Politique locale | Val de Marne | 27/06/2017
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Sénatoriale en Val-de-Marne : candidats pressentis et complications

Dernier épisode du tunnel électoral de l’année 2017, l’élection sénatoriale renouvellera la moitié de la chambre haute du parlement (la chambre basse est l’Assemblée nationale) le dimanche 24 septembre. Dans le Val-de-Marne, ce-sont les 6 sénateurs qui remettront leur siège en jeu.

A noter qu’il s’agit d’une élection de grands électeurs (députés, sénateurs sortants, conseillers départementaux, conseillers régionaux, élus municipaux et, dans les villes de plus de 30 000 habitants, des citoyens complémentaires désignés par les conseils municipaux) et non d’une élection au suffrage universel.

Actuellement, les 6 sénateurs du Val-de-Marne sont Christian Cambon et Catherine Procaccia pour Les Républicains, Christian Favier et Laurence Cohen pour le PCF, Luc Carvounas pour le PS et Esther Benbassa pour EELV. La dernière élection, en 2011, avait bénéficié à la gauche dans le département, à la fois portée par la vague rose précédent l’élection de 2012 et une liste d’union PCF-PS-PRG-EELV et au contraire trois listes de droite LR, Modem et UDI. Un rapport gauche-droite à 4 contre 2 qui avait pris sa part à la bascule à gauche du sénat, durant 3 ans, avant l’élection de 2014 (qui ne concernait pas le Val-de-Marne mais a renversé à nouveau la majorité du sénat à droite).

En cette fin 2017, le rapport droite gauche dans le département est nettement plus favorable à la droite qui a gagné 6 villes supplémentaires en 2014, et plusieurs conseillers départementaux et régionaux en 2015, avec une stratégie d’alliance LR-Modem-UDI. Mais cela, c’était avant que ne déboule le mouvement En Marche. Si le parti du nouveau président de la République ne compte que peu d’élus locaux à ce stade, il n’est pas totalement nu non plus et peut aussi s’appuyer sur le Modem, chamboulant les alliances de ces dernières années.

Alliances : encore rien de concret à droite comme à gauche

Pour l’heure, aucune alliance n’est encore scellée à droite comme à gauche. Au PS, Jonathan Kienzlen, premier fédéral, comme Luc Carvounas, sénateur sortant désormais député, plaident pour une liste d’union. Au PCF, le temps est à la réflexion et aux discussions, mais le sénateur-président du Conseil départemental, qui ne sait pas encore quel mandat il choisira, rappelle que les conditions de l’union et du maintien d’un quatrième siège à gauche ne sont plus réunies comme en 2011. Chez LFI, pas question de se précipiter sans avoir fait le bilan des élections du printemps, indique François Cocq tandis que Djamel Arrouche, co-responsable du PG 94 confirme que la réflexion est seulement en cours. Idem encore chez EELV, fait savoir Mehdy Bellabas. Esther Benbassa, qui n’a aucune chance de conserver son siège en Val-de-Marne, pourrait être candidate à Paris.

Au centre, le Modem vise une liste majorité présidentielle. « La condition d’une liste centriste Modem ne peut se concevoir qu’avec En Marche« , pointe Didier Dousset, maire Modem du Plessis-Trévise et président du Modem 94, qui confirme être candidat à la candidature sans en faire une question préalable, préférant mettre en avant le rassemblement. « En 2011, le Modem a réuni 168 voix mais cela ne suffit pas, il en faudrait 220-250« , motive l’élu. Du côté de LREM, on attend les consignes du parti, qui a pour l’instant d’autres urgences. « Nous sommes plutôt en phase de structuration du parti et d’intégration des nouveaux députés« , explique Nabil Benbouha, référent LREM 94. A noter que Bernard Chappellier, référent UDE en Val-de-Marne indique ce jour continuer à souhaiter monter une liste UDE, « avec ou sans En Marche« , comme il l’avait annoncé en mars.

Au centre droit, l’UDI devra faire un choix entre se rapprocher du centre ou de la droite. Alors que la liste de centre droit avait obtenu 211 voix sans réussir à obtenir de siège en 2011, partir en solo à nouveau en 2017, avec une liste LREM-Modem d’un côté et une LR de l’autre, serait suicidaire.

LR n’a rien à craindre à part des dissidents

A droite, Christian Cambon, président LR Val-de-Marne, et sénateur-maire sortant de Saint-Maurice, devrait proposer une liste 100% LR aux autres maires de son mouvement dès la semaine prochaine. Au vu du tableau de chasse des municipales de 2014, conforté en 2015 même si un peu  assombri par les législatives qui s’achèvent, Les Républicains peuvent sur le papier compter sur 3 sièges à partir de leurs propres élus. Le seul défi pour le parti est plutôt d’éviter les candidatures dissidentes. Derrière Christian Cambon et Catherine Procaccia, candidats à leur réélection, devrait figurer Jacques-Alain Bénisti, maire LR de Villiers-sur-Marne qui a rendu son tablier à l’Assemblée nationale au printemps. « J’estimais que trois mandats de député étaient suffisants, c’est ce que je défendais au sein du programme de François Fillon. Je souhaite désormais me consacrer à aider les nouveaux élus locaux, après mes 22 ans comme maire de Villiers-sur-Marne« , motive le candidat. Le reste de la liste devrait accueillir des élus issus des différents territoires du département, et promouvoir les nouveaux talents du parti.

Dans les couloirs toutefois, les bruits courent d’une liste dissidente qui pourrait comprendre des personnalités LR connues du département. « Si les Républicains se divisaient,  nous en subirions les conséquences. Je souhaite l’union et le rassemblement pour faire un travail de terrain plutôt que les histoires de personnes, pour défendre l’autonomie des communes qui sont menacées à force de voir couper les subventions et bientôt la taxe d’habitation« , réagit Christian Cambon. Pour l’heure, seul un élu minoritaire a fait état officiellement de son souhait de constituer sa propre liste. Il s’agit de Michaël Bullara, élu d’Alfortville.

Au PS: les candidatures se bousculent

Au PS aussi, le choix des candidats ne fait pour l’instant pas consensus. La succession de Luc Carvounas, désormais député, fait débat depuis déjà un an., au point que la décision a été gelée par Solférino, comme dans une vingtaine d’autres fédérations. Par rapport à l’automne 2017, il y a tout de même un candidat pressenti en moins, Patrick Sève, l’ancien maire PS de L’Haÿ-les-Roses, dont l’affaire qui l’a conduit à être mis en examen n’a pas encore été tranchée en justice. Restent Laurent Dutheil, 4e sur la liste de gauche de 2011 qui s’apprête à prendre place sur les bancs du Sénat et s’estime légitime pour y rester après le 24 septembre, mais aussi René Rouquet, le favori de Luc Carvounas à qui il a cédé mairie et siège de député, Akli Mellouli, maire-adjoint de Bonneuil-sur-Marne, candidat depuis l’automne 2016, et désormais aussi Laurent Girier et Geneviève El-Maki, élus PS au Kremlin, Bruno Hélin, élu à Créteil, Mohamed Benali à Limeil-Brévannes et Sophie Taillé-Polian, conseillère régionale basée à Villejuif.  « Je ne me référerai qu’à une seule chose, c’est le vote des militants. On ne peut pas continuer à se réinvestir en catimini sans aller devant les militants. Je présenterai une liste alternative aux militants avec les gens qui ont déposé leur candidature. A eux de choisir. C’est la démocratie du parti« , prévient Akli Mellouli pour qui l’opposition se jouera désormais au Sénat où LREM devrait être moins présent.  « Il faut laisser du temps au temps », tempère le premier fédéral Jonathan Kienzlen, qui insiste pour sa part sur la nécessité de réussir à faire l’union à gauche.

A lire aussi, pour rappel des élections de 2011 : 

Sénatoriales 2011 : résultats dans le Val de Marne (94)

Sénatoriales Val de Marne : retour sur le scrutin 2011 et comparaison avec 2004

 

 

 

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