté deux, et puis, c’est aussi la tendance des partis d’avoir plus d’adhérents que de militants, même si nous avons beaucoup de militants au FN« , explique l’élu. « Nous avons privilégié les délégués pour assurer la présence et le contrôle. Cela m’a par exemple permis de déposer un PV dans un bureau de Villeneuve-Saint-Georges pour signaler une assesseure qui portait le Nijab (ndlr, voile entourant le visage mais le laisse découvert, et est autorisé) », pointe de son côté Dominique Bourse-Provence, secrétaire départemental du FN.

Les maires, eux, restent franchement agacés par la situation. « A Saint-Mandé, il n’y avait aussi qu’une déléguée En Marche et autant pour le Front National. Si je suis élu député, je proposerai une loi pour effectuer un tirage au sort de citoyens qui seront convoqués pour  tenir les bureaux de vote comme d’autres le sont déjà les jurés d’Assises », indique le maire LR de la ville. A L’Haÿ-les-Roses encore, le maire LR Vincent Jeanbrun réfléchit à réquisitionner des sympathisants pour être sûr de pouvoir ouvrir les bureaux de vote le jour J si le nombre d’assesseurs venait à faire défaut, car il n’est pas sûr de réussir à remobiliser tous les assesseurs des partis qui se sont vu éliminer au premier tour. « C’est bien d’arriver au second tour, mais ces mouvements pourraient s’assurer de disposer d’assesseurs et de suppléants dans les bureaux de vote! », enjoint l’édile.

Les mouvements ont jusqu’au jeudi précédant le second tour pour proposer des assesseurs en vue de tenir les bureaux de vote le dimanche 7 mai. 

 

 

 

 

 

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