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Politique locale | Val de Marne | 24/09/2017
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Sénatoriale en Val-de-Marne : résultats, analyse et réactions

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Christian Cambon (LR), Laurence Cohen (PCF), Laurent Lafon (UDI), Catherine Procaccia (LR), Pascal Savoldelli (PCF), Sophie Taillé-Polian (PS), ont été élus ou réélus ce jour pour 6 ans au Sénat.

2149 grands électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche 24 septembre pour élire les 6 nouveaux sénateurs du Val-de-Marne et 2112 ont répondu à l’appel. Si quelques absents étaient malades, les autres abstentionnistes seront redevables d’une amende de 100 euros, prévoit la loi.

Sur les 2112 votants, 52 ont voté blanc et 38 ont voté nul. Au total, 2022 voix étaient donc exprimées, qui se sont réparties comme suit, par ordre décroissant des suffrages obtenus

Tête de Liste Siège Voix
Laurence Cohen 3 780 38,58
Christian Cambon 2 661 32,69
Laurent Lafon 1 279 13,8
Pascale Luciani 0 126 6,23
Didier Dousset 0 89 4,4
François Paradol 0 48 2,37
Bernard Chappellier 0 17 0,84
Maryse Michel 0 12 0,59
Tony Renault 0 10 0,49
Total Val-de-Marne 6 2022 100

La gauche savoure le score de sa liste et le maintien de 3 sièges sur 4

La gauche, qui avait raflé un 4e siège en 2011, et contribué à la bascule du Sénat à gauche pour quelques années, a ainsi réussi à maintenir 3 sièges malgré des élections intermédiaires qui lui ont retiré beaucoup de grands électeurs, notamment les municipales de 2014 lors desquelles la droite a remporté 6 villes. « Je suis très contente parce que cette élection était loin d’être jouée d’avance« , se réjouit Laurence Cohen, tête de la liste d’union, réélue pour un second mandat. « Nous avons réussi un vrai travail d’engagement pour faire le rassemblement face à une droite divisée. Chacun s’est senti à sa place et a pu porter les combats qui lui étaient chers« , poursuit la sénatrice. « Nous étions sûrs de ne pas avoir de sénateur en Val-de-Marne lors de ce scrutin et nous n’avons aucun regret car nous avons contribué à garantir le troisième siège à la gauche, avec 119 voix d’avance sur la liste de droite. Etre en tête en cette période est assez atypique« , se félicite pour sa part l’ex-maire EELV d’Arcueil, Daniel Breuiller, qui était 4e de la liste. Consolation pour les écologistes, Esther Benbassa, élue EELV en Val-de-Marne en 2011, a été réélue à Paris. « La Fédération PS du Val-de-Marne invite toutes les forces politiques, locales et nationales, à tenir compte de ces éléments pour préparer l’avenir« , conclut pour sa part Jonathan Kienzlen, premier secrétaire du PS 94 dans un communiqué se félicitant du succès de l’union à gauche.

« Le grand perdant à cette élection reste l’écologie », a réagi pour sa part Bernard Chappelier (ex EELV passé à l’UDE) qui menait une liste no logo.

Laurence Cohen (PCF), Pascal Savoldelli (PCF) et Sophie Taillé-Polian (PS)

 

 

La droite se félicite d’avoir reconquis son troisième siège

A droite, Christian Cambon, qui menait la liste des Républicains, se réjouit que la droite ait retrouvé son troisième siège, même si ce n’est pas le candidat qu’il escomptait qui s’y assiéra. « La majorité se renforce d’une voix et cela est très positif, car je ne doute pas que Laurent Lafon rejoindra la majorité« , indique le sénateur-maire de Saint-Maurice pour qui un quatrième siège était de toutes façons « inatteignable du fait de l’union de la gauche« . « Bien sûr qu’il y a une forme de déception pour notre troisième de liste et je veux saluer l’engagement de Didier Gonzales, reconnaît le président des LR 94, remarquant au passage le « soutien tardif » de certains élus (ndlr : Sylvain Berrios, maire de la plus grande ville LR du département, a été le dernier édile à soutenir la liste, la veille du scrutin), ainsi que le nombre non négligeable de blancs-nuls (90) et d’abstentions (37).

Christian Cambon (LR) et Catherine Procaccia (LR)

Catherine Procaccia, pas sûre de laisser son siège dans 3 ans

Laisser son siège à mi-mandat à une jeune élue minoritaire, qui devrait être incarnée par la conseillère d’opposition UDI d’Ivry-sur-Seine, Aurélie Philippe, (en 4e position sur la liste LR), tel était l’engagement de Catherine Procaccia, dans la mesure où sa liste remportait trois sièges. Alors que le prochain sur la liste est désormais Didier Gonzales, maire LR de Villeneuve-le-Roi, et non plus Aurélie Philippe, les choses ne sont plus aussi simples. « Je voulais laisser mon siège à une élue femme, minoritaire« , rappelle la sénatrice réélue qui indique désormais ne pas savoir ce qu’elle fera dans trois ans. En attendant, il y aura donc deux sénateurs issus de la même ville, Vincennes, dans le département.

Laurent Lafon, serein dans sa victoire

Alors que régnait en préfecture une ambiance électorale plutôt bon enfant, où chacun venait féliciter les élus concurrents avec une courtoisie non feinte, Laurent Lafon a pour sa part préféré célébrer sa victoire entre amis. « Je n’aime pas trop l’ambiance de la préfecture », confie le nouveau sénateur, qui va devoir laisser sa mairie de Vincennes.  Serein dans sa victoire, l’élu se réjouit de sa stratégie de long terme. « La Sénatoriale est une élection qui se construit dans le temps. Je m’y suis préparé il y a 6 ans et la municipale de 2014 a été déterminante », indique le nouveau sénateur. « Bien sûr que je siégerai dans la majorité du Sénat« , ajoute-t-il.

Modem et LREM repartent bredouilles

Avec respectivement 126 et 89 voix, Modem et LREM n’ont pas à regretter, sur le papier, de n’avoir pas fait l’union, car 215 voix ne leur auraient pas suffi à attraper un siège. Au-delà de l’arithmétique, qui ne vaut guère en matière électorale, les deux mouvements centristes sont en revanche passés à côté d’une dynamique susceptible d’aller au-delà de leurs voix acquises. « Je pense que nous aurions fait davantage de voix« , estime ainsi Pascale Luciani, tête de la liste LREM. « On se félicite d’avoir mobilisé près de 130 grands électeurs, ce n’était pas gagné d’avance », ajoute néanmoins la conseillère d’opposition saint-maurienne.  « Nous sommes aussi un peu déçus par rapport aux engagements qui nous avaient été donnés. Je pense que des élus ont eu peur des sanctions. Nous avions senti cette frilosité durant toute la campagne. Nous avons par exemple du faire un certain nombre de réunions d’appartement pour nous cacher », ajoute l’élue qui évalue le manque à gagner des voix plutôt du côté gauche. « Pendant le scrutin, un certain nombre d’électeurs sont arrivés en car et repartis tout de suite après avoir voté, comme cela m’était arrivé lorsque j’étais jeune élue dans la majorité municipale de Saint-Maur-des-Fossés. A l’époque, on m’avait demandé mes bulletins non utilisés au sortir du vote« , témoigne l’élue.  Didier Dousset, lui,  a félicité les nouveaux sénateurs élus du Val-de-Marne dans un communiqué et remercié les grands électeurs « qui lui ont fait confiance ».

Le FN fait le plein de ses voix potentielles

De son côté, le FN se réjouit de ses 48 voix et se projette déjà aux prochaines municipales. « Avec 48 suffrages, nous réalisons plus du double de voix par rapport à 2011, et près du double du nombre de nos élus, rassemblant au-delà du nombre théorique de nos grands électeurs« , commente ainsi François Paradol, secrétaire du FN94, dans un communiqué.

90 grands électeurs ont voté blanc ou nul

Parmi les quelques 2149 grands électeurs, 90 ont tenu à exprimer un non-choix, en votant blanc ou nul, tandis que 37 n’ont pas été voter (certains étaient malades, les autres devront payer une amende de 100 euros). Un score important pour ce type d’élection. Alors que LFI avait indiqué ne pas donner de consignes de vote, certains grands électeurs de ce mouvement ont peut-être décidé de ne pas soutenir la liste d’union de la gauche, certains élus de droite ont au contraire peut-être été agacés par la division dans leur camp, tandis que d’autres ont aussi pu en avoir ras-le-bol d’être courtisés au quotidien avec l’ensemble des listes…

Pas de sénateur dans le territoire préfecture

Alors que les trois sénateurs de droite sont issus du territoire Paris Est Marne et Bois, dont deux de Vincennes et un de Saint-Maurice, et que les trois sénateurs de gauche sont issus du territoire Grand Orly Seine Bièvre (Gentilly, Ivry-sur-Seine et Villejuif), aucun parlementaire de la haute chambre ne représentera le territoire central, celui du Grand Paris Sud Est Avenir, celui de la ville préfecture de Créteil. Bien sûr, on ne sait pas trop ce que deviendront les territoires. Bien sûr, les sénateurs ne représentent pas que leur commune et leur territoire. Mais comme les candidats l’ont martelé durant la campagne, ils représentent les élus locaux, donc aussi les élus métropolitains et il y aura donc un grand absent parmi les territoires du Val-de-Marne représentés au Sénat.

Deux nouveaux maires et un nouveau vice-président du département

En raison de l’application de la loi sur le non cumul des mandats, trois des 6 sénateurs devront quitter leurs fonction dans un exécutif municipal ou départemental. A Saint-Maurice, Christian Cambon a déjà prévu de longue date de confier la ville à son premier adjoint, Igor Sémo. A Vincennes, Laurent Lafon devra aussi laisser son siège. S’il le laisse également à sa première adjointe,  Dominique Le Bideau, il y aura une femme de plus parmi les maires du département. Enfin, Pascal Savoldelli devra laisser son mandat de vice-président en charge des finances au sein du Conseil départemental. A noter que l’élu est aussi actuellement président du groupe PCF Front de Gauche, poste qu’il a le droit de conserver s’il le souhaite. « Je suis favorable à la loi sur le non cumul des mandats et l’appliquerai bien évidemment. En revanche, je pense que je continuerai de siéger au sein du Conseil départemental pour pouvoir me battre contre les tentatives de recentralisation« , indique l’élu.

Quelles priorités pour les nouveaux sénateurs ? Quelle commission choisiront-ils ?

 « J’aborderai mon mandat avec humilité et travail, et avec pour principe de ne penser aucune réforme sans et contre les communes », indique en préambule Pascal Savoldelli (PCF), qui indique avoir une préférence pour les questions institutionnelles et liées aux collectivités. Même penchant pour les collectivités locales et leurs finances du côté de Laurent Lafon (UDI), qui rappelle qu’il a été consultant et enseigne toujours au CNAM sur ces sujets. « Pour ce qui est des commissions en revanche, j’ai cru comprendre que ce n’étaient pas les nouveaux arrivants qui décidaient« , note l’élu. Sophie Taillé Polian (PS), elle aussi, souhaite se pencher sur « l’architecture institutionnelle de notre région« , pour s’assurer que restent « des espaces démocratiques pour gérer les services publics ». La nouvelle sénatrice s’apprête également à se plonger dans le projet de loi de finances. Membre de la Commission des affaires sociales depuis 12 ans, Catherine Procaccia (LR) souhaite désormais rejoindre l’économie, déjà impliquée sur les sujets liés au droit à la consommation.

Annonce des résultats ce dimanche 24 septembre en préfecture

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